retour accueil WebDoc retour rubrique


Sommet d'Evian

Déclarations officielles

Documents officiels

Documents critiques

Travaux des étudiants

Sommet de Lyon

Base de données

Rechercher



Déclaration économique : Agir ensemble pour une croissance plus forte et un monde plus sûr (Munich)

mercredi 8 juillet 1992


Déclaration politique (Munich)

Agir ensemble pour une croissance plus forte et un monde plus sûr

1. Nous, Chefs d'Etat ou de gouvernement des sept grands pays industriels et Président de la Commission des communautés européennes, nous sommes réunis à Munich pour notre 18e sommet annuel. 2. La Communauté Internationale est au seuil d'une ère nouvelle, libérée du fardeau du conflit Est-Ouest. Les conditions ont rarement été aussi favorables pour établir une paix durable, garantir le respect des droits de l'homme, faire appliquer les principes de la démocratie, assurer la liberté des marchés, vaincre la pauvreté et préserver l'environnement. 3. Nous sommes résolus, en agissant dans un esprit de partenariat, à saisir les chances uniques qui s'offrent à nous. Malgré les risques que comporte un changement aussi fondamental, nous plaçons notre confiance dans la créativité, l'effort et le dévouement des hommes, sources véritables du progrès économique et social. La dimension internationale des défis, ainsi que l'interdépendance, exigent une coopération au niveau mondial. L'étroite coordination de nos politiques, partie intégrante de cette coopération, est plus importante que jamais. {{Economie mondiale}} 4. Une croissance économique mondiale forte est le préalable pour relever les multiples défis que comporte le monde de l'après-guerre froide. Les signes d'une reprise économique globale sont de plus en plus perceptibles. Mais le résultat n'est pas acquis. Nous agirons donc ensemble de manière à ce que la reprise de l'activité économique se renforce et à ce que la croissance reprenne. 5. Trop de personnes sont sans emploi. Les capacités potentielles des hommes, des entreprises ainsi que des ressources ne sont pas pleinement utilisées. Nous sommes particulièrement inquiets des difficultés que crée le chômage. 6. Chacun d'entre nous fait face à des situations économiques différentes. Mais nous bénéficierons tous grandement d'une croissance plus forte, durable, non inflationniste. 7. Une croissance plus forte aidera aussi les autres pays. La croissance génère de nouveaux marchés. Davantage de commerce stimulera la croissance dans les pays en voie de développement et dans les nouvelles démocraties, qui s'efforcent de transformer leurs économies pour devenir des partenaires efficaces au sein du marché mondial. Leur réussite économique est de notre intérêt commun. 8. Une issue favorable au Cycle d'Uruguay constituerait une contribution significative pour l'avenir de l'économie mondiale. Une conclusion rapide des négociations renforcera nos économies, stimulera le processus de réforme en Europe orientale et donnera de nouvelles chances pour assurer le bien-être d'autres nations, notamment des pays en voie de développement. Nous déplorons le rythme lent des négociations depuis le Sommet de Londres, l'année dernière. Cependant, des progrès ont été réalisés au cours de ces derniers mois. En conséquence, nous sommes convaincus qu'un accord équilibré est possible. Nous accueillons avec satisfaction la réforme de la Politique Agricole Commune de la Communauté européenne qui vient juste d'être adoptée et qui devrait faciliter le règlement des problèmes en suspens. Des progrès ont été réalisés dans le traitement de la question du soutien interne d'une manière compatible avec la réforme de la Politique Agricole Commune, du volume des exportations subventionnées, ainsi que pour éviter des litiges à l'avenir. Ces sujets demandent à être étudiés plus profondément. En outre, les parties contractantes continuent à avoir des inquiétudes concernant les domaines de l'accès au marché et du commerce des produits de substitution de céréales qu'elles cherchent à résoudre. Nous réaffirmons que les négociations devraient conduire à un résultat globalement équilibré. Un accord doit créer des marchés plus ouverts pour les biens et les services et exigera des efforts comparables de la part de tous les partenaires de la négociation. Sur cette base, nous nous attendons à ce qu'un accord puisse être conclu avant la fin de 1992. 9. Nous sommes résolus, à travers des actions coordonnées et individuelles, à renforcer la confiance des investisseurs, des épargnants et des consommateurs. Ils doivent être convaincus que le travail apportera une meilleure qualité de la vie, que les investissements seront rentables, que l'épargne sera rémunérée, que la stabilité des prix ne sera pas compromise. 10. Nous nous engageons à adopter des politiques axées sur la création d'emplois et la croissance. Nous chercherons à prendre les mesures appropriées, en fonction de la situation de chacun, pour mettre en oeuvre des politiques macro-économiques saines qui permettront une croissance plus forte et durable. Dans cette perspective, nous sommes convenus des principes d'action suivants : - continuer à poursuivre des politiques monétaires et financières saines en vue de soutenir la reprise sans relancer l'inflation ; - créer les conditions pour un abaissement des taux d'intérêt, en réduisant les déficits publics excessifs et en encourageant l'épargne ; - réduire les déficits publics excessifs avant tout par le réduction des dépenses publiques. L'argent du contribuable doit être utilisé de manière plus économique et plus efficace ; - intégrer plus étroitement nos objectifs de croissance et de protection de l'environnement, en encourageant les stimulants du marché et l'innovation technologique pour promouvoir une consommation et une production saines au regard de l'environnement. Plus le risque d'inflation s'estompera, grâce à nos politiques, plus grande sera la possibilité de voir diminuer les taux d'intérêt. Ceci favorisera des nouveaux investissements et, par voie de conséquence, une croissance plus forte et de nouveaux emplois. 11. Mais de bonnes politiques macro-économiques ne sont pas suffisantes. Nos économies sont toutes entravées par des rigidités structurelles qui limitent nos taux de croissance potentiels. Il faut encourager la concurrence. Il faut créer un environnement plus favorable à l'initiative privée. Il faut réduire l'excès de réglementation qui étouffe l'innovation, l'esprit d'entreprise et la créativité. Nous renforcerons les possibilités d'emploi par une meilleure formation, par l'enseignement et par une mobilité accrue. Nous renforcerons les bases de la croissance à long terme en améliorant les infrastructures et en accordant davantage d'importance à la recherche et au développement. Nous encourageons ce type de réformes dans les nouvelles démocraties en transition vers des économies de marché. Nous ne pouvons pas exiger moins de nous-mêmes. 12. La coordination des politiques économiques et financières est un élément central de notre stratégie commune pour une croissance soutenue et non inflationniste. Nous demandons à nos Ministres des Finances de renforcer leur coopération, sur la base des principes d'action que nous avons agréés, et d'intensifier leur travail pour réduire les obstacles à la croissance et, par conséquent, promouvoir l'emploi. Nous leur demandons de nous en rendre compte lors de notre réunion au Japon en 1993. {{Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement (CNUED)}} 13. Le Sommet de la Terre a constitué une étape essentielle, en faisant prendre davantage conscience de l'enjeu que représente l'environnement à l'échelle de la planète et en donnant une nouvelle impulsion au processus de création d'un partenariat mondial sur le développement et l'environnement. Une action rapide et concrète est nécessaire pour réaliser nos engagements sur le changement climatique, la protection des forêts et des océans, la préservation des ressources marines, et le maintien de la biodiversité. Nous appelons en conséquence tous les pays développés et en développement, à orienter leurs politiques et leurs ressources vers un développement durable, qui préserve les intérêts tant des générations actuelles que des générations futures. 14. Pour maintenir l'élan donné par la conférence de Rio, nous appelons les autres pays à se joindre à nous : - pour parvenir à ratifier la convention sur le changement climatique d'ici la fin de 1993 ; - pour établir et publier, avant la fin de 1993, des plans d'action nationaux, comme il a été prévu à la CNUED ; - pour protéger les espèces et leurs habitats naturels ; - pour apporter aux pays en développement un soutien financier et technique supplémentaire pour un développement durable, au moyen de l'aide publique au développement (APD). Ceci passera en particulier par la reconstitution de l'AID et, pour les actions globales, par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) dans le but d'en faire un mécanisme de financement permanent ; - pour créer lors de l'Assemblée Générale des Nations Unies de 1992 la Commission du développement durable, qui aura un rôle vital à jouer pour le suivi de la mise en oeuvre de l'Agenda 21 ; - pour créer un processus international d'examen des principes relatifs à la protection des forêts et en entamant rapidement un dialogue sur la base de la mise en oeuvre de ces principes, sur des arrangements convenus au niveau international, y compris une assistance internationale accrue ; - pour améliorer encore la surveillance de l'environnement global, notamment par une meilleure utilisation des données fournies par satellites et d'autres programmes d'observation de la terre ; - pour promouvoir le développement et la diffusion des technologies de l'énergie et de l'environnement, y compris des propositions de programmes technologiques novateurs ; - pour faire en sorte que la Conférence Internationale sur la pêche en haute mer soit organisée dès que possible. {{Pays en développement}} 15. Nous saluons les progrès économiques et politiques accomplis par de nombreux pays en développement, notamment en Asie de l'Est et du Sud-Est, mais également en Amérique Latine et dans certaines parties de l'Afrique. Néanmoins, bien des pays dans le monde continuent à lutter contre la pauvreté. L'Afrique sub-saharienne suscite une inquiétude particulière. 16. Nous sommes attachés à une politique et à un partenariat fondés sur un partage des responsabilités et un consensus croissant sur les principes politiques et économiques fondamentaux. Des défis mondiaux, tels que la croissance démographique et l'environnement, ne peuvent être relevés que grâce à des efforts concertés de tous les pays. La réforme du secteur économique et social du système des Nations Unies constituera un pas important dans cette direction. 17. Nous constatons avec satisfaction que les principes d'une bonne gestion des affaires publiques sont de mieux en mieux acceptés. Le progrès économique et social ne peut être assuré que si chaque pays mobilise son propre potentiel, si toutes les catégories de la population y participent et si les droits de l'homme sont respectés. La coopération régionale entre les pays en développement favorise le développement et peut contribuer à la stabilité, à des relations pacifiques et à une réduction des dépenses d'armement. 18. Les pays industrialisés exercent une responsabilité particulière dans le maintien d'une économie mondiale saine. Nous tiendrons compte des effets de nos politiques sur les pays en développement. Nous continuerons à déployer tous nos efforts pour accroître l'aide publique au développement et en améliorant la qualité, conformément aux engagements que nous avons pris. Nous l'orienterons davantage vers les pays les plus pauvres. La pauvreté, la politique démographique, l'éducation, la santé, le rôle des femmes et le bien-être des enfants méritent une attention particulière. Nous soutiendrons plus particulièrement les pays qui font des efforts crédibles pour s'aider eux-mêmes. Nous invitons les pays en développement les plus prospères à contribuer à l'aide internationale 19. Nous soulignons l'importance pour les pays en voie de développement du commerce, des investissements étrangers directs et d'un secteur privé dynamique. Une assistance technique devrait être apportée aux pays en développement pauvres afin de diversifier leurs exportations, notamment en produits manufacturés. 20. Les négociations sur une reconstitution substantielle des fonds de l'AID devraient être conclues avant la fin de 1992. Le FMI devrait continuer à fournir des financements concessionnels pour soutenir les programmes de réforme des pays les plus pauvres. Nous demandons qu'une décision soit rapidement prise par le FMI en ce qui concerne la prolongation pour un an de la Facilité d'ajustement structurel renforcée et le plein examen d'options pour la période suivante, y compris un renouvellement de la Facilité. 21. Nous sommes profondément inquiets devant la sécheresse sans précédent que subit l'Afrique australe. Les deux tiers des objectifs d'aide fixés par << l'Appel en faveur des victimes de la sécheresse >> ont été atteints. Mais beaucoup reste à faire. Nous demandons à tous les pays de participer à cette aide. 22. Nous saluons les progrès réalisés par de nombreux pays en développement pour régler leurs problèmes d'endettement et retrouver leur solvabilité. Les initiatives des précédents Sommets y ont contribué. Cependant, de nombreux pays en développement se trouvent encore dans une situation difficile. 23. Nous confirmons la pertinence de la stratégie internationale de la dette. Nous accueillons avec satisfaction le renforcement de l'allégement de la dette accordée aux pays les plus pauvres par le Club de Paris. Nous notons que le Club de Paris a accepté d'étudier une réduction globale du stock de la dette, sous certaines conditions, après une période de trois ou quatre ans, pour les pays les plus pauvres prêts à faire des efforts d'ajustement. Nous l'encourageons à reconnaître, au cas par cas, la situation particulière de certains pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Nous accordons une grande importance à l'utilisation accrue des conversions volontaires de dette, y compris les conversions de dette pour la protection de l'environnement. {{Europe centrale et orientale}} 24. Nous saluons les progrès accomplis par les démocraties d'Europe Centrale et Orientale (PECO), ainsi que par les Etats Baltes, sur la voie des réformes politiques et économiques et de leur intégration dans l'économie mondiale. La réforme doit être poursuivie intégralement. De grands efforts, et même des sacrifices, sont encore nécessaires de la part de leurs populations. Notre soutien constant leur est acquis. 25. Nous accueillons avec satisfaction l'assistance multilatérale et bilatérale importante qui soudent les réformes dans les PECO. Les financements apportés par la BERD jouent un rôle utile. Depuis 1989, le total de l'aide et des crédits fournis par le groupe des 24 et les institutions internationales, sous forme de dons, de prêts et de crédits garantis, s'élève à 52 milliards de dollars. Nous demandons au groupe des 24 de poursuivre son activité de coordination et de l'adapter aux besoins de chacun des pays en cours de réforme. Nous réaffirmons notre volonté de contribuer de manière équitable. 26. Nous sommes favorables à l'idée de travailler avec la Pologne pour réaffecter, sur la base des arrangements existants, les fonds provenant du Fonds de stabilisation de la monnaie, après un accord sur un programme du FMI. Ces fonds seront destinés à de nouvelles fins, à l'appui des efforts de la Pologne pour une réforme vers l'économie de marché, en renforçant en particulier la compétitivité des entreprises. 27. Les pays industrialisés ont accordé des avantages commerciaux substantiels aux PECO afin d'assurer le succès de leurs réformes économiques. Mais tous les pays devraient poursuivre les efforts d'ouverture de leurs marchés. Les accords conclus entre la Communauté européenne et les pays membres de l'AELE, afin d'établir des zones de libre échange avec ces pays, représentent une contribution importante. Nous continuerons à offrir aux PECO une assistance technique pour renforcer leur capacité d'exportation. 28. Nous demandons aux PECO de développer leurs relations économiques, entre eux, avec les nouveaux Etats indépendants de l'ex-URSS et plus largement, sur la base des principes d'une économie de marché et conformément aux règles du GATT. Nous considérons comme une étape positive dans cette direction, la coopération particulière mise en oeuvre entre la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie, et nous espérons que le libre échange sera bientôt possible entre ces pays. 29. Les investissements étrangers devraient être favorablement accueillis. Ils constituent, pour les PECO, un élément important pour développer au mieux leur potentiel économique. Nous demandons aux PECO d'axer leurs politiques sur la création d'un environnement attrayant et fiable pour les capitaux privés. Nous fournissons nos instruments bilatéraux de crédit d'assurance et de garantie pour promouvoir l'investissement étranger, lorsque ces conditions, y compris le service de la dette, sont réunies. Nous invitons les entreprises des pays industrialisés à profiter des possibilités d'investissement dans les PECO. {{Les nouveaux Etats indépendants de l'ex-URSS}} 30. Les changements profonds survenus dans l'ex-URSS offrent la chance historique d'un monde meilleur, plus sûr, plus démocratique et plus prospère. Sous la direction du président Eltsine, le Gouvernement russe s'est engagé dans un processus de réforme difficile. Nous souhaitons que notre rencontre avec lui permette de discuter de la coopération que nous pouvons apporter pour soutenir ces réformes. Nous sommes disposés à travailler avec les dirigeants de tous les nouveaux Etats qui ont engagé des réformes. Leur succès est de l'intérêt de l'ensemble de la Communauté Internationale. 31. Nous sommes conscients que la transition impliquera des ajustements difficiles. Nous offrons aux nouveaux Etats de les aider à s'aider eux-mêmes. Notre coopération aura un caractère global et sera mesurée par le progrès des réformes économiques et par une attitude responsable sur le plan international, comportant de nouvelles réductions des dépenses militaires et le respect des obligations déjà souscrites. 32. Nous encourageons les nouveaux Etats indépendants à adopter des politiques économiques saines, principalement en réduisant leur déficit budgétaire et l'inflation. La collaboration avec le FMI leur permettra de bénéficier de son expérience et apportera une plus grande crédibilité aux efforts entrepris. La stabilisation macro-économique ne doit pas être différée. Elle ne réussira que si tous les fondements d'une économie de marché sont aussi mis en place : privatisation, réforme agraire, mesures visant à promouvoir l'investissement et la concurrence, protection sociale appropriée de la population. 33. Il est essentiel, pour attirer l'investissement privé, d'établir la confiance et d'élaborer un cadre juridique fiable. La manière dont les nouveaux Etats s'acquittent de leurs engagements financiers sera l'un des éléments de la confiance des milieux financiers. 34. Les capitaux privés et l'esprit d'entreprise doivent jouer un rôle décisif et croissant dans la reconstruction économique. Nous demandons aux nouveaux Etats de développer un secteur privé efficace, en soulignant l'importation particulière des PME dans le fonctionnement d'une économie de marché. 35. Des progrès rapides sont particulièrement urgents et peuvent être réalisés dans deux secteurs : l'agriculture et l'énergie. Ces secteurs ont une importance décisive pour améliorer la situation de l'offre et accroître les recettes en devises. Les secteurs du commerce et de l'industrie de nos pays sont prêts à coopérer. Un temps précieux a déjà été perdu du fait du maintien de barrières à l'investissement. Pour l'énergie, nous notons l'importance de la Charte européenne de l'énergie pour encourager la production et assurer la sécurité de l'approvisionnement. Nous demandons la conclusion rapide des travaux préparatoires. 36. Tous les participants au Sommet ont fait preuve de solidarité dans une situation difficile, en accordant une aide alimentaire, des crédits et une assistance médicale importants. Ils se sont également engagés à fournir une assistance technique. Un vaste apport de savoir-faire et d'expérience est indispensable pour que les nouveaux Etats puissent exploiter leur propre potentiel. Les secteurs privé et public peuvent y contribuer. Les conseils concrets sur place et l'assistance pratique sont ce qu'il y a de plus nécessaire. L'accent devrait être mis sur des projets sélectionnés pour leur valeur d'exemple ou pour leur importance stratégique dans le processus de réforme. Le partenariat et l'assistance à la gestion dans les entreprises peuvent s'avérer particulièrement efficaces. 37. Nous soulignons la nécessité d'une ouverture plus grande des marchés internationaux aux produits provenant des nouveaux Etats. La clause de la nation la plus favorisée devrait leur être octroyée et d'autres mesures d'accès préférentiel devraient être étudiées. Les nouveaux Etats indépendants ne devraient pas entraver leur reconstruction en érigeant des barrières commerciales entre eux. Il est de leur propre intérêt de coopérer entre eux en ce qui concerne la politique économique et monétaire. 38. Nous souhaitons aider les nouveaux Etats à préserver leurs compétences scientifiques et techniques hautement développées et à les utiliser pour reconstruire leur économie. Nous invitons les secteurs de la science et de l'industrie dans les pays industrialisés à promouvoir la coopération et les échanges avec les nouveaux Etats. En créant les centres internationaux pour la science et la technologie, nous aidons à reconvertir à des fins civiles l'expertise de scientifiques et d'ingénieurs spécialisés dans les domaines sensibles de la fabrication des armes de destruction massive. Nous poursuivrons nos efforts pour permettre aux scientifiques civils de haut niveau de demeurer dans leurs pays pour promouvoir la coopération dans le domaine de la recherche avec les pays industriels occidentaux. 39. Nous nous félicitons de l'adhésion des nouveaux Etats indépendants aux institutions financières internationales. Ceci leur permettra d'élaborer des programmes de réforme économique en collaboration avec ces institutions et, sur cette base, d'avoir recours à leurs ressources financières importantes. Le versement de ces fonds devrait être lié aux progrès dans l'application des réformes. 40. Nous soutenons la stratégie de coopération par étapes entre le Gouvernement russe et le FMI. Le FMI sera ainsi en mesure de verser une première tranche de crédit dans les toutes prochaines semaines pour soutenir les mesures de stabilisation les plus urgentes, tout en continuant à négocier un programme de réforme global avec la Russie. Ceci ouvrira la voie à la pleine utilisation des 24 milliards de dollars de mesures de soutien annoncés en avril. Sur ce montant, six milliards de dollars destinés à un Fonds de stabilisation du rouble seront mis à disposition dès que les conditions macro-économiques seront réunies. 41. Nous suggérons la mise en place de groupes consultatifs par pays dans les nouveaux Etats indépendants, en tant que de besoin, afin de favoriser une étroite coopération entre les Etats concernés, les institutions internationales et les autres partenaires. La mission de ces groupes serait d'encourager les réformes structurelles et de coordonner l'assistance technique. Sûreté des centrales électro-nucléaires dans les nouveaux Etats indépendants de l'ex-Union soviétique et en Europe centrale et orientale 42. Tout en reconnaissant le rôle important que joue l'électricité nucléaire dans l'approvisionnement énergétique global, la sûreté des centrales électro-nucléaires de modèle soviétique est une source de grande préoccupation. Chaque Etat est responsable, par l'intermédiaire de ses autorités de sûreté et des opérateurs de centrales, de la sûreté de ses centrales électro-nucléaires. Les nouveaux Etats concernés de l'ex-URSS et les pays d'Europe centrale et orientale doivent accorder une haute priorité à l'élimination de ce danger. Ces efforts devraient faire partie d'une réforme des politiques énergétiques orientée vers le marché, qui encourage les financements commerciaux pour le développement du secteur énergétique. 43. Un effort spécial doit être fait pour améliorer la sûreté de ces centrales. Nous offrons aux Etats concernés notre soutien dans le cadre d'un programme d'action multilatéral. Nous nous attendons à ce que ceux-ci coopèrent pleinement. Nous demandons aux autres Etats intéressés d'y contribuer également. 44. Le Plan d'action devrait comprendre des mesures immédiates dans les domaines suivants : - amélioration de la sûreté d'exploitation ; - améliorations techniques de court terme des centrales, fondées sur une analyse de sûreté ; - renforcement des régimes de réglementation. Ces mesures peuvent permettre de réaliser des progrès rapides et significatifs. 45. En outre, le plan d'action doit créer une base pour des améliorations de sûreté de long terme, par l'examen de : - la possibilité de remplacer les centrales les moins sûres par le développement de sources d'énergie de substitution et une utilisation plus efficace de l'énergie ; - la possibilité d'améliorer les centrales de modèle plus récent. En complément, nous viserons à un achèvement rapide d'une convention sur la sûreté nucléaire. 46. Le plan d'action devrait établir des priorités claires, organiser la cohérence des mesures et assurer que celles-ci seront mises en oeuvre au plus tôt. Pour mettre en oeuvre les mesures immédiates, le mandat de coordination existant du G24 sur la sûreté nucléaire devrait être étendu aux nouveaux Etats concernés de l'ex-URSS et rendu simultanément plus efficace. Nous sommes tous disposés à renforcer notre assistance bilatérale. En outre, nous soutenons la mise en place, dans les conditions appropriées, d'un mécanisme multilatéral supplémentaire pour répondre, au-delà des programmes bilatéraux, aux besoins d'amélioration immédiats de la sûreté tant en ce qui concerne les procédures de fonctionnement que les dispositifs techniques. Nous invitons la Communauté Internationale à contribuer au financement. Le Fonds tiendrait compte du financement bilatéral, serait administré par un comité directeur de donateurs, agissant sur la base du consensus, coordonné avec le G24 et la BIRD et assisté par eux. 47. Les décisions sur l'amélioration des centrales électro-nucléaires de modèles plus récents exigeraient que soient préalablement clarifiées des questions concernant la sûreté des centrales, la politique énergétique, les sources d'énergie de substitution et le financement. Afin d'établir une base adéquate permettant de prendre ces décisions, nous estimons que les mesures suivantes sont nécessaires : - les études de sûreté nécessaires devraient être présentées sans délai; - en liaison avec les organisations internationales compétentes, en particulier l'Agence Internationale de l'Energie, la Banque Mondiale devrait préparer les études énergétiques indispensables y compris sur les sources d'énergie de remplacement et les conséquences financières. Sur la base de ces études, la Banque Mondiale et la BIRD soumettront dans les meilleurs délais un rapport sur les besoins financiers potentiels. 48. Nous examinerons les progrès faits dans la mise en oeuvre de ce plan d'action et reviendrons sur ce sujet lors de notre réunion de 1993. 49. Nous prenons acte des communications que nous avons reçues de différents chefs d'Etat ou de gouvernement, ainsi que d'organisations internationales, et nous les étudierons avec intérêt. {{Prochain sommet}} 50. Nous avons accepté avec plaisir l'invitation du Premier Ministre Miyazawa à tenir notre prochaine réunion à Tokyo en 1993.

 


Page de Bienvenue IEP

Les documents sont publiés par le Service de Documentation de l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon (I.E.P).
La reproduction est autorisée sauf à des fins commerciales et sous réserve de la mention d'origine.
© Institut d'Etudes Politiques de Lyon
Pour tout renseignement complémentaire, contactez-nous. plan du serveur G7/G8
http://g7.sciencespo-lyon.fr