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Poids économique des pays du G8 dans le monde
HUSSON Marie-Caroline

lundi 2 juin 2003


Les publications du G7
Les "institutions" du G8
Historique du G7
Le fonctionnement institutionnel du G8

A quelques jours du sommet d'Evian, il s'avère intéressant de se pencher sur un des éléments qui crée, avec la politique, toute l'influence du G8 : son poids économique. On retrouve dans le G8 les principaux membres de la Triade. On ne sera donc pas étonné de constater l'importance du poids économique du G8. La Triade regroupe les trois pôles géographiques entre lesquels s'effectuent la plupart des échanges commerciaux : le pôle Amérique du Nord (les Etats-Unis et le Canada), le pôle asiatique (le Japon et les nouveaux pays industrialisés asiatiques), et le pôle européen (les pays membres de l'Union Européenne). Le commerce intra-zone, (c'est-à-dire les échanges à l'intérieur des zones) est plus important que le commerce inter-zone (entre les zones). On retrouve également les « quatre principaux partenaires » définis par l'Organisation Mondiale du Commerce, à savoir le Japon, l'Union Européenne, le Canada et les Etats-Unis, qui échangent principalement des biens à forte valeur ajoutée (signe du fort niveau de développement de ces derniers) : produits des technologies et de l'information (machines de bureau et matériels de télécommunication), produits de l'industrie automobile, textiles et vêtements, fer et acier. Avant d'étudier le poids du G8 dans l'économie mondiale, nous verrons que le groupe présente sur ce plan de nettes disparités. document 5 Le groupe peut difficilement être qualifié d'homogène, comme le montre le graphique 1. Le rapport entre le Produit Intérieur Brut (PIB) américain (10 200 milliards de dollars courants), et le PIB russe (310 milliards de dollars courants), est de 32,9. Les Etats-Unis seraient pratiquement 33 fois plus riches (par leur PIB), que la Fédération de Russie. Si cette dernière appartient au G8, ce n'est donc pas tant par sa richesse que par son marché intérieur : plus grand pays mondial par sa taille, la Fédération de Russie constitue le plus grand réservoir naturel de richesses naturelles. Son potentiel est donc considérable. document 6 Au vu du GNI par tête (« gross national income », équivalent de notre PIB par tête), on peut affiner cette approche et définir plusieurs groupes de pays. Parmi ceux au-dessous de la moyenne mondiale, on ne compte que la Fédération de Russie. Les membres situés au-dessous de la moyenne du G8 sont l'Italie, le Canada et la France. Royaume-Uni et République Fédérale d'Allemagne sont compris entre la moyenne du G8 (calculée en tenant compte de tous les membres), et de la moyenne du G7 (calculée en excluant le Fédération de Russie). Seuls le Japon et les Etats-Unis ont un PIB par tête supérieur à la moyenne du G7. L'écart entre les extrêmes est ici aussi énorme : de 20,6 si on prend le G8 mais seulement de 1,7 si on considère le G7. En revanche, si l'on considère le niveau de développement, l'hétérogénéité au sein du groupe est moins importante. On calcule le niveau de développement d'un pays en se basant sur l'espérance de vie à la naissance, les conditions d'éducation et le PIB en parité de pouvoir d'achat (indice qui permet de comparer les pays sur la base du pouvoir d'achat et non des valeurs monétaires, qui doivent être converties en dollars selon les taux de change). L'indice de développement ainsi obtenu est compris entre 0 et 1. Entre 0 et 0,5, le niveau de développement est dit « faible »; entre 0,5 et 0,8, le niveau de développement correspond à la moyenne ; entre 0,8 et 1, le niveau de développement est « élevé ». Le graphique 3 montre clairement que la Fédération de Russie est le seul à appartenir à la catégorie des pays moyennement développés. Tous les autres ont un IDH supérieur à 9. document 7 A la dernière place du G8 se trouve donc la Fédération de Russie, loin derrière les Etats-Unis, leaders économiques. Le PIB américain, à lui seul, est aussi important que la somme des PIB des 7 autres membres. Cette suprématie économique est loin de s'affaiblir : le PIB américain est le seul à avoir connu une telle hausse entre 1997 et 2001 : 23%. document 8 Hormis la Fédération de Russie, dont le niveau de développement et de richesse la classe parmi les pays en cours de développement, les membres du G8 appartiennent aux Etats les plus développés et les plus riches de la planète. Leur poids dans l'économie mondiale est impressionnant. Mais le G8 est un exemple de l'existence d'inégalités économiques importantes : 68% des richesses mondiales sont produites par le G8, alors qu'il ne représente que 14% de la population mondiale. Si l'on prend en compte les Investissements directs à l'étranger (IDE), la part du G8 est également dominante : 62% des flux (IDE entrant et IDE sortant). Et ce poids tend à se renforcer au fil des années : en 1997, le G8 produisait 65,95% des richesses mondiales, il en produisait 67,37% en 2001. document 9 En 1950, les membres du G8 totalisent 58,81% du PIB mondial. Cette part se maintient autour de 58% jusqu'au début des années 1970. A partir de 1990, cette part diminue (pour atteindre 55% en 1980, puis 52,23% en 1990), de par le rattrapage des pays en développement (en Asie, Afrique du Nord et Amérique latine). Depuis, cette part est de nouveau en hausse, comme on l'a précisé ci-dessus. Au regard de la répartition des exportations mondiales, la suprématie de G8 est moins flagrante : la part des exportations du G8 dans les exportations mondiales est « seulement » de 47%. Les économies développées sont en effet plus tournées vers leur marché intérieur que vers l'étranger. On peut d'ailleurs noter la faible part (relative) des Etats-Unis, qui illustre bien le fait que les grandes puissances répondent d'abord à la demande domestique. La République Fédérale d'Allemagne fait ici figure d'exception : l'économie allemande est traditionnellement exportatrice de biens de consommation et de biens industriels à forte valeur ajoutée. document 10 Les pays du G8 sont dépendants de leurs importations : ils totalisent 50% des importations totales. Le poids du G8 dans les échanges de services est similaire à celui dans les échanges de marchandises : 48% dans les exportations et les importations. Mais la part de chacun varie dans cette répartition, comme le montrent les graphiques 10 et 11. A noter la place surprenante du Royaume Uni, très exportateur de services, et le recul du Japon, peu exportateur, mais importateur notable. document 11 La place des pays du G8 dans les échanges commerciaux révèlent l'état de leur économie interne. Globalement, celle-ci est bonne. Moteurs de l'économie mondiale, les membres du G8 ont une place importante dans l'économie mondiale. Une modification ou un fléchissement de l'un d'eux peut toucher les partenaires, pays développés ou plus fragiles. A l'heure de l'interconnexion financière et commerciale, la propagation des changements est rapide. Ceci n'est qu'un exemple pour expliquer les interconnexions qui font que la situation d'un pays peut modifier la situation de ses voisins. Le contexte actuel, d'insécurité, engendre un manque de confiance qui freine les investissements et la croissance. Ce climat de récession, qui affecte les pays puissants, est susceptible de se propager à l'ensemble de l'économie.

{{Sites de référence}} - [Organisation Mondiale du Commerce->www.wto.org] - [Banque Mondiale->www.worldbank.org] - [Organisation de Coopération et de Développement Economique->www.oecd.org]

 


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