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Le Sommet de Williamsburg, Etat de Virginie, Etats-Unis, 28-31 mai 1983
Brousse Aurélie

mardi 27 mai 2003


Sommet de San Juan, Puerto Rico, Etats Unis, 27-28 juin 1976
Le sommet d’Okinawa, Japon, 20-22 juillet 2000
Sommet de Houston, Etats-Unis, 9-11 juillet 1990
Sommet de Londres, Royaume Uni, 7-9 juin 1984
Sommet de Birmingham, Royaume Uni, 15 - 17 mai 1998
Sommet de Gênes, Italie, 20-22 juillet 2001
Sommet de Denver, Etats-Unis, 20-22 juin 1997
Sommet de Cologne, Allemagne, 18-20 juin 1999
Sommet de Bonn, Allemagne, 16 - 17 juillet 1978

{{{Sommaire}}} {{Un sommet au cœur de la nouvelle guerre froide Vers un « Nouveau Bretton Woods » et l'adoption du modèle néolibéral}} ----- {{Un sommet au cœur de la nouvelle guerre froide}} Ce sommet, invité par le Président des Etats Unis, se tient en Virginie, alors que les relations Ouest-Est se tendent et que la sécurité internationale est très menacé. C'est en effet lors du discours d'inauguration de la réunion du groupe des sept que Ronald Reagan, président depuis 1980, qualifie aux yeux du monde l'URSS d' « Empire du mal » et ses dirigeants de « menteurs » et de « tricheurs » et rappelle que le monde occidentale est rentré dans la décennie la plus dangereuse qu 'il ait jamais connue. Un discours qui augure la politique des Etats-Unis mais aussi et surtout celle du groupe des sept, dont une grande partie des débats et des déclarations porteront sur la question de la sécurité et de la menace que représente l'empire soviétique. Jusqu'en 1980, date de l'élection de R. Reagan, et à partir des années 70, depuis la fin de la guerre du Vietnam, le monde connaît une période de détente et ce notamment à l'initiative des Etats-Unis. Une détente qui permet au chef de l'URSS, Léonid Brejnev d'étendre « en douceur » l'influence soviétique et sa puissance, qu'elle soit nucléaire ou géographique. L'empire peut ainsi prendre possession de points stratégiques sans aucune réaction des américains comme en Afghanistan en 1979, ou encore en Afrique lors du conflit de l'Angola. Cette influence grandissante de l'idéologie soviétique et de son pouvoir effectif menace alors de plus en plus ostensiblement celle de leur seul ennemi, les Etats-Unis, et pousse les américains à élire un homme déterminé à tenir tête aux « communistes » et fervent défenseur de son idéologie et de son pendant économique : le néolibéralisme. De surcroît l'URSS n'a pas hésité à profiter de cette période d'accalmie diplomatique pour développer son arsenal et installer des rampes de lancement de SS4 et SS5, a portée intercontinentale, en République Démocratique d'Allemagne, dont les têtes sont évidemment braqués sur les Etats-Unis. La connaissance du contexte international est alors primordiale pour comprendre aussi bien la portée des déclarations de cette réunion que la domination manifeste dans les textes de la puissance américaine. Cette déclaration sur la sécurité internationale est de plus très intéressante car elle marque un véritable tournant dans l'histoire du G7 en instaurant des discussions politiques et en leur donnant tout leur importance. C'est en effet à partir de cette époque que le G7 qui jusque là donnait la priorité aux questions économiques de base y compris la stabilité financière et le commerce, devient une tribune politique et une instance de gestion des crises. Ainsi la déclaration politique du Sommet est on ne peut plus claire : « En tant que dirigeants de nos sept pays, nous nous devons de défendre la liberté et la justice sur lesquelles nos démocratie sont fondées. A cette fin, nous maintiendrons une force militaire suffisante pour dissuader toute attaque, pour faire face à toute menace et pour assurer la paix. Nous ne ferons jamais usage de nos armes, si ce n'est en réponse à une agression » (…) Concernant la course aux armements et les conventions visant à limiter le développement, « Des accords efficaces doivent être fondés sur le principe d'égalité et doivent être vérifiables. Nous sommes convaincus qu'il est de notre devoir de continuer à mener ces négociations de façon soutenue et urgente. Dans le domaine des F.N.I ( Fusées nucléaires à portée intermédiaire ) (…) Les tentatives pour diviser l'occident en proposant les forces des pays tiers, y compris la France et du Royaume Uni, sont également voués à l'échec. Ces forces n'ont pas leur place dans les négociations. » Une déclaration, donc, presque une menace, directement adressée aux russes qui consacre un monde bipolaire, un face à face Etats-Unis / URSS. Celle-ci sera très vite suivie d'effets puisqu'au mois de novembre 1983 R. Reagan décide l'installation des missiles Pershing II en Angleterre, pour répondre à l'agression que constitue la présence des missiles russes sur le sol européen, et comme le G7 l'avait annoncé « Nos nations souhaitent ardemment qu'un accord F.N.I soit atteint d'ici peu. On sait que, s'il en va autrement, les pays concernés procéderont au déploiements prévus des systèmes américains en Europe à la fin de l'année 1983. » Promesse tenue. {{Vers un « Nouveau Bretton Woods » et l'adoption du modèle néolibéral}} Dominée par la vision américaine de la sécurité internationale et la volonté d'une confrontation avec l'URSS, la réunion est également très clairement dominée sur le plan économique par la conception reaganienne de l'économie et de la croissance. Il faut savoir que c'est en 1983 au prix d'une politique économique très austère et empreinte de la philosophie néolibérale que les Etats-Unis, et avec eux le monde sortent d'une crise économique longue et surtout d'une période de stagflation face à laquelle la philosophie keynésienne a été totalement impuissante . Comme l'explique Gustave Massiah, Président du Centre de Recherches et de Développement, dans son article Le G8, un club de riches très contesté, « Le néolibéralisme remplace progressivement, le modèle keynésien » et il ajoute « Dès 1980 à partir du Sommet de Venise, la lutte contre l'inflation devient la priorité, la référence à l'emploi devient platonique ( …)La phase néolibérale de la mondialisation est commencée. » De plus comme le rapporte également Joseph Stiglitz, ancien Vice-Président de la Banque Mondiale dans son livre La grande désillusion la Banque Mondiale comme le FMI vont aussi se plier à cette conception économique et lancée à partir de cette époque et de ce sommet, les très libérales « politiques d'ajustements structurels ». « Nous considérons avec beaucoup d'inquiétude la situation financière internationale, notamment le poids de la dette de nombreux pays en développement. Nous nous sommes mis d'accord sur une stratégie fondée sur : des politiques efficaces d'ajustement et de développement des nations débitrices, des financements adéquats tant privés que publics, des marchés plus ouverts enfin une reprise durable de l'économie mondiale. » La déclaration économique du sommet de Williamsburg est très marquée par l'établissement de cette doctrine, comme le prouvent de nombreux passages de ce texte : « Nous devons tous nous efforcer d'atteindre et de maintenir un taux d'inflation faible et d'abaisser les taux d'intêrets qui enregistrent actuellement un niveau trop élevé (…) Nos gouvernements poursuivront des politiques monétaires et budgétaires appropriées visant à freiner l'inflation, abaisser les taux d'intérêts, intensifier les investissements productifs et multiplier les possibilités d'emploi, en particulier parmi les jeunes » . Elle en est de surcroît une étape car les dirigeant vont y prôner l'installation d'un « nouveau Bretton-Woods ».

 


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