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Les publications du G7
BOISSEAUD Karine complété par BRILLANT Marie

lundi 26 mai 2003


Le fonctionnement institutionnel du G8
Poids économique des pays du G8 dans le monde
Historique du G7
Les "institutions" du G8

{{{Sommaire}}} {{I - LA SOUPLESSE COMME CARACTERISTIQUE PRINCIPALE DE L'INSTITUTION G7 }} {a) Nature et forme des déclarations b) Le G7 ouvert sur l'extérieur } {{II - MAIS UNE INSTITUTION SANS STRUCTURE EST UN OBSTACLE À LA CREATION D'UNE BANQUE DE DONNEES }} {a) Un bureau tournant b) L'intérêt grandissant d'un public averti pour les travaux du G7} {{III- PANORAMA ET EVOLUTION DES PUBLICATIONS}} {a) L'essor de la publication en ligne b) Publications sur le G8} ----- A l'origine, les sommets du G7 se veulent une rencontre d'Etats les plus industrialisés du monde, dont le but est de réfléchir à une remise en ordre de l'économie, à un moment où celle-ci, après le choc pétrolier de 1973, entre dans une phase de récession grave. Cependant, le contexte de la guerre froide sera l'occasion, pour ces Etats occidentaux, de se servir du G7 comme d'une arme politique lancée contre l'hégémonie soviétique des années 70-80, ensuite il sera un moyen de se rapprocher du bloc communiste en faillite... L'on comprend alors pourquoi, à un tournant idéologique et politique crucial, les déclarations politiques prennent parfois le pas sur les réflexions d'ordre économique. En tout état de cause, et bien qu'un effort soit fait par tous les participants pour rédiger un communiqué final commun, les bilans restent personnalisés par chaque Etat à l'issue des rencontres, chacun se réservant le droit de tirer son propre bilan. De ce fait, l'absence d'une institution G7 qui centraliserait tous les discours se fait ressentir. Si celle-ci contribue à rendre le débat plus perméable à l'actualité immédiate, sans ordre du jour rigide, elle peut néanmoins être l'obstacle à un recensement et à une classification des documents émanant ou évoquant le G7. {{I - LA SOUPLESSE COMME CARACTERISTIQUE PRINCIPALE DE L'INSTITUTION G7}} {a) Nature et forme des déclarations} Aujourd'hui, les déclarations communes du G7 sont à la fois d'ordre économique et d'ordre politique. Deux textes généralement sont en effet rendus publics par la Présidence du sommet -le pays d'accueil- au nom de tous les participants : un politique, l'autre économique (exception en 1980 pour condamner l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques-, aucune déclaration économique). Il se peut en outre que des comptes-rendus partiels soient donnés en cours de sommet. Les Etats se veulent unis sur le papier, même si la réalité montre souvent des discordances que les communiqués ne rapportent pas - le communiqué s'en tient à ce qui fait l'unanimité. Toutefois, la forme est invariable : introduction personnalisée "Nous, chefs d'Etats et de gouvernements..." , parties avec intitulé et conclusion, Par ailleurs, ces déclarations peuvent être complétées par des annexes). Elles sont communiquées à la presse qui les confronte aux conférences de presse, articles, interviews ou autres déclarations devant les parlements nationaux que chaque délégation a pu accorder en marge ou lors de la préparation du sommet. L'on rappellera cependant que la publicité faite autour du G7 n'a pas toujours été la règle. En effet, le G7 a évolué dans son rapport avec le public depuis son premier sommet à Rambouillet. François Mitterrand, dans une interview au quotidien Asahi Shimbun et à la TV publique NHK le ler juillet 1993, en marge du sommet de Tokyo (in Politique Etrangère de la France, juillet-aôut 1993), a rappelé que les réunions étaient "informelles" entre un petit nombre de chefs d'Etat. Ils étaient 4 au départ. Il n'y avait pas de cérémonial particulier, ni de grand concours de presse. Les conversations restaient, sinon confidentielles, du moins discrètes. Plus loin, il ajoute que, l'évolution apparente est très sensible. [...] Ils [les chefs d'Etat] traitent de tous les sujets en public, il y a des comptes-rendus, des communiqués, des conférences de presse, et de ce fait les conversations de caractère presque privé entre chefs d'Etat désireux de se connaître se sont transformées en conférences économiques et politiques. Les réunions des 7 sont devenues « un grand spectacle ». {b) Le G7 ouvert sur l'extérieur } Ainsi, la médiatisation du G7 se faisant plus présente, les Etats ne peuvent plus évoluer dans un monde clos le temps d'un sommet. Les objectifs de l'ordre du jour, fixé à l'avance, sont bousculés pour exprimer de manière spontanée les réactions face à l'actualité (1980 invasion de l'Afghanistan par 1'URSS, terrorisme en 1986, chute du mur de Berlin en 1989 ... ). Cette flexibilité de la structure du G7 permet de lancer un appel, de dénoncer une situation ou un comportement, de féliciter ou d'encourager, quasiment au moment où l'événement se produit. De plus, la fréquence annuelle des sommets rend un suivi des dossiers possible. L'on notera en effet que la récurrence des sujets abordés d'une année sur l'autre est également due au fait que, à l'issue de chaque sommet, les objectifs pour le suivant sont fixés, rendant ainsi plus cohérente la politique d'action concertée des 7 Etats. Ainsi, les dossiers de l'énergie occupent les 7 depuis 1976, avec pour point culminant la crise du pétrole de 1979. Les questions économiques sont bien entendu le fil rouge de ces rencontres : elles sont évoquées à chaque fois, en second plan toutefois en 1980 (Afghanistan) et en 1981 (guerre du Liban). La sécurité nucléaire après l'effondrement du bloc de l'Est les préoccupe depuis 7 ans, la venue de Boris Eltsine parmi les 7 est un signe d'avancée en ce domaine. Si le G7 est attentif à l'actualité, certains pays en difficulté tirent profit de sa souplesse pour l'interpeller. Ce fut le cas deux fois déjà : en 1984 lors du sommet de Londres, l'Amérique latine attendait des mesures concrètes pour trouver une solution à leur problème d'endettement, puis en 1992 à Munich, où les Etats baltes, occupés par l'armée russe, exhortaient le G7 à exiger son retrait. Comme chaque sommet à son lot de déclarations, l'accès à la documentation est difficile, d'autant plus que les sommets se déroulent successivement dans l'un des 7 pays, non par tour de rôle prédéterminé, mais par un jeu d'invitations. Ainsi, même si l'absence d'une structure permanente (secrétariat, présidence...) peut offrir des avantages de flexibilité dans les ordres du jour de chaque conférence, elle est toutefois un problème pour accéder à une documentation éparpillée, rendant difficilement appréhendable un suivi des problèmes évoqués. {{II - MAIS UNE INSTITUTION SANS STRUCTURE EST UN OBSTACLE À LA CREATION D'UNE BANQUE DE DONNEES }} {a) Un bureau tournant } Il n'existe pas, à l'instar des organisations internationales, de structures institutionnalisées et permanentes qui permettent d'entrer en relation avec le G7. L'ONU possède un secrétaire général ; le G7 n'a ni secrétariat, ni présidence, ni bureau. Ces fonctions sont assurées tour à tour par chacun des pays organisateurs du sommet. Le président qui rend la déclaration de la présidence est le chef de l'Etat du pays d'accueil. Le secrétariat est assuré par les services de son ministère des Affaires Etrangères. Ce sont également ses agents qui assurent la communication de l'ordre du Jour, des déclarations d'intention, du bilan du sommet... "Le bureau du G7" de quelques jours cesse ainsi ses fonctions au terme de la rencontre. L'on ne sait pas si les documents sont transmis à la délégation qui a proposé d'organiser le prochain sommet, néanmoins on peut imaginer que chacune d'elles dresse seule le bilan de la rencontre avec les documents mis à disposition. Ces derniers restent dans les archives du ministre des Affaires Étrangères, sans être l'objet d'une attention particulière puisqu'il n'y a pas non plus de responsable d'une " section G7 " qui disposerait d'une banque de données sur le G7, en France tout au moins. {b) L'intérêt grandissant d'un public averti pour les travaux du G7} Les publications sur le G7 ne concernent pas seulement les déclarations officielles. Tous les textes officiels concernant le sujet, sont, en France, comme dans chaque pays, repris intégralement dans les publications officielles (Politique étrangère de la France, Documentation Française). Il peut s'agir d'interviews - même celles accordées à l'étranger -, de déclarations faites devant le Parlement... Nombre d'articles économiques ou politiques sur le G7 fleurissent aujourd'hui, traitant des sujets abordés lors des rencontres. Un répertoire pour recenser la bibliographie existante sur les sommets est disponible désormais, mais il n'émane pas d'une instance gouvernementale. En effet, I'Université de Toronto au Canada s'intéresse au G7 depuis que le sommet de 1993. Il s'agit de collectionner, à partir de bibliothèques telles que celles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international et celles de Harvard entre autres, toutes les publications disponibles dans le monde à ce jour, en ne recensant que les articles de journaux qui offrent un intérêt particulier. Ainsi se côtoient des données sur l'économie, la politique, la géopolitique, l'environnement, l'énergie ... sous forme d'articles, d'ouvrages, de rapports officiels de rencontres ... L'on pourra citer en l'occurrence l'article de Peter I. Hajnal paru dans la revue Politique étrangère du Canada "G7 Bibliography" (ndeg.l, spring 1995, p.63-80), qui recense tous les écrits sur le G7, que ce soient les réflexions, commentaires, ouvrages (l'on y trouve Verbatim 1 de Jacques Attali) ou bien les publications gouvernementales ou émanant d'organisations non gouvernementales, du Congrès des Etats-Unis, des différents départements d'Etat ... Par le serveur Internet, le centre de recherche sur le G7 de 'Toronto met à disposition une somme non négligeable d'informations étant donné le récent intérêt porté sur le sujet. Par ailleurs, la bibliothèque du Congrès américain possède elle aussi de la documentation qu'elle soit d'origine gouvernementale ou d'organisations internationales. A ma connaissance, il n'existe pas de service similaire ailleurs. Le retard de l'Europe en la matière est flagrant. Peut-être est-ce parce que les contours du G7 sont encore trop flous ? L'absence d'une véritable "banque de données" pour un chercheur - ou un curieux - rend toute recherche très difficile à orienter. La consultation d'un matériel divers et varié, de la revue aux serveurs Internet, s'avère nécessaire, Pourtant, il est intéressant de se pencher sur le suivi des thèmes abordés lors des sommets, ne serait-ce que pour se rendre compte des préoccupations des 7 Grands de ce monde. En effet, si les déclarations faites au nom du G7 portent l'empreinte des grands pays industrialisés, qui en tant que tels, mettent en exergue les problèmes de croissance, de chômage ou d'énergie vitale pour leurs entreprises, il n'en reste pas moins que la place accordée à l'actualité politique s'est développée au cours des 21 ans d'existence du G7. D'ailleurs, comment vraiment dissocier les deux ? Les bouleversements à l'est au début des années 90 ont marqué un tournant dans l'objectif que s'était fixé le G7. Il n'était plus le bloc occidental puissant rival des communistes ; il était devenu son allié, soutenant la politique de réformes engagée par Gorbatchev, afin de remettre en route une économie dévastée. Les dernières prises de position du G7 concourent d'ailleurs à inclure la Russie de Eltsine dans le groupe. Mais la portée déclaratoire des communiqués, dont chacun des 7 auteurs est conscient de son impact dans le monde a, souvent tendance à outrepasser le but de la simple consultation entre pays. L'on peut craindre, en effet, une transformation du G7 en forum ou directoire, ce que dénoncent certains, dans lesquels des directives ou du moins des indications utiles pour le monde entier seraient données (voir interview de F. Mitterrand citée), en matière de droits de l'Homme ou de démocratie par exemple. Car enfin le G7 n'a pas pour objectif de se substituer aux autres Grandes enceintes internationales de ce monde, où, là, tous les pays sont représentés. {{III- PANORAMA ET EVOLUTION DES PUBLICATIONS}} L'évolution des publications du G8 depuis le sommet de Lyon (1996) prend deux grandes directions qui s'inscrivent dans la continuité des années antérieures : aucune grande rupture est à noter. {a) L'essor de la publication en ligne} Ces 5 dernières années ont été marquées par l'explosion de la publication en ligne. Outil d'autant plus adapté pour des sujets à dimension internationale. Déjà les déclarations politiques et économiques des sommets pouvaient être diffusées très largement par internet. Aujourd'hui plus qu'un moyen de pure communication internet a aussi fonction de mémoire du G8 : archives des sommets précédents, analyses, bibliographies. Tout se trouve sur internet. Cependant il n'existe encore aucune instance officielle qui centraliserait les informations. Les références restent les sites américains et canadiens suivants à vocation transversale : - le G8 Information Centre de l'Université de Toronto : c'est le plus clair et le plus accessible des sites consacrés au G8. Il contient les information sur les sommets en eux-mêmes mais aussi sur les rencontres de type ministérielle et autres ; il recense les publications, les articles et autres documents relatifs aux Etats membres du G8. - le site du G7 (Canada) : Ce site aussi a une dimension globale. Il diffuse des informations générales et les déclarations officielles des sommets ainsi que des articles de fond, des bibliographies. Par ailleurs chaque Etat-membre du G8 a ses propres publications. Les sites des affaires étrangères des pays suivant informent sur le G8 : Canada, France, Italie, Japon , Russie ,Grande Bretagne. Pour l'Allemagne il faut consulter le site du gouvernement et pour les Etats-Unis le site « US State Department ». Reste que de nombreux sites relatifs aux questions abordées par le G8 fleurissent dans les différents pays. -* Canada : Canadian International Development Agency (CIDA), Export Development Corporation (EDC) -* Italie : Mission Permanente aux Nations Unies -* Japon : Japan's Assistance to the NIS, Agence Japonaise Internationale de Coopération -* Grande-Bretagne : G7 Society Information, Foreign and Commonwealth Office, Department of International Development -* Etats-Unis : United States Agency for International Development (USAID), International Information Programs, US Trade and Development Agency (USTDA) {b) Publications sur le G8} La nouveauté est la façon dont le G8 est devenu un sujet de publications aussi bien pour ses partisans que pour ses adversaires. Prenons deux exemples. - L'ACGC (The Alberta Council for Global Cooperation) existe depuis 1997. En partenariat avec le Parkland Institute et le Dr. Vandana Shiva, il travaille sur la globalisation. Développer le site s'inscrit dans une volonté de multiplier les ressources sur le G8 tant pour les ONG que pour les particuliers. ACGC a publié un kit téléchargeable en ligne sur le G8. Ce projet a été soutenu par le gouvernement canadien ainsi que par le CIDA. The G8, Globalization and Human Security se définit comme un outil pédagogique mis à disposition pour développer l'éducation au G8. Voilà la présentation qui en est faite : « The kit is in two parts which are intended to be used together.The first part is a facilitator's guide to allow people hold workshops in their communities on the G8. The facilitator's guide includes information on the G8, workshop exercises, and presentation materials. The second part is a series of four-page information packages on the G8 to allow individuals and groups to familiarize themselves with the issues, as well as find more information about G8. » Il se construit autour des thèmes suivants : -* L'architecture financière globale -* Définition du G8 -* Le G8 le FMI et La Banque Mondiale -* G8 et organisation mondiale du commerce -* G8 et la crise de la dette -* G8 et santé -* G8 et environnement -* G8 et sécurité globale -* G8 et Afrique Bien que ce soit une source d'information importante ce type de démarche n'émane pas directement du G8. - ATTAC se définit comme mouvement d'éducation populaire. C'est une association qui développe un travail de conférences, de réunions publiques, d'expertise. Au travers de nombreux contacts permanents elle s'articule au mouvement social et inscrit son travail dans une perspective militante. ATTAC se propose donc de mettre à la disposition des internautes des données sur le G8. Son projet s'inscrit dans une logique aussi d'éducation aux questions économiques. Cependant l'angle choisi est celui de la dénonciation. Il n'en demeure pas moins qu'avoir une position critique présuppose une bonne appropriation du sujet. Ainsi la Rubrique « Savoirs » de Attac France annonce : « Il est toujours utile de comprendre pour agir. Sur tous les thèmes de travail de l'association nous publions des documents fruits du travail de l'association mais aussi de son conseil scientifique et des comités locaux, d'experts, de chercheurs et d'universitaires, d'autres organisations amies ou partenaires. » On peut donc conclure que l'absence d'instance officielle quant aux publications du G8 rend son étude assez difficile. L'éparpillement des informations et surtout leurs statuts très différents (souvent politisées) ne permet pas d'appréhender ce groupe et son identité aussi facilement qu'une institution internationale qui serait très lisible.

 


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