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Le contre G8 d’Evian
LONGY Jean-François - ACLEMENT Delphine

lundi 26 mai 2003


La remise en cause du G8

{{{Sommaire}}} {{Du sommet au contre-sommet}} {{«La bataille d'Evian»}} ------ Dans la tradition des contre - sommets, se tiendront à Evian, lors du sommet du G8 , des contre - manifestations, remettant en cause l'ordre établi par le cartel des huit pays les plus industrialisés. {{Du sommet au contre-sommet }} L'organisation de sommets réunissant les grandes puissances du monde date d'une trentaine d'années : en effet le G8, qui n'était alors qu'un G5, s'était pour la première fois réuni en France à Rambouillet en 1975. Le message final de cette rencontre française s'assignait pour but d'"assurer le redressement des [de nos] économies et de [à] réduire le gaspillage des ressources humaines que provoque le chômage". A l'époque ces sommets se donnaient pour objet de régler les désordres économiques nés de la crise. Peu à peu les sommets ont abordé les sujets les plus divers : terrorisme, nucléaire, SIDA, environnement, armement, relations Est - Ouest, Nord - Sud, et la déclaration politique finale a pris quasiment plus d'importance que le communiqué économique, lequel avait pourtant justifié la naissance de ce type de sommets. Les 7 nantis, Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Allemagne, Japon, Italie, et France se sont arrogés un pouvoir politique en dehors de tout contrôle démocratique, et se sont érigés en un "directoire mondial", distribuant des bons ou mauvais points au reste de la planète. Ces sommets sont devenus le symbole de l'hégémonie exercée sur le reste du monde par un cartel de pays riches. En 1998, la Russie a officiellement rejoint le groupe connu dès lors sous le nom de groupe des 8. Les conférences ont lieu dans tous les pays membres, chacun d'entre - eux recevant celles-ci tous les huit ans. Pour sa part, la France a organisé les manifestations quatre fois : en 1975 à Rambouillet, en 1982 à Versailles, en 1989 à Paris pour le sommet de l'Arche lors de la commémoration du bicentenaire de la Révolution, et en 1996 à Lyon. Aujourd'hui c'est à nouveau la France qui reçoit le G8 à Evian du 1er au 3 juin 2003. Jusqu'à 1983, la société civile et le G7 ne se prêtaient aucune attention, la société civile dont les ONG (Organisations non gouvernementales) ne reconnaissant pas la puissance du groupe. De 1984 à 1994, les thèmes traités par le G7 se sont élargis et un grand nombre d'entre eux étaient importants aux yeux des ONG. Ces dernières ont réalisé qu'elles pouvaient exercer une influence sur le G7 qui était devenu une institution puissante, que ce soit en le soutenant ou en s'y opposant. Le premier contre - sommet, fut organisé en même temps que le Sommet du G7 à Londres en 1984 par The Other Economic Summit (TOES) du Royaume-Uni qui deviendra plus tard New Economics Foundation. Cependant, avant le contre - sommet de l'Arche de 1989, les TOES n'étaient que des réunions quasi confidentielles. A chaque G7, des contre-experts se réunissaient à Londres pour discuter des décisions des chefs d'Etat du G7. A Toronto en 1988 pour la première fois, contre - experts et universitaires se réunissent sur le site du sommet. Mais c'est en 1989 que les contre - sommets sortent réellement de l'ombre à l'occasion du sommet de Paris. "DETTE, APARTHEID, COLONIES, CA SUFFAT COMME - CI!" est le slogan générique de l'initiative. Patrick Sauvage et Eric Macé de l'Agence de liaison pour le développement d'une économie alternative (ALDEA) fédèrent à l'occasion de ce sommet une multitude d'associations et de personnalités (Abbé Pierre, Daniel Cohn - Bendit, Antoine Waechter, Alain Lipietz et le chanteur Renaud qui marqua de ses mots l'initiative : "Seigneurs de guerre, saigneurs de peuples qui allez bientôt vous réunir à Paris, je ne vous souhaite pas la bienvenue."). Un grand concert gratuit réunissant Johnny Clegg, Renaud, Les négresses vertes, est organisé. D'autre part, un "pied de nez au G7" est mis en place : un sommet des 7 pays parmi les plus pauvres. Enfin, le TOES se termine par une lettre ouverte aux chefs d'Etat du G7, signée par une centaine de personnalités. En 1995, lors du sommet d'Halifax, le G7 reconnaît le rôle de plus en plus important de la société civile. Le contre sommet " Les Autres Voix de la Planète " à l'occasion du sommet du G7 en juin 1996 à Lyon a donné lieu à une manifestation de 30.000 personnes. En mai 1998 lors du sommet à Birmingham, 70 000 personnes manifestent et présentent une pétition aux dirigeants pour l'annulation de la dette des pays pauvres à l'appel de « Jubilé 2000 Grande - Bretagne ». Tony Blair, dirigeant du pays hôte a félicité la coalition au nom du G8. En 1999 à Cologne, le G8 demande aux gouvernements, aux organisations internationales, aux entreprises et à la société civile de travailler ensemble pour utiliser le phénomène de la mondialisation. En 2000, le gouvernement du Japon nomme un directeur général responsable de la participation de la société civile en vue de préparer le sommet d'Okinawa. En juillet 2001, la combinaison de la masse des 200 000 manifestants et de l'aggravation de la violence de la part de certains manifestants et de la répression des forces de l'ordre avec l'utilisation des balles réelles à Gênes ont conduit au premier décès d'un contestataire, celui d'un jeune anarchiste italien. Les Huit ont condamné les violences qui ont émaillé le contre - sommet. Ils ont rappelé que "les casseurs" avaient "discrédité les manifestations anti - mondialisation" et que rien ne pouvait empêcher la réunion de chefs de gouvernement démocratiquement élus. En contrepartie, ils ont promis pour l'avenir, des sommets plus ouverts sur la "société civile et le secteur privé" afin de débattre des "défis importants" qu'affrontent leurs sociétés. Contre le sommet de Kananaskis au Canada en 2002, le sommet parallèle dit du G6B - en référence aux six milliards d'humains - s'est tenu pendant cinq jours à l'Université de Calgary, parce que les membres des ONG présentes ne sont pas parvenus à trouver un endroit prêt à les accueillir à proximité de Kananaskis. Le Canada avait choisi d'organiser le sommet du G8 dans un endroit assez éloigné dans la foulée des violentes manifestations qui avaient marqué la rencontre de Gênes. {{«La bataille d'Evian»}} Les 1, 2 et 3 juin se tiendra à Evian un sommet du G8. Un sommet réunissant les ministres de finances des pays du « groupe des sept » et de la Russie, les présidents de leurs banques centrales, le président de la Banque mondiale et les dirigeants du FMI et de la Commission européenne, s'est déjà tenu à Paris les 21 et 22 février 2003 en préparation à la réunion d'Evian. Les grands argentiers ont promis de faire du sommet d'Evian le principal rendez - vous pour l'aide au développement. Pour préparer la mobilisation anti-globalisation, des groupes anti - G8 se sont réunis. D'innombrables initiatives et projets de mobilisation sont d'ores et déjà en cours d'élaboration. Les opposants du G8 ne se contentent pas de dénoncer le G8 et son coût, mais critiquent également le FMI, l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et la Banque mondiale, dans la mesure où ces organisations sont en étroite relation avec les huit membres. Ainsi, " La bataille d'Evian " se définit comme anti-capitaliste, anti-militariste, anti-patriarcale, pour la libre circulation et pour l'action directe ». Les forums aborderont ces thèmes ainsi que ceux de la précarité et de la critique de la croissance. Pour les organisateurs, le contre - sommet est une dénonciation constructive. La mondialisation est perçue comme un alignement vers le bas des normes sociales et comme génératrice d'inégalités. Cette mondialisation détruit de l'environnement, car l'exploitation de l'homme se double d'une exploitation de la biosphère par les FMN (Firmes MultiNationales). Une plus forte solidarité entre le Nord et le Sud est aussi réclamée par le biais de l'annulation de la dette et par l'arrêt des politiques d'ajustement structurel du FMI. Le FMI, parce qu'il promeut l'économie de marché, favorable aux pays du Nord du fait de leur suprématie commerciale, apparaît comme l'agent des sept. Les organisateurs dénoncent les budgets militaires des pays du G8 qui totalisaient la somme de 600 milliards de $US en 2001, dont près de 65% pour les États-Unis. La Russie est aussi visée car elle est arrosée par les aides du FMI, alors même qu'elle mène une guerre impérialiste en Tchéchénie. Une fois de plus, selon eux, le développement économique passe avant les Droits de l'Homme. Les membres de "la bataille d'Evian" peuvent être donc assimilés à la gauche alternative, contestataire, progressiste et écologiste. En fait de toutes ces revendications ressort l'idée d'une démarche citoyenne, du refus de la soumission de la politique, des Droits de l'Homme, de la Démocratie, à l'économisme et aux forces aveugles du marché. Une partie de la "société civile" se dresse contre l'ordre imposé par les "nouveaux maîtres du monde". Un autre mouvement, le réseau "G8 illégal" vise à échanger idées et matériel afin d'animer la campagne contre le G8 d'Evian (1er au 3 juin 2003), en particulier au sein de la jeunesse. G8 illégal s'est constitué lors d'une réunion en marge du Forum Social de Florence à laquelle ont participé une cinquantaine de personnes originaires de France. Il est également à l'initiative du "village intergalactique" qui s'installera dans la région d'Evian dès le 28 mai. Le village intergalactique sera un lieu de vie, d'échanges, de débats, qui se déroulera du 28 mai au 3 juin, dans la région d'Evian, ouvert à tous, militants ou non, pour montrer qu'un autre monde est possible. Ce village international sera basé plusieurs principes : une gestion commune de la vie collective, le refus de tout comportement raciste, antisémite ou sexiste, le respect de l'environnement. Il sera organisé autour de pôles établis en fonction des sensibilités politiques, des préoccupations thématiques, de la diversité des modes d'action, des pratiques alimentaires… Les participants seront notamment Aarrg ! (Apprentis Agitateurs pour un Réseau de Résistance Globale), A Seed / Europe, CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement), CLAG (Collectif Lyonnais Après Gênes), Collectif jeune contre le G8 Grenoble, des collectifs G8 illégal, des collectifs Attac Campus, JCR Red (Jeunesses Communistes Révolutionnaires), Mouvement pour le Socialisme, No War (Suisse), Révolution (Genève), Sud-Etudiant, VAMOS ! (Vive l'Action pour une MOndialisation des Solidarités)… Quant aux signataires de la Erreur! Source du renvoi introuvable. « Contre les saigneurs du G8! » de la CLAAACG8 (Convergence des luttes anti-autoritaires et anticapitalistes contre le G8)Erreur! Source du renvoi introuvable. s'engagent à tout mettre en œuvre pour participer à la campagne anti-G8, aux collectifs et initiatives locales et régionales, au village alternatif, anticapitaliste et anti-guerre (VAAG). Plusieurs initiatives seront mises en place. Ainsi, il est question de mettre le"feu au lac"(Léman) le samedi 31 mai en début de soirée : sur tout le pourtour du lac, en France comme en Suisse, des groupes de personnes organiseraient un feu de village, de ville ou de quartier, qui serait allumé simultanément. L'ouverture des frontières constitue une autre initiative possible des anti-G8. Une autre mobilisation est prévue : le « Sommet pour un autre monde » coordonné par le CRID. Fondé en 1976 par 8 associations, le Centre de Recherche et d'Information pour le Développement a pour objectif de produire une réflexion sur le développement et la coopération internationale. Le CRID bénéficie du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations Unies. Ce sommet, qui se déroulera du 29 au 31 mai, abordera les questions à l'ordre du jour du G8 et plus globalement celle de la gouvernance mondiale. La plate-forme de préparation du « Sommet pour un autre Monde » est constituée du CRID, de Co-organisateurs (Agir ici, les Amis de la terre, ATTAC, CADTM, CCFD, Greenpeace) et de partenaires (Act up, Agir pour l'environnement, AITEC, Amnesty international, FIDH, Médecins du monde, Oxfam international, plate-forme Dette et développement, réseau IFI, Secours catholique, Survie). Il se pourrait que le gouvernement français convoque un G20 (ouvert à des pays du Sud) qui se tiendrait avant, après ou simultanément au sommet du G8. Reste à savoir si ce type de manifestation sera suivi d'effets concrets, ou si elle se contentera de n'être qu'une campagne de sensibilisation à des politiques alternatives possibles. En fait, il apparaît clairement, au vue des moyens et des pouvoirs des organisateurs, que le contre sommet ne sera qu'une campagne de communication, assimilable aux communiqués des G8, à la différence de ceux-ci, le contre - sommet, lui, n'a pas les moyens de mettre en oeuvre une politique.

 


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