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Sommet de Cologne, Allemagne, 18-20 juin 1999
HUSSON Marie-Caroline

vendredi 23 mai 2003


Sommet de Londres, Royaume Uni, 7-9 juin 1984
Sommet de San Juan, Puerto Rico, Etats Unis, 27-28 juin 1976
Sommet de Denver, Etats-Unis, 20-22 juin 1997
Le sommet d’Okinawa, Japon, 20-22 juillet 2000
Sommet de Gênes, Italie, 20-22 juillet 2001
Le Sommet de Williamsburg, Etat de Virginie, Etats-Unis, 28-31 mai 1983
Sommet de Houston, Etats-Unis, 9-11 juillet 1990
Sommet de Bonn, Allemagne, 16 - 17 juillet 1978
Sommet de Birmingham, Royaume Uni, 15 - 17 mai 1998

{{{Sommaire}}} {{Les présents}} {{Le calendrier}} {{Le contexte international}} - {Un contexte économique de croissance mondiale} - {Un contexte encore marqué par les crises financières des années précédentes} - {Historique de la crise asiatique} - {La crise du Kosovo} {{Les décisions du sommet de Cologne}} - {Les décisions contenues dans la déclaration finale} -* Mesures économiques générales -* L'allégement de la dette des pays pauvres lourdement endettés (PPLE) -* La protection de l'environnement -* La non prolifération des armements et le désarmement, la lutte contre la criminalité organisée -* La lutte contre le sida et les maladies infectieuses -* La sécurité alimentaire - {Les décisions contenues dans la déclaration économique (à laquelle la Russie n'a pas participé) du 18 juin 1999} -* La criminalité financière, la concurrence fiscale dommageable et l'évasion fiscale internationale -* Le système financier international -* La sûreté nucléaire/Ukraine - {Les décisions contenues dans la déclaration sur les questions régionales} - {Les objectifs contenus dans la Charte pour l'apprentissage tout au long de la vie} {{Bibliographie }} ----- {{Les présents }} - Le premier ministre du Royaume-Uni, M. Tony Blair - Le président de la France, M. Jacques Chirac - Le premier ministre du Canada, M. Jean Chrétien - Le président des États-Unis, M. Bill Clinton - Le premier ministre de l'Italie, M. Massimo D'Alema - Le président de la Russie, M. Boris Eltsine - Le premier ministre du Japon, M. Keizo Obuchi - Le président de la Commission européenne, M. Jacques Santer - Le chancelier de l'Allemagne, M. Gerhard Schröder {{Le calendrier }} Les réunions sont dorénavant échelonnées, pour assouplir le cadre formel du G8. - 9-10 juin : rencontre des ministres des affaires étrangères - 12 juin : rencontre des ministres des finances - 18-20 juin : rencontre des chefs d'Etat et de gouvernement {{Le contexte international }} - {Un contexte économique de croissance mondiale } Les Etats-Unis ne présentent aucun signe de ralentissement, malgré les prédictions pessimistes des économistes. Le pays profite en effet des bas prix des matières premières, conjugués à des gains de productivité exceptionnels, ce qui annule l'effet négatif des coûts de travail relativement élevés. Le Japon s'efforce de sortir de la crise dans laquelle il est plongé, grâce à différentes mesures : déréglementation, accentuation de la flexibilité, soutien aux nouvelles technologies. Mais sur l'ensemble de l'année, la croissance négative (-0,9%). Les effets de la crise de 1997 se font toujours sentir, surtout dans le domaine bancaire. La restructuration des banques est longue et complexe, le chômage est en augmentation et la consommation stagne. En Europe, la crise de 1998 s'estompe. L'importance de la demande extérieure et les avantages de l'Union Economique et Monétaire (assouplissement monétaire et euro faible), font bénéficier l'Union d'une période reprise à partir de la seconde moitié de 1999. La stabilité financière engendre un climat de confiance dans les relations commerciales internationales. - {Un contexte encore marqué par les crises financières des années précédentes } La crise internationale (voir encadré), a fait prendre conscience aux puissances économiques de la fragilité du système financier international. C'est pour cette raison que le G8 sera amené à parler du problème et des solutions possibles. - {Historique de la crise asiatique } -* 18/05/1997 - Eclatement de la bulle immobilière thaïlandaise. Des milliards de dollars fuient la Bourse de Bangkok -* 02/07/1997 - Bangkok décide de laisser flotter sa monnaie, la crise contamine alors les Philippines, l'Indonésie, la Malaisie et la Corée du Sud. -* 23/10/1997 - Effondrement de la Bourse de Hong Kong, et de Wall Street -* 17/08/1998 - Le gouvernement russe lâche le rouble et suspend le remboursement de sa dette extérieure. La crise russe l'emporte sur l'ensemble des marchés. -* 27/08/1998 - Krach boursier général -* 11/09/1998 - La Banque Centrale brésilienne augmente son taux d'intérêt d'intervention, dit taux d'assistance interbancaire, pour prévenir l'évasion des capitaux -* 25/09/1998 - Faillite du fonds spéculatif LTCM ensuite sauvé par le Banque Centrale Américaine -* 13/11/1998 - La communauté financière rassemble 41,5 Milliards $ pour aider le Brésil -* 18/01/1999 - Crise de régal brésilien, après décision de la Banque Centrale de le laisser flotter -* 25/04/1999 - « La crise financière internationale semble terminée », d'après le Directeur Général du FMI, Michel Camdessus. - {La crise du Kosovo } Le conflit du Kosovo tire à sa fin en juin 1999. La position russe est source de tensions avec les autres membres du G8. Le premier point de désaccord porte sur l'apport ou non d'une aide économique. La Russie est favorable tandis que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont formellement opposés. Le second point de désaccord réside dans le fait que la Russie réclame un secteur de contrôle sur le Kosovo, que lui refusent les autres puissances, et plus fermement encore les Etats-Unis. Finalement, Eltsine donne son accord le 18 - soit la veille de sa participation au sommet - pour que les troupes russes soient placées sous contrôle français ou allemand, au sein de la Kfor. Jouer la règle de l'ONU était pour la Russie la seule solution de sortir d'une crise diplomatique qui l'aurait mise mal à l'aise pendant le sommet. {{Les décisions du sommet de Cologne }} - {Les décisions contenues dans la déclaration finale } -* Mesures économiques générales Les 8 pays les plus développés veulent pouvoir faire face au défi majeur de XXI siècle : la mondialisation. Renforcer la croissance, soutenir la demande et les investissements, tout en évitant l'inflation, font partie de leur priorités. Ils mettent un point d'honneur à renforcer « l'architecture financière internationale ». La politique d'action s'inscrit dans le long terme : politiques macroéconomiques appropriées, réformes structurelles, soutien à la Russie sont autant de buts à atteindre. Les garanties sociales ne doivent pas être délaissées afin de permettre à tous de supporter les mutations économiques engendrées par la mondialisation. L'Organisation Mondiale du Commerce doit voir s'ouvrir un cycle de négociations bilatérales large et ambitieux. Les chefs d'Etat et de gouvernement des pays du G8 en appellent au respect des règles édictées par les institutions déjà existantes plutôt qu'à la création de nouvelles mesures. Ils réclament une meilleure coopération entre elles, nécessaire pour une meilleure efficacité de leurs actions. -* L'allégement de la dette des pays pauvres lourdement endettés (PPLE) La décision des dirigeants du G8 d'alléger la dette des PPLE est celle qui a marqué le sommet de Cologne. Cette décision fait l'objet d'un texte, intitulé « L'initiative de Cologne : allégement de la dette », du 19 juin 1999. Dans la déclaration finale, les dirigeants s'engagent à mettre cette initiative en œuvre. Au vu des « résultats positifs » qui ont suivi l'initiative de 1996 visant « à réduire l'accumulation dangereuse de la dette des PPLE », les dirigeants du G8 renouvellent l'expérience pour alléger le fardeau des pays pauvres. Sous la pression de Jubilé 2000, qui a présenté 17 millions de signatures demandant l'annulation de la dette des pays pauvres, les dirigeants annoncent, le 19 juin 1999, qu'ils sont prêts à accorder « un allégement plus rapide, plus complet et plus étendu […]. Pour atteindre la soutenabilité de la dette, [ils seraient] prêts à annuler jusqu'à concurrence de 90%. »... soit un effort de 65 à 70 milliards de dollars, dont 15 milliards de crédits liés à l'aide publique, (c'est-à-dire 45 milliards de plus que prévu). Cumulé aux autres allégements de dette déjà décidés, on atteint une réduction de la moitié de la dette totale des pays les plus pauvres. L'allégement porte sur les sommes dues à la Banque Mondiale et au Fonds Monétaire International tout comme aux pays riches. Le total de la dette ne représenterait alors plus que 0,6% du Produit intérieur brut mondial. Cet allégement devrait permettre aux pays en bénéficiant d'orienter les dépenses vers les services sociaux de base. Néanmoins, ces chiffres sont à relativiser. Pour bénéficier de cette initiative, les pays doivent remplir plusieurs conditions : l'application d'ici à trois ans d'ajustement structurel renforcé, l'accord conjoint du FMI, de la Banque Mondiale et du Club de Paris (composé des groupes créanciers du Nord). Selon le Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde, il serait plus réaliste de parler de 25 milliards $ plutôt que de 70. En effet, certains pays ne parviendront pas à remplir ces conditions. En outre, les chartes du FMI et de la Banque Mondiale leur interdisent de renoncer à une créance. L'initiative ressemble plus une opération de charme. Cette impression se renforce quand on prend connaissance de la déclaration du chancelier allemand, Monsieur Schröder, qui affirmait, le 21 juin, que « l'allégement de la dette n'aurait aucun coût pour le trésor allemand ». Il faut, pour comprendre les enjeux de cet allégement, savoir comment fonctionne le système de la dette des PPLE. Les prêts accordés sont des prêts à intérêt. Si le pays ne parvient pas à rembourser dans les délais, les taux d'intérêt continent à courir, ce qui peut amener à doubler (voire plus), la somme initialement prêtée. Il devient alors impossible pour l'emprunteur de rembourser. Au final, les Etats doivent donc rembourser plus que ce qu'ils reçoivent : selon Eric Toussaint, Président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde, « entre 1982 et 1999, les pays du Tiers Monde ont remboursé 4 fois ce qu'ils devaient pour se retrouver 3,5 fois plus endettés ». Loin de se contenter de la mesure de Cologne, « Jubilé Sud » (une coalition de campagnes « Dette Jubilé » et de mouvements sociaux d'Afrique, Asie et d'Amérique Latine), réclame l'annulation de la dette, qui a été payée « de multiples fois ». Un an après le sommet de Cologne, seulement neuf pays ont été retenus au titre de l'allégement, pour bénéficier d'une réduction de 40%., soit 15 milliards $. Deux ans après, 22 pays sont retenus pour un allégement d'un montant de 20,3 milliards $ (en valeur nette, soit 35 milliards de dollars en valeur nominale). Les institutions internationales ont participé à cet effort : elles contribuent pour 10,6 milliards aux 20,3 milliards d'annulation de la dette. Mais, comme le dit la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement, « la réussite à moyen terme de l'initiative PPLE, ne tient qu'à un fil : les projections sur lesquelles on s'est fondé pour déterminer l'évolution future de la viabilité de la dette reposent sur des postulats extrêmement positifs », à savoir, pour l'Ouganda, le Honduras, le Nicaragua et la Tanzanie, une prévision durant 20 ans d'une augmentation annuelle de 9% des recettes d'exportations, ainsi que d'une croissance annuelle de 6 à 10%. Sachant que les recettes d'exportation sont essentiellement basées sur les matières premières dont les prix varient facilement, on comprend que ces critères seront difficilement remplis par les PPLE. La CNUCED pointe un autre problème de l'initiative de l'allégement de la dette : quel est son effet sur la pauvreté et la démocratie ? Le faible montant accordé permet-il vraiment d'engager des réformes efficaces ? En outre, si un pays en bénéficie, il verra certainement son aide publique au développement diminuer du même montant, ce qui annulerait l'effet de l'allégement. -* La protection de l'environnement « Développement durable », « croissance soutenable », tels sont les concepts que les politiques doivent inclure dans leurs modes d'action. Faire en sorte que la croissance ne nuise pas aux générations futures est une priorité, ou du moins une priorité affichée, pas toujours respectée. -* La non prolifération des armements et le désarmement, la lutte contre la criminalité organisée Afin de garantir la stabilité et la paix internationale, les dirigeants du G8 expriment leurs souhaits de lutter contre le trafic d'armes. -* La lutte contre le sida et les maladies infectieuses Les dirigeants du G8 se disent « préoccupés » par la progression du SIDA et rappellent la nécessité de « poursuivre la lutte contre le SIDA, au niveau national et international. -* La sécurité alimentaire Les organismes génétiquement modifiés constituent le centre du débat sur la sécurité alimentaire. La France souhaite appliquer le « principe de précaution », et pour cela, elle souhaite que soit créé un Protocole International qui réglementerait la diffusion des OGM. Sur ce sujet, elle s'oppose au Canada et aux Etats-Unis, qui sont pour l'application des règles de l'Organisation Mondiale du Commerce, soit le libre échange, sans règles particulières. Finalement, la déclaration finale ne fera appel qu'à la poursuite des études dans ce domaine pour mieux connaître les enjeux du problème. - {Les décisions contenues dans la déclaration économique (à laquelle la Russie n'a pas participé) du 18 juin 1999} -* La criminalité financière, la concurrence fiscale dommageable et l'évasion fiscale internationale Les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 pointent du doigt les paradis fiscaux. Les « centres financiers offshore » empêchent la mondialisation financière de s'opérer correctement, en attirant des capitaux par une fiscalité quasi inexistante. Les instances compétentes pour lutter contre eux sont saluées et encouragées à poursuivre leur travail afin de prendre des mesures concrètes à l'encontre des pays concernés. Le Groupe d'action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI), le Forum de l'OCDE sur les pratiques fiscales dommageables et le Comité des affaires fiscales de l'OCDE doivent donc continuer à lutter contre « la fraude et l'évasion fiscales et le blanchiment de capitaux ». -* Le système financier international Face aux imperfections du système, les membres du G8 s'accordent sur la nécessité de le réformer. Mais des divergences sont apparues quant il s'est agi de préciser les modalités de ces réformes. La France penchait pour créer un Comité intérimaire du Fonds Monétaire International, en tant que conseil politique doté d'un pouvoir de décision. Mais les Etats-Unis s'y sont opposés et ont réclamé la création d'un Comité Financier et Monétaire International. Le G8 en est donc resté aux moyens de renforcer la coopération internationale, sans créer de nouvelle instance. -* La sûreté nucléaire/Ukraine Le but principal est que la centrale nucléaire de Tchernobyl soit fermée, comme le veut le Memorandum d'Accord entre le G7 et l'Ukraine, au plus tard en l'an 2000, quitte à aider l'Ukraine financièrement. - {Les décisions contenues dans la déclaration sur les questions régionales } Les dirigeants du G8 se félicitent de l'adoption du pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est à l'initiative de l'Union Européenne. Ils réaffirment leur soutien à la présence internationale civile et à la présence internationale de sécurité au Kosovo. Ils examinent également les autres zones de conflits régionaux (au Moyen Orient, Nigeria, Cachemire et Chypre). - {Les objectifs contenus dans la Charte pour l'apprentissage tout au long de la vie } Les dirigeants du G8 rappellent la nécessité d' « investir dans l'être humain ». Un capital humain performant, « c'est la clé de l'emploi, de la croissance économique et de la réduction des inégalités sociales et régionales ». Les enseignants, mais aussi les élèves et les entreprises doivent s'efforcer d'améliorer « compétences » et « savoirs ». Chacun doit donc pouvoir recevoir une éducation gratuite et laïque. C'est pour cette raison que les pays développés doivent aider les pays en voie de développement « à mettre sur pied des systèmes d'éducation complets, modernes et efficaces ».

{{Bibliographie }} - Déclaration finale du sommet de Cologne - Presse : -* Le Monde (18, 19, 21 juin 1999) -* Libération (20, 21 juin 1999) -* Le Matin (22 juin 1999) -* Alternatives économiques (numéro 192, de mai 2001, pages 26-27) - Site internet : -* [Banque Mondiale->www.worldbank.org]

 


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