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Le G8 et l’éducation universelle
BENYAMINA Renan

mardi 20 mai 2003


Le G7 et la dette
G8 et développement

{{{Sommaire}}} {{I.L'engagement des pays en développement}} {{II.L'intervention des pays développés}} {{III.Une évaluation et un suivi de meilleure qualité sont indispensables}} ----- « L'Education pour tous » fait partie de ces grands chantiers dont s'est saisi le G8 dans la perspective d'une accélération du développement mondial. En 1982 au sommet de Jomtien était initié le programme EPT. Dix ans plus tard, au sommet de Kananaskasis, les membres du G8 réaffirment leur volonté de s'attaquer à l'analphabétisme ainsi qu'aux inégalités dans l'accès à l'éducation. Entre-temps, la « Déclaration du Millénaire » de l'an 2000 classe la réalisation de l'éducation primaire pour tous et l'égalité d'accès pour les filles parmi les grands objectifs internationaux du développement. Dans cette perspective a été conçu un groupe de travail composé de hauts fonctionnaires, chargé de consulter les pays en voie développement, différentes organisations internationales concernées par la question de l'éducation et quelques autres intervenants. Le rapport établi par ce groupe semble aujourd'hui constituer la base sur laquelle sont fondées les ambitions et projets du G8 pour les années à venir. Ce rapport rappelle tout d'abord quelques chiffres inquiétants quant à l'éducation universelle : - 100 millions d'enfants dans le monde ne vont pas à l'école - 60 % de ces enfants sont des filles - Un enfant sur quatre ne termine pas cinq ans d'éducation de base - Près d'un milliard d'adultes sont analphabètes - Le VIH et les conflits violents exacerbent tous ces problèmes Il paraît essentiel de noter que ces phénomènes touchent quasiment exclusivement les pays en développement. La lutte pour « L'Education Pour Tous » s'inscrit donc dans le projet global de l'aide au pays en développement. Sur la base de ce constat alarmiste, le G8 s'est engagé à assurer la réalisation de dix objectifs : - Améliorer les soins pour la petite enfance et l'éducation - Faire en sorte que d'ici 2015 tous les enfants aient la possibilité d'accéder à un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualité et de le suivre jusqu'à son terme. - Assurer un accès équitable aux programmes ayant pour objet l'acquisition des compétences liées à la vie courante. - Améliorer de 50 % d'ici 2015 le niveau d'alphabétisation des adultes. - Eliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici 2005. - Améliorer sous tous ses aspects la qualité de l'éducation. En 2002, il apparaît que ces objectifs risquent de ne pas être réalisés : - Plus de 30 pays ne sont pas en voie de réaliser l'inscription à l'école primaire pour tous d'ici 2015. - Il semblerait que 75 % des personnes non scolarisées en 2015 seront en Afrique. - D'autre part, l'achèvement d'une éducation primaire de bonne qualité (équivalant environ à cinq ans d'enseignement) est un indicateur certain de succès. Or, près de 90 pays ne sont pas en voie de réaliser cet objectif. - Enfin, 35 pays ne sont pas en voie d'atteindre les objectifs visant à éliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici 2005. Pour encourager la réalisation de ces objectifs, trois pistes sont privilégiées : - l'engagement des pays en développement - l'intervention des pays développés - la mise en place de systèmes d'évaluation plus justes {{I.L'engagement des pays en développement}} La première nécessité pour atteindre l'éducation primaire pour tous se révèle être selon le G8 un leadership politique solide faisant preuve de transparence et d'intégrité et qui s'engage sans équivoque pour l'élimination de la pauvreté. Il est indispensable que soient instaurés dans ces pays des systèmes efficaces de gestion des dépenses publiques. Selon une étude menée par la Banque Mondiale, les pays en voie d'assurer cinq ans d'éducation primaire pour tous consacrent environ 20 % de leur budget, dont la moitié pour l'éducation primaire. Le G8 insiste sur la mise en œuvre de plans d'éducation valables, c'est-à-dire une réelle implication des Etats concernés en matière d'élimination de la pauvreté. La volonté de ces pays semble être la condition sine qua non pour des progrès sensibles. Le G8 invite également les pays en développement à porter une attention particulière à l'éducation des filles, manifestement négligée dans nombre de cas. En effet, les travaux de nombreux démographes et spécialistes du développement ont montré que l'éducation des filles est un facteur essentiel de généralisation de l'alphabétisme ainsi qu'une condition de la baisse du taux de fécondité nécessaire au développement d'un pays. L'UNICEF et l'ONU se sont depuis longtemps saisi de ce problème mais ont absolument besoin du soutien des pays concernés. Certaines populations doivent également bénéficier d'efforts particuliers : - les enfants touchés par le sida : on compte aujourd'hui 13 millions d'orphelins du sida, chiffre qui devrait être porté à 35 million d'ici 2010. Une de solutions à ce préoccupant problème pourrait résider dans le développement des groupes communautaires. - Les enfants qui travaillent ; ils représentent environ 300 millions de garçons et filles. L'Organisation Internationale du Travail s'emploie à réduire ce chiffre, le développement de l'éducation primaire pour tous appuiera efficacement ses efforts. - Les enfants touchés par des conflits ; il s'agit notamment des enfants soldats, nombreux notamment en Colombie ou en Sierra Léone. - Les enfants des régions rurales. Leur accès à l'éducation exige des coûts plus importants. Afin de s'attaquer efficacement à tous ces problèmes, le G8 rappelle la nécessité de porter les salaires des enseignants à un niveau proche de ceux des pays en voie de réaliser l'éducation primaire pour tous. D'autre part, il faut intégrer aux différents programmes éducatifs l'amélioration des formations des enseignants, notamment en s'appuyant sur l'utilisation efficace des nouvelles technologies. Enfin, l'impact du VIH sur l'enseignement doit être pris en compte dans les politiques nationales d'éducation. La maladie a décimé un nombre important d'enseignants ; leur remplacement exige selon les pays des recrutements variant entre 20 % et 60 %. Il paraît clair que l'éducation peut limiter la progression de l'épidémie et doit même en être un canal privilégié. {{II.L'intervention des pays développés}} L'implication des pays en voie développement nécessite l'appui des pays développés, notamment en termes de fonds budgétaires ainsi que d'aide à la formation professionnelle des enseignants. Il peut aussi s'agir d'un soutien en matière administrative destiné à soulager les pays en développement dans l'application de dispositifs relativement lourds. En avril 2000, les gouvernements du G8 ont convenu à Dakar « qu'aucun pays qui a pris un engagement sérieux en faveur de l'Education pour tous ne verra ses efforts contrariés par le manque de ressources. » Dans cette perspective, en mars 2002 a été adopté le consensus de Monterrey, qui établit un nouveau partenariat entre les pays en développement et les pays développés. Il permet des contributions plus importantes de la part des pays développés en échange d'une responsabilité accrue de leurs bénéficiaires. Lors du consensus de Monterrey a également été proposée une augmentation de aides financières en complément de l'Initiative en faveur des pays très endettés (PPTE). En outre, le comité de développement de la banque mondiale et du FMI a mis en place un plan d'action visant à augmenter les financements extérieurs en faveur des pays ayant pris des engagements politiques fermes à l'égard de l'éducation et qui ont des systèmes efficaces de gestion des dépenses publiques. De son coté, l'UNESCO joue depuis la conférence de Dakar le rôle de coordinateur et se charge de réunir chaque année tous les acteurs engagés dans le projet d'éducation pour tous. Le G8 invite donc l'UNESCO et la Banque Mondiale à mener des actions conjointes, notamment à travers des rencontres et des échanges d'informations. {{III.Une évaluation et un suivi de meilleure qualité sont indispensables}} Les gouvernements du G8 préconisent l'instauration d'un rapport de suivi annuel indépendant, fondé sur les renseignements et analyses accessibles. Les outils d'évaluation qui existent aujourd'hui doivent être améliorés afin d'assurer une plus grande responsabilisation face aux résultats. Cette évaluation est prise en charge par l'institut de statistique de l'UNESCO et la Banque mondiale qui collaborent pour accroître la qualité, la communication en temps voulu et l'actualisation des statistiques relatives à l'éducation. Finalement, le projet d'éducation universelle du G8 correspond aux objectifs onusiens ; cette reprise est susceptible d'apporter du crédit et des fonds budgétaires, nécessaires à l'ambitieuse entreprise. La banque mondiale estime en effet que 10-15 milliards de dollars par an, dont 4 milliards de la part des pays donateurs, seront nécessaires.

 


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