retour accueil WebDoc retour rubrique


Sommet d'Evian

Déclarations officielles

Documents officiels

Documents critiques

Travaux des étudiants

Sommet de Lyon

Base de données

Rechercher



G8 et développement
NOUGARET Agathe

mardi 20 mai 2003


Le G8 et l’éducation universelle
Le G7 et la dette

{{{Sommaire}}} {{I/ LA DETTE DES PAYS PAUVRES}} {1) Un handicap qui s'aggrave} {2) L'initiative en faveur des PPLE} {{II/ LE PARTENARIAT AFRICAIN (NEPAD)}} {1) Le modèle Sud-africain} {2) Limites et hypocrisies du NEPAD} {{III/ L'EAU, UN NOUVEL ENJEU}} {1) Une situation dramatique} {2) De nouvelles perspectives} ----- Depuis le sommet de Toronto en 1988, le G7, devenu aujourd'hui G8, n'a eu de cesse d'affirmer sa préoccupation pour le développement des pays en voie de développement (PVD) et notamment des pays les moins avancés (PMA). Chaque année, des questions concernant la coopération et l'aide internationale sont mises à l'ordre du jour des sommets du G8 et des réunions préparatoires des ministres du développement des pays du G8 se tiennent avant chaque sommet. A Gênes, en 2001, la mise en place du nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) a constitué le thème majeur du sommet ; à Kananaskis, en 2002, l'éducation était placée au premier plan. Cette année, à Evian, le développement sera abordé sous un angle nouveau, celui de l'accès à l'eau, tout en maintenant les problématiques liées aux services publics, à la santé ou à l'éducation. {{I/ LA DETTE DES PAYS PAUVRES}} {1) Un handicap qui s'aggrave} La dette est un problème récurrent dans les pays en voie de développement. Si les emprunts sont vitaux pour les pays pauvres, assumer une dette publique de plus en plus lourde s'avère très difficile. Aujourd'hui, parmi les PMA, le service de la dette publique dépasse le montant de l'aide internationale annuelle. La situation est aggravée par une baisse significative de l'aide au développement de la part de pays comme les USA ou le Canada au fil des années. De ce fait, il n'est pas étonnant de constater que la dette de l'Afrique, qui s'élevait à 176.9 milliards de dollars en 1990, est aujourd'hui égale à 231 milliards de dollars. {2) L'initiative en faveur des PPLE} Les pays pauvres lourdement endettés (PPLE) ont fait l'objet d'une attention particulière à partir du sommet de Lyon, en 1996. Les travaux menés depuis, en coopération avec le Club de Paris et des créanciers bilatéraux et multilatéraux, avaient pour objectif premier de limiter l'accumulation des dettes. Or, la situation dramatique des PPLE, à nouveau à l'ordre du jour du sommet de Cologne (1990) a conduit le G7 sur la voie d'un allŽgement plus rapide, plus complet et plus étendu de la dette des PPLE. Les bonnes résolutions du G7 n'ont cependant pas eu le succès escompté car elles impliquaient le FMI ou la banque mondiale qui ne les ont pas appliquées. La politique de ces organisations internationales, pénalisant les PPLE au lieu de réduire leur dette, a contribué à maintenir, voire à aggraver le problème des PVD qui restera un point central du sommet d'Evian. {{II/ LE PARTENARIAT AFRICAIN (NEPAD)}} {1) Le modèle Sud-africain} Le nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) se met en place depuis 2001 et le sommet de Gênes. Ce plan est dû en grande partie à la détermination de Thabo Mbeki, le président de l'Afrique du Sud, qui cherche à étendre à toute l'Afrique les principes de son programme de développement GEAR (Growth, Employment And Redistribution) déjà appliqué dans son pays. Le NEPAD, souvent qualifié de "Plan Marshall pour l'Afrique", a pour principe la création d'un environnement "investor friendly", c'est-à-dire favorable à l'investissement étranger, qui passe par une déréglementation importante en ce qui concerne les investissements, une large ouverture aux partenariats public-privé, et une certaine austérité fiscale et monétaire. De plus, la création d'un Fond Mondial Santé est envisagée dans le NEPAD, afin d'aider l'Afrique à lutter contre le Sida, le paludisme et la tuberculose, trois maladies qui touchent particulièrement cette zone. {2) Limites et hypocrisies du NEPAD} Si le NEPAD est applaudi par le FMI, l'OMC ou la Banque Mondiale, il est largement critiqué par des ONG, des chefs d'Etat africains ou des économistes car il ne rompt pas avec les politiques antérieures, qui ont montré leur échec. L'esprit est toujours le même : le développement de l'Afrique ne peut se faire que par l'intégration à la mondialisation. Ainsi, l'aide au développement des infrastructures vise à augmenter la qualité des services tout en faisant baisser les coûts, afin que les pays riches puissent profiter de cette économie plus performante. Les conditions d'élaboration du programme sont également la cible des sceptiques du NEPAD : les ONG africaines, les syndicats n'ont pas pu participer à la mise en place de ce plan. On peut donc craindre une situation analogue à celle de l'Afrique du Sud, qui voit sa population défavorisée souffrir de la privatisation de nombreux services publics, notamment la distribution d'eau ou d'électricité. A l'échelle de l'Afrique, les risques sont immenses si les services se dégradent (épidémie de choléra notamment). {{III/ L'EAU, UN NOUVEL ENJEU}} {1) Une situation dramatique} On estime que 7 millions de personnes, dont 2 millions d'enfants, meurent chaque année de maladies dues à la contamination de l'eau. Actuellement, 30 % de la population mondiale n'a pas assez d'eau. En 2025, ce sera le cas de 50 %. Tels sont les chiffres fournis par le Conseil Mondial de l'Eau qui a organisé un forum sur le sujet en mars 2003. Le secteur de l'eau est sujet à un sous-investissement quels que soient les pays concernés, au mépris de la catastrophe écologique et humaine qui peut résulter de cette situation. Ceci fait dire à William Cosgrove, vice-président du Conseil Mondial de l'Eau, que "la crise de l'eau menace plus d'êtres humains que les armes de destructions massives". Malgré de telles données, la communauté internationale ne s'est pas encore donné les moyens d'agir pour la distribution et le traitement des eaux. Le Conseil Mondial de l'Eau est un organisme privé, ce n'est pas une instance intergouvernementale. A l'ONU, 23 agences traitent ce dossier sous ses différents aspects. De plus, il n'existe pas d'observatoire mondial de l'eau, ce qui prive les scientifiques de statistiques fiables. {2) De nouvelles perspectives} Depuis le Forum International de l'Eau de Kyoto, la communauté internationale se montre plus à l'écoute des problèmes environnementaux et humains liés à l'eau. Déjà au Sommet du Millénaire (2000) et au sommet de Johannesburg (2002), les pays signataires s'engageaient à diminuer de moitié d'ici à 2015 le nombre de personnes ne disposant pas d'accès à l'eau potable ni de l'épuration des eaux usées. Le forum de Kyoto a soulevé des problèmes plus généraux comme la création d'un observatoire mondial de l'eau ou d'une instance internationale régulatrice en la matière, mais ces propositions n'ont pas abouti. Le G8 d'Evian va donc être l'occasion, à l'initiative du président Chirac, de débattre sur ce problème qui freine actuellement le développement d'une partie du monde mais qui concerne également la menace future de nombreux écosystèmes. Ainsi le rapport Camdessus, qui propose de nouvelles formes de financement des investissements de l'eau (appel à l'épargne locale, nouvelle solidarité internationale), sera examiné par les chefs des huit Etats les plus riches du monde. Il est curieux de constater que, lorsque les pays riches se réunissent, ils parlent toujours, et avant tout, des pauvres. Cette attitude suscite beaucoup d'espoirs, mais l'hypocrisie ou l'inefficacité des propositions est souvent criante, du fait de l'écartement systématique de la société civile des pays intéressés (ONG, syndicats). Lorsque les représentants politiques des pays concernés sont présents, une asymétrie de statut entre membres et non membres du G8, débiteurs et créditeurs, constitue une entrave à la mise sur pied de projets cohérents et à long terme. Le G8 est-il un cadre approprié pour parler de développement mondial ? L'Organisation des Nations Unies, qui possède un organe spécifique (le PNUD) et représente tous les pays concernés serait un organe de décisions plus légitime. Les nations les plus riches n'accepteraient pas de voir leur argent administré par d'autres pays, ce qui conduit à une telle situation, où l'ONU ne fait qu'entériner les propositions du G8.

 


Page de Bienvenue IEP

Les documents sont publiés par le Service de Documentation de l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon (I.E.P).
La reproduction est autorisée sauf à des fins commerciales et sous réserve de la mention d'origine.
© Institut d'Etudes Politiques de Lyon
Pour tout renseignement complémentaire, contactez-nous. plan du serveur G7/G8
http://g7.sciencespo-lyon.fr