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G8 et Sécurité nucléaire
HUSSON Marie-Caroline - TREMEAUD Sophie

mardi 20 mai 2003


La déclaration sur les armes conventionnelles et nucléaires, biologiques et chimiques
Le G8 et les mines antipersonnel

{{{Sommaire}}} {{Le temps de la Guerre froide}} {{L'après-Guerre froide : Vers la fin du nucléaire ?}} {{Après le 11 septembre: un retour du nucléaire?}} {{Chronologie sommaire }} {{Sources - Bibliographie }} ----- La fonction première du G8 est d'amener les leaders des principaux pays industrialisés à se rencontrer pour réfléchir ensemble sur les grands problèmes économiques mondiaux. Cependant ils sont aussi amenés à se prononcer sur les questions majeures de politique internationale. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la question de la sécurité nucléaire revêt une importance primordiale et fait partie de ces enjeux capitaux sur lesquels toute institution qui se veut crédible et responsable doit se prononcer. Le G8 semble accorder un intérêt particulier à la sûreté nucléaire puisqu'il a créé en son sein un groupe de travail chargé de se pencher sur la question. Nous décrirons les positions prises à ce sujet par le G8 au regard de l'évolution du contexte politique international. {{Le temps de la Guerre froide}} Lors des premiers sommets du G8, de 1975 à 1979, l'URSS monte en puissance par rapport aux Etats-Unis. Profitant quelque peu de la crise économique qui affecte l'Occident, l'URSS étend son influence en Afrique alors que les Etats-Unis reculent en Extrême-Orient et en Amérique centrale. Dans ce contexte, l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques en 1979 relance la Guerre froide et remet en question les premiers accords visant à limiter les arsenaux puisque les accords SALT II signés en 1979 ne sont pas ratifiés par le Sénat américain. Le retour des tensions sur la scène internationale s'exprime aussi par la crise des Euromissiles qui secoue l'Europe occidentale. Dans ce contexte, le G8 affirme clairement sa position sur la sécurité nucléaire internationale. Jusqu'en 1989, il reste fidèle à l'idée de la nécessité d'une force nucléaire défensive conséquente pour dissuader l'ennemi soviétique. A Ottawa en 1981, le Premier ministre canadien Trudeau, dans le discours de clôture du sommet, déclare que « les relations Est-Ouest ont été affectées par le développement des forces armées soviétiques et par sa présence grandissante dans le monde » et justifie par les agissements soviétiques les nouvelles orientations prises en faveur de l'armement nucléaire. Cependant, tout en se prononçant à nouveau en faveur de la stratégie de dissuasion nucléaire, le G8 ne cesse de rappeler et d'encourager les accords visant à instaurer un arms control efficace et effectif. En 1983, à Williamsburg, il affirme souhaiter l'aboutissement des prémices de négociation sur les accords START. Cette attitude mêlant l'ouverture à la négociation et dissuasion n'est pas sans rappeler l'attitude de l'OTAN, notamment lors de la crise des Euromissiles. En 1979, après l'installation en Europe de l'Est des missiles SS-20 soviétiques à portée intermédiaire dirigés vers l'Europe occidentale, l'OTAN avait décidé de tenter de chercher un accord pour résoudre le crise, tout en préparant un déploiement de missiles américains sur le territoire européen. Fidèle à l'idée d'une dissuasion nucléaire réciproque garantissant la sécurité nucléaire internationale, le G8 ne fera pas varier sensiblement sa position jusqu'en 1985. On peut néanmoins remarquer qu'il reste silencieux sur certains changements des données stratégiques qui ont lieu durant ces années. En effet, en 1983, le projet IDS (Initiative de Défense Stratégique) du Président Reagan rompt avec la doctrine MAD (Mutual Assured Destruction) et les dernières avancées technologiques sur les armes nucléaires tactiques à effet limité, utilisables sur le champ de bataille, remettent en question l'équilibre de la terreur garant de la sécurité nucléaire mondiale. De plus, à partir de 1985, les changements survenus en URSS avec l'arrivée de Gorbatchev au pouvoir n'affectent pas la position de l'organisme. Le nouveau Secrétaire général n'est pas félicité pour sa volonté d'ouverture, et même après les accords INF (Intermediate Range Nuclear Forces) de décembre 1987, à Toronto en 1988, les leaders des sept pays les plus industrialisés se contentent de « congratuler le Président Reagan pour ce qu'il a déjà accompli, en accord avec le Secrétaire général Gorbatchev (...) alors que l'initiative appartenait aux deux partis ». Il est vrai que la catastrophe de Tchernobyl avait soulevé un tollé dans le monde et l'attitude de l'URSS avait alors fait l'objet de critiques vigoureuses justifiées de la part du G8 au sommet de Tokyo en mai 1986. Malgré tout, le G8 confirme une nouvelle fois son rôle de porte-parole des démocraties capitalistes occidentales face au reste du monde. Les accords START de 1991 représentent un tournant dans l'histoire de la sécurité nucléaire. Pour la première fois, les deux superpuissances acceptaient de réduire leurs arsenaux. Bien évidemment, le G8 accueille favorablement l'accord conclu entre les USA et l'URSS vu comme un progrès en faveur d'un monde plus stable et plus pacifique. Cependant, avec la chute de l'empire soviétique, la sûreté nucléaire mondiale va de nouveau être largement remise en question. En effet, la prolifération nucléaire qui avait débuté bien avant 1991 va reprendre de plus belle avec l'éclatement de l'URSS. Le G8 va donc désormais se tourner vers ce nouveau défi pour la sécurité internationale. {{L'après-Guerre froide : Vers la fin du nucléaire ?}} La fin de l'affrontement Est-Ouest a accéléré une dénonciation du nucléaire militaire qui était peu ou prou toléré jusqu'alors. Avec la fin du monde bipolaire, les Occidentaux n'ont plus d'ennemis directs. La menace nucléaire ne réside plus seulement à l'Est mais aussi au Sud. Dès 1984, dans leur communiqué de Londres, les leaders du G8 affirment que « l'Est et l'Ouest ont un intérêt commun : prévenir la prolifération des armes nucléaires ». Ainsi le G8 se place dans la lignée des Traités de Non-Prolifération qui, entre autres, invitent les pays non-nucléaires à se priver des moyens de posséder eux-mêmes des armes nucléaires. Au sommet de Houston en 1990, tout une partie du communiqué officiel concerne ce problème de la non-prolifération. Rappelant la déclaration de Dublin du Conseil de l'Europe qui visait à encourager un régime effectif de contrôle international pour éviter cette propagation des armes atomiques, le G8 proclame son attachement à un tel contrôle qui résoudrait selon lui le problème et permettrait « le développement des usages spécifiques et sûrs de l'énergie nucléaire ». Ce vœu lui sera d'autant plus cher après la Guerre du Golfe que celle-ci aura révélé les dangers potentiels de toute prolifération. Dans le même esprit, le G8 soutient l'action de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique. Il félicitait par exemple en 1991 le Brésil et l'Argentine pour leur accord avec cet organisme ainsi que l'Afrique du Sud pour son adhésion au TNP. Plus d'une cinquantaine d'Etats ont d'ailleurs adhéré au début de la décennie au TNP. Le TNP constitue la première barrière juridique à la non-prolifération nucléaire, d'autant qu'il s'agit d'un des Traités internationaux les plus universels. En revanche, il ne cessait d'encourager les pays non-signataires à y adhérer. Ce fut le cas pour la Corée du Nord, pour l'Inde, le Pakistan ainsi que pour les pays de l'ex-URSS tels l'Ukraine et le Kazakhstan dotés d'arsenaux nucléaires surdimensionnés. La justification donnée étant de prévenir tout conflit régional. En 1995, les cinq puissances nucléaires ont prorogé pour une durée indéfinie le TNP (entré en vigueur en 1970 pour une durée de 25 ans), et adopté un « Programme d'action » en matière de désarmement nucléaire. Ils se sont en outre engagés à ne pas attaquer ou menacer d'attaquer des pays non nucléaires avec leurs armes atomiques. En 2000, la Conférence d'examen du TNP marque une nouvelle étape vers la sécurité nucléaire. A ce jour, seuls l'Inde, le Pakistan, Israël et Cuba n'ont pas signé ce Traité. Au sommet d'Okinawa, au Japon, en 2000, les membres du G8 ont réaffirmé leur engagement pris au sommet de Moscou en 1996 « d'accorder la priorité dans l'utilisation de l'énergie nucléaire et d'établir des normes de sécurité élevées dans le monde entier. » {{Après le 11 septembre: un retour du nucléaire?}} Dire que les évŽnements du 11 septembre ont radicalement modifié la donne internationale tient du lieu commun. Cette remarque vaut également pour le nucléaire, en partie du moins : si les attaques terroristes n'ont eu aucune incidence en ce domaine, elles ont en tout cas activé l'évolution du paysage nucléaire. Lors du sommet de Kananaskis de 2002 au Canada, Georges W. Bush a convaincu ses partenaires d'amplifier le programme de non-prolifération nucléaire : ainsi, les pays se sont engagés financièrement à rassembler d'ici 10 ans jusqu'à 20 milliards de dollars. Ces fonds devraient servir « dans un premier temps en Russie » et dans les anciens pays de l'Union Soviétique afin d'éviter les dangers liés au nucléaire. On peut néanmoins s'interroger sur la cohérence de la position des Américains, puisqu'ils semblent être prêts à utiliser les armes nucléaires pour lutter contre les Etats appartenant soi-disant à « l'axe du mal ». Afin de s'assurer une plus grande indépendance dans le domaine du nucléaire, les Etats-Unis ont signé en mai 2002 avec la Russie le Strategic Offensive Reductions Treaty leur permettant de développer leur arsenal nucléaire en dehors des limites précises d'un traité ; il permet en outre aux deux parties de revenir au bout de 10 ans au niveau de forces qu'elle souhaite et de se retirer à tout moment dans un délai de 90 jours. Une telle politique remet en question les avancées du TNP, en cherchant à développer des armes nucléaires nouvelles et en refusant toute réduction irréversible en matière d'armement. Depuis janvier 2003, le Congrès américain examine un programme s'appuyant sur des recommandations toutes ciblées sur le renforcement et la pérennisation de l'arsenal nucléaire américain. Les Etats-Unis doivent en outre décider en août 2003 de s'équiper de nouvelles armes nucléaires. Tout cela montre la mutation profonde qui s'opère dans la politique nucléaire américaine et qui va à l'encontre de la préférence européenne pour des arrangements de contrôle des armes et de non-prolifération multilatéraux vérifiables. Pour conclure, quelques remarques s'imposent sur ces positions du G8 vis-à-vis de la sécurité nucléaire internationale. On peut lui reprocher de se contenter de déclarations d'intention générale et de ne pas posséder de moyens d'action efficaces qui lui permettraient d'affirmer sa position et de la mettre en œuvre. A l'approche du sommet du G8 à Evian-les-Bains, on peut craindre un désaccord entre les deux rives de l'Atlantique à ce sujet, d'autant plus que l'Union Européenne ne parvient pas à une position commune. {{Chronologie sommaire}} - 1975 :premier sommet du G7 - 1977 : début de la crise des Euromissiles -1979 : invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques / Accords SALT II non ratifiés par le sénat américain - 1983 : Missiles à portée intermédiaire américains installés sur le territoire européen / projet IDS du Président Reagan - 1985 : Gorbatchev Secrétaire général du PCUS - 1986 : Tchernobyl - 1987 : Accords de Washington sur les INF - 1990 : Guerre du Golfe - 1991 : Accords START / dissolution officielle de l'URSS - 1995 : TNP définitif / Traité de Bangkok créant des zones exemptes d'armes nucléaires en Asie du Sud-Est - 1996 : Traité de Pelindaba créant des zones exemptes d'armes nucléaires en Afrique / Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE), signé par 158 Etats, dont les cinq dotés de l'arme nucléaire (à savoir la France, les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni et la Chine) - 1998 : Accord germano-franco-russe sur le démantèlement des armes nucléaires russes - 2000 : Conférence des Etats parties au TNP : engagement sans équivoque d'accomplir l'élimination totale de leurs arsenaux nucléaires - 2001 : Attentats du World Trade Center

{{Sources - Bibliographie }} - Sur l'Internet: [Serveur de l'Université de Toronto-> http://www.g8.utoronto.ca/] - Jean-Louis Dufour et Maurice Vaïsse, La Guerre au XXème siècle, Hachette supérieur, Paris, 1993, pp. 81 à 111. - Le Monde, L'Histoire au jour le jour : la Guerre froide (1944-1994), Le Monde Editions, Paris, 1994, 175p.

 


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