retour accueil WebDoc retour rubrique


Sommet d'Evian

Déclarations officielles

Documents officiels

Documents critiques

Travaux des étudiants

Sommet de Lyon

Base de données

Rechercher



Le G8 et l’ex-Yougoslavie
DEDAJ Céline

mardi 20 mai 2003


Le G8 et Hong Kong
Le G7 et la Chine
Le G8 et Chypre
Du G7 au G8 : la Russie entre dans la cour des grands
G8 et l’Afrique du Sud

{{Remarque préliminaire :}} La République fédérale de Yougoslavie a pris fin le 4 février 2003. Née de l'idée de la proximité linguistique ou ethnique des Slaves du Sud, le "royaume de Yougoslavie" est proclamé en octobre 1929, et regroupe la Serbie, la Croatie et la Slovénie. Mais dès 1934, les nationalismes s'exacerbent dans le royaume, ouvrant la voie au fédéralisme. La Yougoslavie est démembrée pendant la Seconde guerre mondiale, en 1941, puis reconstituée sous Tito à la fin de la guerre. Elle comprend désormais six républiques : la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Macédoine, le Monténégro, la Serbie (dont une des provinces est le Kosovo) et la Slovénie. Le choix du fédéralisme devait résorber les conflits nationaux de l'ancien royaume. Mais la limitation de l'autonomie des républiques par le pouvoir central a à nouveau révélé les revendications indépendantistes. Malgré des réformes, entre 1967 et 1974, la République socialiste fédérative de Yougoslavie (RSFY) éclate. Le 25 juin 1991, la Slovénie et la Croatie proclament leur indépendance. La Yougoslavie entre alors en guerre civile. La Macédoine fait sécession en septembre 1991, la Bosnie-Herzégovine en mars 1992. La Serbie et le Monténégro proclament en avril 1992 la République fédérale de Yougoslavie (RFY), reconnue sur le plan international lors de la signature des accords de Dayton en décembre 1995. Au printemps 1999, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) intervient pour tenter de mettre fin au conflit. Enfin, le 4 février 2003, la République de Serbie-Monténégro est proclamée, enterrant définitivement l'ex-Yougoslavie. {{NB :}} La résolution 827 du 25 mai 1993 du Conseil de sécurité des Nations-Unies a institué le Tribunal pénal international de La Haye, compétent pour les cas des « personnes présumées responsables de violations graves du droit humanitaire international commises sur le territoire de l'ex-Yougoslavie depuis 1991 ». ----- Lors du sommet de Paris, en 1989, le Premier ministre italien Fanfani avait proposé que le forum du G7 œuvre pour éviter un conflit en Yougoslavie. Mais avec la chute du communisme en Europe centrale, ses collègues n'en ont pas saisi l'occasion. Ce n'est donc qu'après que la guerre civile se soit déclarée, en 1991, que le G7 a pris position sur ce thème. En effet, dans la déclaration politique du sommet de Londres de 1991, les membres du G7 ont affirmé que les peuples de Yougoslavie avaient droit à l'autodétermination, c'est-à-dire qu'ils devaient décider eux-mêmes de leur avenir. Ils ont à nouveau demandé aux forces belligérantes d'établir un cessez-le-feu permanent. Ils ont en outre réaffirmé leur soutien à toute initiative pour établir des négociations de paix visant notamment au respect des droits de l'Homme, en particulier ceux des minorités et le droit à l'autodétermination des peuples, ainsi que du droit international, en particulier celui relatif au respect de l'intégrité territoriale des Etats. Le sommet du G7 de Munich (Allemagne), en 1992, a donné lieu à une Déclaration sur l'ex-Yougoslavie. Les membres se sont présentés comme « profondément concernés » par la crise yougoslave. Ils ont fermement condamné l'utilisation de la violence et ont déploré la souffrance induite de la population, en particulier civile. Ils ont ainsi condamné la politique d'« épuration ethnique » et ont tenu pour majoritairement responsables de la situation le gouvernement serbe et son armée. Ils ont également insisté sur la nécessité que les autorités yougoslaves se montrent déterminées à rétablir la paix. Ils ont qualifié la situation humanitaire, en particulier en Bosnie et en Herzégovine, d'« inacceptable ». Ils ont ainsi appelé les autorités yougoslaves à permettre à l'aide humanitaire d'être acheminée vers la population, en particulier à Sarajevo, en Bosnie et en Herzégovine. Ils ont même « averti » les autorités (légales et illégales), qui mettraient en danger le personnel participant à l'aide humanitaire. Ils ont également évoqué le problème des réfugiés et personnes déplacées, pour lesquels ils se sont engagés à rechercher des fonds. Ils ont en outre rappelé que les autorités serbes devaient respecter les droits des minorités, stopper la répression au Kosovo et engager de sérieuses négociations pour la définition d'un statut d'autonomie du Kosovo. Ils ont également rappelé que les résolutions des Nations-Unies, en particulier la résolution 757, devaient être mises en œuvre. De même, ils ont soutenu l'action du plan de paix des Nations-Unies pour la Croatie et ont demandé aux Serbes et aux Croates de collaborer pour son succès. Ils ont souligné que la Serbie et la Croatie devaient respecter l'intégrité territoriale de la Bosnie et de la Herzégovine. De même, ils ont appelé les forces belligérantes à veiller à ce que le conflit ne s'étende pas à d'autres régions yougoslaves. Enfin, ils ont refusé de reconnaître la Serbie et le Monténégro comme les seuls héritiers de l'ex-Yougoslavie, et ont ainsi enjoints les institutions internationales à en faire de même. En 1993, au sommet de Tokyo (Japon), face à la rapide détérioration de la situation, les membres du G7 ont réaffirmé leur engagement à préserver l'intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine et à négocier un accord conforme à la Conférence de Londres. Seul un accord négocié équitablement entre les parties serbe, croate et bosniaque serait acceptable. De même, ils n'accorderaient aucune aide à la reconstruction de la Yougoslavie si les autorités serbe et croate n'honoraient pas leurs engagements vis-à-vis de la Bosnie. Enfin, ils se sont eux-mêmes engagés à participer à la mise en œuvre de la résolution 836 du Conseil de sécurité. A Halifax (Canada), en 1995, la présidence du sommet a fait une nouvelle déclaration. Craignant une nouvelle escalade de la violence du conflit en Bosnie, en particulier à Sarajevo, les membres du G7 ont appelé toutes les forces belligérantes à œuvrer pour le maintien de la paix. Ils ont également fait appel aux Serbes de Bosnie et à la Fédération de Bosnie-Herzégovine pour établir un moratoire sur les opérations militaires et permettre aux négociations politiques d'avoir lieu. Ils ont également enjoint les républiques de l'ex-Yougoslavie à se reconnaître mutuellement, notamment à reconnaître leurs frontières. Ils ont ainsi salué la construction de la Fédération de Bosnie-Croatie - bien qu'ils restent conscients du risque de nouveaux affrontements en Croatie - et la stabilisation de la situation en république macédonienne. A Lyon, en 1996, les membres du G7 ont pris des décisions concernant la Bosnie et la Herzégovine en particulier. Ils ont réaffirmé leur soutien à un accord de paix et à un Etat de Bosnie-Herzégovine démocratique et pluraliste bipartite. Ils ont également rappelé que la responsabilité de la réussite de cet Accord de paix incombait principalement aux différentes communautés de la région et à leurs dirigeants. Concernant les élections et les institutions du pays, ils ont manifesté leur volonté de participer à leur organisation et à leur succès. Concernant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), ils se sont également montrés prêts à contribuer à ce que les personnes sous mandat d'arrêt international soient effectivement traduites en justice à La Haye. Ils ont même insisté pour que Monsieur Karadzic soit écarté immédiatement et définitivement de toute fonction publique. Mais pour permettre à l'Accord de paix d'être mis en œuvre, ils se sont prononcés pour l'application d'une loi d'amnistie relativement étendue. Ils ont pris note du Plan de Consolidation proposé par la France, en le replaçant dans le cadre du Conseil pour la Paix qui avait eu lieu à Florence. Concernant la reconstruction, qu'ils considèrent comme essentielle au rétablissement durable de la paix, ils ont encouragé toute assistance économique. Concernant les réfugiés, ils en ont demandé la prise en charge par les signataires de l'Accord de paix, avec l'aide des organisations internationales. Enfin, concernant la question de la sécurité dans la région, ils ont rappelé l'importance de respecter le calendrier fixé à Florence. Le sommet de Denver (Etats-Unis) en 1997 a également donné lieu à une Déclaration concernant la Bosnie-Herzégovine. Les membres du G8 ont ainsi rappelé leur engagement à mettre en œuvre l'Accord de paix de 1995 et à instaurer un Etat de Bosnie-Herzégovine « unique, démocratique, prospère et multiethnique ». Ils ont précisé que « pour garantir la responsabilité de toutes les Parties, la totalité de l'aide qu'ils entendent apporter dépendra de la mise en oeuvre intégrale, par elles, de tous les aspects de l'Accord de paix. ». Ils ont en outre rappelé que les autorités devaient respecter les droits des réfugiés et des personnes déplacées, et les ont incitées à les aider à rentrer chez eux. Ils ont enfin rappelé l'importance de la soumission de toutes les forces belligérantes à la justice internationale, c'est-à-dire au TPIY. Au sommet de Birmingham (Royaume-Uni), en 1998, les membres du G8 ont fait une Déclaration régionale sur l'ex-Yougoslavie et le Kosovo. Ils se sont montrés très inquiets de la persistance de la violence au Kosovo, redoutant une nouvelle guerre dans la région. Mais ils ont accueilli positivement la première rencontre des parties en conflit, organisée notamment pour résorber la situation au Kosovo. Ils y ont également rappelé leur rejet de toute utilisation de la violence par quelque partie que ce soit. Ils ont également rappelé aux parties que le problème des réfugiés et des personnes déplacées devait être résolu par les autorités. Ils les ont de plus averti que sans évolution démocratique significative, le pays resterait isolé sur le plan international. Ils ont enfin rappelé l'importance que les prochaines élections au Monténégro se déroulent de manière démocratique. Concernant la Bosnie-Herzégovine, ils ont accueilli positivement l'évolution de sa situation. Restait cependant à y consolider la paix, à organiser le retour des réfugiés et à y développer la démocratie. Ces déclarations reprenaient les conclusions des ministres des Affaires étrangères du G8 du mois de mai. A Cologne (Allemagne) en 1999, les ministres des Affaires étrangères du G8 ont élaboré un Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est avec ceux des Balkans, d'Europe centrale et orientale, de la Turquie et des représentants des principales institutions internationales, hors du cadre du sommet, à l'initiative de l'Union Européenne (UE). Lors du sommet de Cologne, dix jours après cette rencontre, les membre du G8 se sont félicités de la signature du Pacte de stabilité. Ils ont par ailleurs affirmé que la résolution du conflit au Kosovo était une condition nécessaire à la mise en œuvre de ce pacte, dont la responsabilité de la réussite incombait principalement aux pays de la région. Ils se sont d'ailleurs montrés plutôt satisfaits de l'évolution de la situation au Kosovo, soutenant fortement la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Ils ont appelé tous les habitants du Kosovo à contribuer à l'établissement d'un Etat kosovar démocratique et multiethnique. Ils se sont également engagés à contribuer à l'aide humanitaire à court terme, à œuvrer pour sécuriser le retour des réfugiés et des populations déplacées et à coopérer sans restriction avec le TPI pour l'ex-Yougoslavie. Ils ont enfin affirmé que le G8 avait joué un rôle « clé » dans la résolution de la crise du Kosovo, ce qui les incitait à se donner rendez-vous régulièrement par la suite pour suivre les progrès accomplis. Auparavant, les ministres des Affaires étrangères du G8 s'étaient également réunis à Cologne. Mais contrairement aux chefs d'Etats et de gouvernements, ils s'étaient montrés plus inquiets quant à la situation au Kosovo, où la violence et la répression ne leur semblaient pas complètement éradiquées. En revanche, ils avaient accueilli favorablement l'Accord Militaire Technique signé en juin. Cette réunion avait également pour objectif de préparer le prochain Conseil de sécurité des Nations-Unies pour adopter rapidement une nouvelle résolution. Au sommet d'Okinawa, en 2000, le G8 s'est à nouveau montré « déterminé à soutenir la paix, la stabilité, l'investissement national et étranger, et le développement en Europe du Sud-Est ». Ils ont à nouveau rejeté la violence comme force d'action positive dans ce conflit. Ils ont également rappelé l'importance à leurs yeux de la multiethnicité comme composante des futures démocraties balkaniques. Le Pacte de stabilité leur a semblé un outil efficace de coordination. Ils se sont d'ailleurs engagés à honorer leurs engagements financiers pour sa mise en œuvre, ainsi que pour celle des projets de reconstruction de la région d'autres organisations internationales. Ils ont en outre réaffirmé leur détermination à faire appliquer la résolution 1244 du Conseil de sécurité. De même, l'évolution monténégrine leur semblait satisfaisante. En revanche, ils se sont montré inquiets devant les velléités de réforme constitutionnelle de Belgrade, qui risquaient de compromettre la pacification de la région. Les ministres des Affaires étrangères avaient auparavant également rappelé l'importance de respecter les accords de Dayton et ils avaient conclu que « la stabilité et le développement durable de l'Europe du Sud-Est dépendent des efforts déployés en faveur du renforcement de la coopération politique, économique, sociale et culturelle dans la région, efforts visant à favoriser l'harmonie entre les groupes ethniques en présence ». A Gênes, en 2001, ils ont rappelé l'importance de stabiliser la région des Balkans, en réussissant le processus de paix en ex-Yougoslavie. Les membres du G8 ont ainsi rappelé le rôle primordial que devaient jouer les autorités locales dans cette réussite. Ils ont également rappelé l'importance de refuser d'utiliser la violence et de promouvoir la tolérance et la démocratie pour le règlement du conflit. Ils ont en outre rappelé que les parties devaient respecter leur intégrité territoriale mutuelle. Cette prise de position faisait immédiatement suite à la rencontre des ministres des Affaires étrangères de Rome, où avait également été réaffirmée la volonté des membres du G8 de voir appliquer la résolution 1244, les accords de Dayton et les décisions du TPIY, Slobodan Milosevic devant notamment y être jugé. Ils ont également rappelé que la coopération intra-régionale aux Balkans devait favoriser leur développement et leur stabilité. A Whisler (Canada), les ministres des Affaires étrangères du G8 se sont réunis en 2002 et ont à nouveau évoqué la situation des Balkans, « notant les progrès réalisés en faveur de la paix, de la stabilité, de la démocratie et de la coopération régionale (…), lesquels visent à accroître la capacité de gouverner efficacement ».

{{Bibliographie}} - [Site Internet de l'Université de Toronto (Canada) et le centre d'information sur le G8->http://www.g7.utoronto.ca]: -* www.g7.utoronto.ca/summit/1991london/political.html -* www.g7.utoronto.ca/summit/1992munich/yugoslavia.html -* www.g7.utoronto.ca/summit/1993tokyo/political.html -* www.g7.utoronto.ca/summit/1995halifax/yugoslavia.html -* www.g7.utoronto.ca/summit/1995halifax/chairman.html -* www.g7.utoronto.ca/francais/1997denver/bosnie.html (en français) -*www.g8.utoronto.ca/summit/2000okinawa/region.htm (en anglais) -* www.g7.utoronto.ca/summit/1996lyon/bosnia.html -* www.g7.utoronto.ca/summit/1997denver/bosnia.htm (en anglais) -* www.library.utoronto.ca/g7/foreign/fm980509.htm -* www.g7.utoronto.ca/francais/1998birmingham/regional.html (en français) -*www.g7.utoronto.ca/summit/1998birmingham/regional.htm (en anglais) -* www.library.utoronto.ca/g7/foreign/fm9906010.htm -* www.g7.utoronto.ca/summit/1999koln/pact.htm -* www.g7.utoronto.ca/summit/1999koln/regional.htm -* www.g7.utoronto.ca/francais/2000okinawa/regionales.html (en français) -* www.g7.utoronto.ca/francais/2000okinawa/conclusion.html (en français) -* www.g7.utoronto.ca/conferences/2001/rome/bayne-conflict.pdf -* www.g7.utoronto.ca/francais/affaires_etrangeres/ae_0701_con.html (en français) -* www.library.utoronto.ca/g7/foreign/fm091901_conclusion.html (en anglais) -* www.library.utoronto.ca/g7/summit/2001genoa/regionalissues.html -* www.g7.utoronto.ca/francais/affaires_etrangeres/ae_130602e.html (en français) -* www.g7.utoronto.ca/foreign/fm130602g.htm (en anglais) Et : - [L'aménagement linguistique dans le monde -> http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/Yougmont.htm] - Ouvrage : -* « Yougoslavie » et « TPIY », in Serge CORDELLIER (Dir.), Le Dictionnaire historique et géopolitique du 20ème siècle, Editions La Découverte et Syros, Paris, 2000, 736 pages

 


Page de Bienvenue IEP

Les documents sont publiés par le Service de Documentation de l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon (I.E.P).
La reproduction est autorisée sauf à des fins commerciales et sous réserve de la mention d'origine.
© Institut d'Etudes Politiques de Lyon
Pour tout renseignement complémentaire, contactez-nous. plan du serveur G7/G8
http://g7.sciencespo-lyon.fr