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Le G8 et Chypre
BERGERON Laure

lundi 19 mai 2003


G8 et l’Afrique du Sud
Le G8 et l’ex-Yougoslavie
Le G7 et la Chine
Du G7 au G8 : la Russie entre dans la cour des grands
Le G8 et Hong Kong

{{{Sommaire}}} {{Histoire de l'île et genèse du conflit chypriote}} {{Le rôle du G8 dans les tentatives de règlement du conflit}} ----- Depuis le coup d'Etat de 1974 et le débarquement des troupes turques au Nord de l'île, Chypre est en proie à un conflit sans précédent. Tous les efforts pour régler ces tensions ont été vains, et l'optique de voir une solution pacifique au conflit est devenue un enjeu majeur pour l'union européenne et plus généralement pour l'opinion internationale. On comprend alors mieux pourquoi les pays membres du G8 se sentent investis d'une mission de soutien au règlement du conflit. {{Histoire de l'île et genèse du conflit chypriote}} La position stratégique de l'île chypriote entre l'Orient et l'Occident a toujours attisé les volontés d'expansion des grandes puissances. L'Empire ottoman conserve l'île jusqu'en 1878, date à laquelle elle est cédée à la Grande-Bretagne en échange de son soutien diplomatique pendant la guerre russo-turque. La Convention signée entre Istanbul et Londres le 4 juin 1878 donne aux Britanniques le contrôle absolu de Chypre moyennant finance, tandis que l'Empire ottoman en conserve la souveraineté. Dès leur entrée en fonction en 1879, les administrateurs britanniques rejettent la demande de réunion politique de Chypre et du royaume de Grèce (enosis, « union » en grec). En novembre 1914, en raison du ralliement de l'Empire ottoman aux puissances centrales ennemies, lors de la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne annule le traité de 1878 et annexe Chypre. Au traité de Lausanne, en 1923, Istanbul reconnaît officiellement les droits britanniques sur Chypre. Deux ans plus tard, l'île devient une colonie de la Couronne. La domination britannique ne s'est pas faite sans heurts, et face à l'agitation de la population, l'état d'exception est promulgué entre 1931 et 1940. Le mouvement en faveur de l'Enosis reprend de l'ampleur dans les années cinquante. Les Britanniques s'opposant à tout changement de statut de l'île, en raison de son importance stratégique, ce mouvement s'est durci à partir de 1955 sous la forme d'opérations de guérilla menées par l'Organisation nationale des combattants chypriotes (EOKA). Makarios, évêque de Chypre, qui soutient l'organisation terroriste, est exilé début 1956. Des négociations menées sous la direction des Nations unies en 1957, sur fond de vives tensions entre les deux communautés de l'île, aboutissent en février 1959 à la signature des traités de Londres et de Zurich faisant de Chypre une république dont le Royaume-Uni, la Grèce et la Turquie garantissent l'indépendance. En contrepartie, Chypre accorde aux Britanniques la possession de bases militaires sur l'île (voir carte). L'indépendance est proclamée le 16 août 1960. Chypre est admise aux Nations unies et devient membre du Commonwealth. Les affrontements entre les deux communautés de l'île éclatent en décembre 1963, après que Makarios (revenu au pouvoir) a cherché à réduire le pouvoir législatif des représentants des Chypriotes turcs. Les Turcs se retirent du gouvernement et demandent la partition du pays. Malgré l'intervention des forces des Nations unies pour maintenir la paix, les tensions restent très fortes jusqu'à la partition de 1974. Réélu président en 1968 et 1973, Makarios est renversé le 15 juillet 1974 par un coup d'État soutenu par les colonels au pouvoir à Athènes. Il est remplacé par Nikos Sampson, un ancien dirigeant de l'EOKA. En réaction, alors qu'explosent les tensions entre les deux communautés, la Turquie prend le contrôle du tiers septentrional de l'île afin de protéger les Chypriotes turcs. De nombreux déplacements de population dans les deux sens suivent ces événements. Le 30 juillet, un cessez-le-feu précaire est institué. Le 13 février 1975, un État chypriote turc « autonome, laïc et fédéré » est proclamé dans le secteur turc. En avril 1975, des pourparlers intermittents commencent sous les auspices de l'ONU en vue de créer un système fédéral avec deux zones, grecque et turque. Les pourparlers se poursuivent jusqu'en 1977, à la mort de Makarios. La proclamation, par le président chypriote turc Rauf Denktas, d'une République turque de Chypre du Nord reconnue uniquement par la Turquie, arrête le processus dès novembre 1983. Au milieu des années quatre-vingt-dix, les divergences persistent entre les négociateurs (au nombre desquels le nouveau président chypriote Glafkos Cléridès, élu en février 1993). Cependant, les possibilités d'aboutir à la paix semblent alors d'autant plus proches que le règlement de la question apparaissait comme une des conditions de l'entrée de la Turquie, voire de Chypre, dans l'Union européenne. Cependant, les relations intercommunautaires se dégradent de nouveau en 1996, à la suite d'affrontements violents à la frontière. Le 4 janvier 1997, la signature d'un accord d'achat de fusées S-300 avec 150 km de portée, entre les chypriotes grecs et la Russie a semé le trouble sur la scène internationale et les relations turco-grecques qui sont délicates. Malgré les efforts de l'Union européenne pour faire avancer le processus politique, le statu quo, que l'action de l'ONU n'a pu modifier, se révèle une fois de plus inébranlable après l'échec de nouvelles discussions en août 1997 en Suisse (sous l'égide de l'ONU) entre les dirigeants chypriotes. Le 15 mai 2002, l'île a accueilli pour la première fois depuis 1979 un secrétaire général des Nations Unies. Kofi Annan s'est entretenu avec les deux parties, Glafkos Klerides pour la partie grecque, puis avec le Président de la République Turque de Chypre du Nord. Lors de cette visite, Kofi Annan a exposé les bases pour le règlement de la question chypriote. Ce « plan Annan » a été présenté par l'ONU en novembre 2002 mais il est rejeté en mars 2003 par les Chypriotes turcs. Le conflit n'est aujourd'hui pas encore réglé. {{Le rôle du G8 dans les tentatives de règlement du conflit}} A l'occasion des sommets de Denver, en 1997, de Cologne, en 1999 et d'Okinawa, en 2000, les Chefs d'Etats présents au G8 se sont exprimés sur la question épineuse du conflit chypriote. Ils expriment ainsi dans leurs déclarations officielles régionales des recommandations sur la poursuite des négociations entre les deux parties, au cours de rencontres organisées sous l'égide des Nations Unies. La situation en 1997, est, comme nous avons pu le voir dans la genèse du conflit, plutôt tendue puisque les dirigeants de la partie grecque de l'île ont signé en janvier un accord d'achat de fusées avec la Russie. Même si les tensions commencent à être canalisées par la proposition du Secrétaire général des Nations Unies d'organiser une rencontre entre les deux parties pour régler la situation de manière pacifique, les représentants du G8 expriment l'urgence de la situation en réaffirmant leur soutien aux actions de l'ONU dans l'apaisement du conflit. Il en sera de même lors des sommets suivants, à Cologne et à Okinawa, puisque le processus de négociations ayant manifestement repris, les chefs d'Etat du G8 en appellent aux Nations Unies et aux différentes parties pour mener à bien ces négociations. L'influence du G8 en lui même dans ce processus est quasi nulle, puisque mis à part l'influence de ses pays membres en tant que pays ou regroupement de pays (comme ceux faisant partie de l'Union Européenne par exemple), le G8 n'a aucun pouvoir de pression sur les différentes parties. Il ne peut qu'émettre des recommandations qui n'auront aucun effet sur les décisions et les prises de positions des parties, si ce n'est la prise en compte de ces recommandations. Les Nations unies sont investies d'un pouvoir d'arbitrage dans le conflit dès les années 1950 et leur rôle n'a cessé de croître dans la gestion du conflit jusqu'à aujourd'hui. Elles contrôlent une zone tampon entre les deux camps et est donc le partenaire privilégié des deux parties dans toutes les négociations engagées. On comprend donc mieux pourquoi le G8 s'en remet à l'autorité des Nations Unies pour le règlement du conflit, appelant juste à la bonne volonté des autorités grecques et turques de l'île. Malgré ces recommandations, les discussions qui ont suivi n'ont pas encore pu faire de ce conflit une histoire passée. Les deux camps souhaiteraient négocier sans tierce partie, et sur place, les tensions sont encore vives. La compétence des Nations Unies bien plus que celle du G8 conditionne le règlement éventuel de ces tensions, par la présence des forces de paix des Nations Unies (UNFICYP) dans la zone tampon.

 


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