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G7 et les autoroutes de l’information
BERGERON Laure

lundi 19 mai 2003


Le G8 et le vieillissement démographique
Le G7/G8 et le terrorisme
Le G8 et le trafic de stupéfiants
Le G8 et la Criminalité transnationale
Le G7 et les Droits de l’Homme
Le G8 et le développement durable
G8 et ONU

{{{Sommaire}}} {{I - L'envolée de la seconde moitié des années quatre-vingt dix II - Le tournant de l'an 2000 et la Charte d'Okinawa}} ------ Le développement de ce que l'on appelle aujourd'hui les NTIC (Nouvelles Technologies d'Information et de Communication) a été à la mesure de la vitesse de ces technologies. La prise en compte des NTIC dans les processus de développement des économies mondiales a donc été un enjeu majeur dans les années quatre-vingt dix et c'est pourquoi les représentants des pays membres du G8 se sont intéressé à ce sujet au cours des différents sommets. Il est cependant intéressant de remarquer que si au début l'essentiel des actions entreprises pour développer les réseaux des TIC (Technologies d'Information et de Communication en général) se sont faites en direction d'une coopération entre les Etats membres, l'objectif aujourd'hui est au contraire de chercher à combler le fossé entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement. {{I - L'envolée de la seconde moitié des années quatre-vingt dix}} La Conférence de Bruxelles (du 24 au 26 février 1995) a été l'occasion, pour les pays membres du G7 et l'UE, de sélectionner un nombre de projets pilotes pour lesquels la coopération internationale était nécessaire. Le but de ces projets est de démontrer les potentiels de la Société d'Information et de stimuler son développement. L'accès pour le plus grand nombre aux réseaux, la démocratisation, l'anéantissement anticipé du fossé entre le "information have's" et "have not's" est un thème récurrent que l'on retrouve dans l'exposé et les objectifs de chaque projet initié par cette conférence de Bruxelles. Ce thème de la démocratisation du réseau se retrouve dans tous les travaux et dossiers gouvernementaux et intergouvernementaux effectués sur la question. Que ce soit dans le rapport NII -National Information Infrastructure- d'Al Gore (Vice-président des Etats-Unis et grand précurseur dans ce domaine), dans le Rapport Bangemann (livre vert européen sur les Autoroutes de l'Information) ou le rapport Théry (commandé par E. Balladur en 1994). Le but premier de chaque effort en la matière, même s'il doit engager d'énormes efforts budgétaires, ou imposer une déréglementation des télécommunications, est "l'accès au plus grand nombre d'individus" à cette révolution technologique, qui sera une véritable révolution dans nos modes de vie. Chaque projet est coordonné par un ou plusieurs pays désignés par les réunions précédant le sommet de Bruxelles, mais tous les pays membres y participent. Un exposé sur l'état d'avancement a été effectué lors de la réunion de Midrand. On compte en tout cinq projets majeurs : - {Inventaire global de l'impact de la société de l'information ( GIP en anglais -Global Inventory Project-) (coordonné par l'UE et le Japon)} : il s'agirait de créer une base de données multimédia, accessible par voie électronique (Electronic Forum), regroupant les plus importants projets ou travaux d'études (nationaux ou internationaux) en rapport avec la société d'information. A court terme cet inventaire serait centré sur les activités des pays membres du G7 et de l'UE, à plus long terme il devrait s'étendre à celles du monde entier. De plus, l'établissement de l'Electronic Forum (réseau d'échange libre et gratuit d'information) devrait stimuler la création et le développement de partenariats et de projets à un niveau transnational. Enfin, le développement et l'analyse de cette base de données seront effectués en vue de déceler les impacts de la société de l'information, de définir les étapes nécessaires à son bon développement (en particulier en matière sociale). - {Interopérabilité des réseaux à large bande (coordonné par le Canada, l'Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni) :} L'objet de ce projet est de définir, de donner une base commune aux différents projets ayant un lien avec les autoroutes de l'information. Un des objectifs premiers est d'aider à la création d'un réseau expérimental intercontinental, reliant les 3 grands blocs que forment les pays membres du G7 (Amérique du Nord, Japon, Europe). Le rôle du GIBN (groupe chargé du projet, traduction de son intitulé "Global Interoperability for Broadband Networks") n'est donc pas la réalisation concrète d'un programme en tant que tel, mais plutôt l'identification, l'encouragement, le soutien d'initiatives nationales ou internationales déjà existantes. - {Education et formation transculturelles (coordonné par la France et l'Allemagne) :} l'objectif de ce projet est de répondre à la modification de nos manières de vivre, d'apprendre, de travailler, engendrées par la société de l'information. L'arrivée du village global, ou du marché global, a vu pointer la nécessité d'améliorer l'apprentissage des langues, mais aussi la compréhension des autres cultures nationales. Il fallait pour cela promouvoir un nouveau type de matériel d'apprentissage alliant texte, son, image, etc. - {Bibliothèques électroniques (coordonné par le Japon et la France) :} l'objectif est de constituer une collection virtuelle des "connaissances de l'humanité" accessible à un large public via les réseaux. Ceci devrait être permis par la digitalisation des ressources de bibliothèques (ressources bibliographiques et du contenu des oeuvres, incluant texte, image, graphiques, son,...). Ce projet s'adressait dans un premier temps aux bibliothèques nationales ou majeures des pays membres de G7; il pourrait être ensuite étendu à celles des pays non membres. Chaque oeuvre sera accessible dans sa langue d'origine, dans un souci de respect du pluralisme linguistique. Cette initiative devrait promouvoir à large échelle la digitalisation des ressources, et l'interopérabilité des standards en la matière. - {Musées et galeries d'art électroniques (coordonné par l'Italie et la France) : } l'objectif de ce projet est d'assurer au plus grand nombre d'individus l'accès à "l'héritage culturel mondial", sous forme multimédia, d'ici l'an 2000. Son but est donc d'accélérer le processus de digitalisation des oeuvres d'art abritées par les collections publiques et privées, d'encourager à un standard commun afin de les regrouper, et d'assurer leur accès à tous (et en particulier aux écoles et universités, en tant que matériel pédagogique ). Quatre ans plus tard, il est aisé de constater que les NTIC se sont bien fortement développées, mais que les aspirations et leur application exprimées lors de la Conférence de Bruxelles n'ont pas toujours vu le jour. De surcroît, ces efforts se sont largement tournés vers des relations et des projets au sein des pays membres du G7, malgré une volonté timorée de prendre en compte les pays moins industrialisés. C'est pourquoi, dans le même temps, l'écart s'est creusé entre les pays en développement et les pays les plus industrialisés, créant un véritable fossé technologique. Cette constatation a amené les dirigeants à changer de cap et à se concentrer sur la manière dont ce fossé pouvait être comblé. Le sommet d'Okinawa au Japon en l'an 2000 marque un tournant décisif dans les décisions prises par le G8 pour le développement des « autoroutes de l'information » {{II - Le tournant de l'an 2000 et la Charte d'Okinawa}} C'est en effet pendant ce sommet que sera rédigée et adoptée la « Charte d'Okinawa sur la société mondiale de l'information ». Cette Charte fait le constat du potentiel des TIC dans le développement des relations internationales et régionales. Elle réalise également la nécessité de donner, à tous, toutes les chances de pouvoir s'exprimer dans cette société mondiale de l'information, et souhaite par conséquent agir pour réduire le fossé numérique. On ne se situe donc plus sur une action uniquement entre les pays membres, mais entre tous les pays, et plus particulièrement sur une action commune entre les pays industrialisés et les pays en développement. Pour cela, les articles de la Charte précisent qu'il s'agit avant tout de tirer parti des avantages de l'ère numérique, afin de favoriser et de faciliter la transition vers la société de l'information. Le poids du secteur privé dans cette démarche est largement souligné par les articles de la Charte, en s'appuyant cependant sur une action des pouvoirs publics qu'il ne faut pas négliger. Cette action a une visée cependant résolument libérale, laissant se jouer la concurrence dans le secteur des TIC, où que ce soit. La charte insiste ensuite sur la sécurité des réseaux qui vont se créer, et s'engage notamment contre la cyber-criminalité en définissant ses objectifs et ses actions. Les pays membres du G8 s'appuient pour cela sur le Groupe de Lyon sur la criminalité transnationale organisée, en élargissant son action aux réseaux des TIC, et sur la conférence de Paris sur « le dialogue entre les pouvoirs publics et le secteur privé sur la sécurité et la confiance dans le cyberespace ». Mais l'essentiel de la charte se base sur la volonté de combler le fossé numérique à l'intérieur des pays et entre les pays. Il s'agit ainsi de mettre en avant des actions déjà définies pour : - mettre en place des conditions de marché propices à la fourniture de services de communication abordables ; - étudier des moyens complémentaires, notamment l'accès par l'intermédiaire d'installations ouvertes au public ; - donner la priorité à l'amélioration de l'accès au réseau, en particulier dans les régions urbaines, rurales et reculées qui sont mal desservies ; - accorder une attention particulière aux besoins et aux contraintes des personnes les plus défavorisées, des personnes handicapées et des personnes âgées ; - encourager la poursuite du développement de technologies conviviales et accessibles, notamment l'accès mobile à Internet, ainsi qu'une plus grande utilisation de contenus gratuits accessibles au public. Ces mesures concernent également les pays en voie de développement, dont l'équipement en TIC est loin d'être le même que dans les pays membres du G8. La charte reconnaît les inégalités entre ces différents pays, et le défi qui consiste à combler le fossé numérique nécessite un engagement et de actions concrètes. Pour cela, la Charte d'Okinawa définit deux acteurs majeurs : tout d'abord elle soutient les actions des organisations internationales compétentes, et ensuite propose la création d'un groupe d'experts du G8 sur l'accès aux nouvelles technologies (GEANT) dont les objectifs seront les suivants : - Créer les conditions réglementaires et techniques nécessaires - Améliorer la connectivité, faciliter l'accès et abaisser les coûts - Renforcer les ressources humaines - Encourager la participation aux réseaux mondiaux du commerce électronique Ce groupe de travail s'est réuni par la suite, proposant un plan d'action au sommet de Gênes, l'année suivante (en 2001). Ce Plan d'action souhaite offrir la base « qui permettra aux économies en développement de parvenir, grâce aux technologies de l'information et de la communication, à un développement durable, tant économique que social ». Pour ce faire, le GEANT a défini neuf actions prioritaires pour répondre aux exigences de la Charte d'Okinawa : - Contribuer dans les pays en développement et les économies émergentes à la mise en place et au soutien des stratégies nationales de développement numérique - Améliorer la connectivité, faciliter l'accès et abaisser les coûts par la mise en concurrence des technologies, par la mise en place de points d'accès publics et collectifs et de moyens favorisant un accès universel dans les zones rurales et reculées dans les pays en voie de développement… - Favoriser le développement des ressources humaines, la création et le partage des connaissances notamment dans le cadre scolaire - Encourager les entreprises et l'esprit d'entreprise en vue d'un développement économique durable - Instituer et soutenir la participation de tous au traitement, au niveau international, des nouveaux problèmes généraux et techniques liés à l'Internet et aux technologies de l'information et de la communication (TIC) - Lancer et soutenir des initiatives spécifiques pour faire bénéficier les pays les moins avancés des TIC - Promouvoir les TIC pour la santé publique et la lutte contre le VIH / SIDA et les autres maladies infectieuses et transmissibles, par le recours aux TIC en matière d'information et de prévention notamment - Promouvoir une action nationale et internationale à l'appui de la création de contenus et d'applications locaux en favorisant le développement de logiciels et d'applications spécifiques aux pays en développement - Accorder la priorité aux TIC dans les politiques et programmes d'aide au développement du G8 et d'autres instances et développer la coordination des initiatives multilatérales

en complément du texte de MAZUE Pauline et CHARNOMORDIC Elsa

 


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