retour accueil WebDoc retour rubrique


Sommet d'Evian

Déclarations officielles

Documents officiels

Documents critiques

Travaux des étudiants

Sommet de Lyon

Base de données

Rechercher



G8 et ONU
NOUGARET Agathe

vendredi 16 mai 2003


Le G8 et le vieillissement démographique
Le G8 et la Criminalité transnationale
Le G8 et le développement durable
G7 et les autoroutes de l’information
Le G7/G8 et le terrorisme
Le G8 et le trafic de stupéfiants
Le G7 et les Droits de l’Homme

{{{Sommaire}}} {{I - L'évolution historique des relations du G8 et de l'ONU}} {{II - La sécurité: coopération et concurrence des deux institutions}} {{III - Le développement: l'ONU rappelle ses engagements au G8}} ------ Le G8 et l'ONU voient leurs rapports conditionnés par leur statut différent en tant qu'organisations internationales. Le G8, regroupement des huit pays les plus riches du monde, est une instance informelle et fermée, donc en manque de légitimité. Ces huit pays n'ont pas seulement les PNB les plus élevés, ils disposent également des plus grandes forces militaires ; à ce titre, ce groupe intéresse particulièrement l'ONU, organisation démocratique à vocation universaliste, dans la mesure où son rôle est d'établir une coopération de la quasi-totalité des pays du monde en vue d'une prévention des conflits et d'un développement économique et humain durable et homogène. {{I - L'évolution historique des relations du G8 et de l'ONU }} Aux débuts des réunions du G5 (puis G6 et G7), les relations entre cette nouvelle organisation internationale informelle et l'ONU étaient faibles dans la mesure où le thème central des sommets était la situation financière et économique du monde. Les personnalités politiques à l'origine du G8 comme Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt avaient, en effet, des formations d'économistes et le conteste international, avec l'installation d'une crise occidentale durable, incitait ces chefs d'Etats à s'en tenir à ce domaine. Les liens entre le G8 et l'ONU se sont développés à mesure que le G8 s'est intéressé à des domaines plus larges, qui recoupaient en partie l'action de l'ONU. Ce rapprochement s'est effectué surtout de manière informelle, par l'intermédiaire des Secrétaires Généraux successifs de l'ONU. Les invitations régulières (mais non institutionnalisées) de Javier Pérez de Cuellar, Boutros Boutros-Ghali puis Kofi Annan aux réunions de travail ont permis aux pays du monde de faire entendre leur voix au sein du G8. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le Secrétaire Général de l'ONU bénéficie d'une bonne écoute de la part des huit membres, car son rôle fondamental en matière de relations internationales constitue une barrière à l'expression du mépris des pays riches pour le reste du monde. Pour preuve, le Secrétaire Général de l'ONU a toujours été associé d'une manière ou d'une autre au G7 puis G8 ces dernières années. Le G8 n'ayant ni les moyens ni la volonté d'établir des programmes politiques propres, son action se limite la plupart du temps à une incitation de l'ONU. Les conclusions des sommets ne sont, en effet, que des invitations, et elles se retrouvent souvent quelques mois plus tard transformées en résolutions de l'ONU. Le travail continu des ministres du G8 avec certaines agences de l'ONU (Banque Mondiale, FMI, PNUD) dénote la complémentarité de ces deux instances, même si elle n'est inscrite dans aucune charte. Il arrive également au G8 de soutenir certaines initiatives de l'ONU qui va dans le sens de ses préoccupations, comme la Conférence sur le Développement de Rio en 1992. Enfin, le lien entre le G8 et l'ONU est un lien essentiellement personnel, entre le Secrétaire Général et les chefs d'Etats mais aussi entre l'administration de l'ONU et celle du G8. Les "sherpas", c'est-à-dire les conseillers diplomatiques des présidents et premiers ministres du G8, sont souvent d'anciens ou de futurs fonctionnaires internationaux, à l'instar de Jean-David Levitte, qui est passé du statut de sherpa français à celui de représentant de la France à l'ONU. {{II - La sécurité: coopération et concurrence des deux institutions}} Le G8, par sa tendance affirmée ces dernières années à traiter les crises politiques, a entraîné une coopération accrue avec l'ONU mais aussi une concurrence implicite de ces deux organisations internationales. Les politiques de sécurité mondiale sont discutées dans de nombreux cadres (G8, OTAN, ONU, UE), ce qui peut être un obstacle au compromis, les parties étant tiraillées entre leur appartenance à ces différentes structures, ou au contraire un développement du cadre de négociations et par là même une occasion de faire progresser la prévention et la solution des conflits. L'exemple de la crise du Kosovo est un bon exemple de l'effet positif de l'action conjuguée de G8 et de l'ONU. En 1999, la Russie, opposée à une intervention de l'OTAN en Serbie, menaçait d'utiliser son veto au Conseil de Sécurité de l'ONU. L'OTAN a donc contourné ce cadre de négociations pour pouvoir mener cette campagne; désormais le Conseil de Sécurité ne pouvait plus être le lieu de résolution de la crise entre l'OTAN et la Russie. Les ministres du G8 (dont les Russes, devenus 8ième membre) se sont alors réunis discrètement pour établir une solution à cette crise, et les conclusions de cette rencontre ont constitué une proposition de résolution adoptée par la suite par le Conseil de Sécurité. L'intérêt d'un cadre de concertation informel a donc pu être démontré à cette occasion, même si l'action du G8 a dû être validée par l'ONU. Le G8 n'est donc pas un cadre de décisions en matière de relations internationales, et à ce titre il ne peut heureusement agir sans l'ONU, seule organisation démocratique et légitime en ce domaine. {{III - Le développement: l'ONU rappelle ses engagements au G8}} La thématique du développement, qui est devenue incontournable depuis une dizaine d'années au sein du G7/G8, a également contribué à tisser des liens particuliers entre le G8 et l'ONU. Chaque année, les conclusions des sommets du G8 contiennent un chapitre sur les partenariats Nord/Sud, avec la promesse d'une plus grande aide de la part des 8 puissances économiques. Or, un décalage grandissant entre ces paroles et la réalité des faits incite le Secrétaire Général de l'ONU à rappeler ces "nantis", comme les appelle Kofi Annan, à leurs obligations. L'an dernier, à l'occasion du sommet de Kananaskis, le Secrétaire Général de l'ONU a envoyé une lettre solennelle à ces chefs d'Etats, les exhortant à respecter leurs engagements en matière de développement pris lors du sommet du Millénaire, du sommet de Doha sur les partenariats commerciaux avec les pays en développement, de la conférence de Monterrey sur l'augmentation de l'aide au développement ou de la Conférence de Rio. De plus, le Secrétaire Général est amené, lors de ses participations aux réunions, à attirer l'attention des huit grands sur de nouveaux projets tels que la création d'un fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. Le développement durable, l'éducation des filles ou le surendettement sont également des sujets de réflexion amenés sur la table du G8 par Kofi Annan. Le G8 peut aussi inciter l'ONU à se focaliser sur des sujets délaissés: cette année, à Evian, la problématique de l'eau sera au centre des débats, rappelant l'insuffisance des travaux de l'ONU en la matière. Les liens qui se développent entre le G8 et l'ONU sont plus importants chaque année, et cette coopération a fait ses preuves à plusieurs reprises. Cependant, l'opposition populaire mais aussi politique au G8 rappelle que cette instance sans bureau permanent, sans principes démocratiques, ne peut représenter seule un cadre légitime de négociations internationales. Si le G8 a pu proposer une solution aux tensions nées du conflit kosovar, il a été impuissant à réconcilier les opposants et partisans de la guerre en Irak. Le G8 n'est donc pas le garde-fou du Conseil de Sécurité, qui trouverait la solution quand ce dernier serait dépassé. Il trouve une solution aux crises seulement quand toutes les parties y trouvent leur intérêt. Ainsi, le primat de l'ONU sur le G8 doit sans cesse être réaffirmé par la communauté internationale.

 


Page de Bienvenue IEP

Les documents sont publiés par le Service de Documentation de l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon (I.E.P).
La reproduction est autorisée sauf à des fins commerciales et sous réserve de la mention d'origine.
© Institut d'Etudes Politiques de Lyon
Pour tout renseignement complémentaire, contactez-nous. plan du serveur G7/G8
http://g7.sciencespo-lyon.fr