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Sommet de Gênes, Italie, 20-22 juillet 2001
TREMEAUD Sophie

vendredi 16 mai 2003


Sommet de Denver, Etats-Unis, 20-22 juin 1997
Le sommet d’Okinawa, Japon, 20-22 juillet 2000
Sommet de San Juan, Puerto Rico, Etats Unis, 27-28 juin 1976
Sommet de Birmingham, Royaume Uni, 15 - 17 mai 1998
Sommet de Cologne, Allemagne, 18-20 juin 1999
Sommet de Houston, Etats-Unis, 9-11 juillet 1990
Le Sommet de Williamsburg, Etat de Virginie, Etats-Unis, 28-31 mai 1983
Sommet de Bonn, Allemagne, 16 - 17 juillet 1978
Sommet de Londres, Royaume Uni, 7-9 juin 1984

{{{Entre maigre bilan et débat sur la mondialisation}}} Le sommet de Gênes, en Italie a réuni pendant trois jours (du 20 au 22 juillet 2001) au palais Ducal, George W. Bush (président des Etats-Unis), Jacques Chirac (président de la France), Gerhard Schröder (chancelier allemand), Jean Chrétien (Premier ministre canadien), Tony Blair (Premier ministre britannique), Junichiro Koizumi (Premier ministre japonnais), silvio Berlusconi (président italien) et Vladimir Poutine (président russe). Pour la seconde année consécutive, le club des pays les plus riches s'est ouvert à plusieurs représentants des pays du Tiers Monde avec la présence des présidents sud-africain, algérien, malien, nigérian et salvadorien ainsi que le Premier ministre du Bangladesh. Ce sommet fut marqué par de violents affrontements entre la police italienne et les militants anti-mondialisation et la mort d'un manifestant. Dans ce climat de tensions, le ralentissement de l'économie mondiale, plus prononcé que prévu fut au centre de la réunion. L'année 2001 peut être qualifiée de morose : au Japon, l'activité économique s'est ralentie et la baisse des prix se poursuit. Au Canada et aux Etats-Unis et dans la zone euro, la baisse des impôts devrait contribuer à favoriser la croissance. Mais les pays du G8, dans leur déclaration finale, affirment que « des politiques économiques adaptées et de bons fondamentaux constituent une assise solide pour une croissance plus forte ». Les trois thèmes principaux abordés lors de ce sommet furent la lutte contre le Sida, le débat sur la ratification du Protocole de Kyoto et l'élaboration d'une stratégie contre la pauvreté dans le monde. Ces différents thèmes peuvent être étudiés selon deux axes de réflexion. Premièrement, le Sommet de Gênes reflète de nombreux désaccords entre les Etats-Unis et les autres pays membres du G8 sur différents thèmes. Les problèmes relatifs au changement climatique ont constitué une première source de désaccords. En effet, le premier sujet à l'ordre du jour est le débat sur la ratification du protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique. George W. Bush refusait de ratifier l'accord datant de 1997 sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Comme on pouvait s'y attendre, les discussions orageuses, notamment entre la France et les Etats-Unis, ont tourné au dialogue de sourds. Le Président Bush est resté inflexible face aux objectifs contraignants en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre contenus dans le traité signé au Japon. Il estime que les efforts demandés aux Etats-Unis risquent de nuire à l'économie du pays. Au contraire, les Européens sont déterminés à appliquer dans son intégralité le protocole de 1997. Jacques Chirac, qui n'a pas ménagé ses efforts en coulisses pour convaincre ses partenaires européens de ne pas céder à l'offensive américaine, s'est félicité de ce « bon » désaccord. Il a souligné que « l'Union européenne ne change pas sa position. C'était l'essentiel ». On peut aussi noter une prise de conscience de l'importance du climat lors de ce sommet : « Nous réaffirmons notre détermination à trouver des solutions mondiales aux menaces qui pèsent sur notre planète. Nous reconnaissons que le changement climatique est un problème urgent qui requiert une solution à l'échelle mondiale » Cette divergence de vues a été mentionnée dans le communiqué final : « Il y a actuellement un désaccord sur le Protocole de Kyoto et sa ratification, mais nous sommes déterminés à travailler ensemble activement pour atteindre notre objectif commun. On peut déplorer que l'absence d'accord sur le protocole de Kyoto recule l'échéance de la construction d'une régulation mondiale en matière d'environnement. Le deuxième thème de désaccord a concerné le bouclier de défense anti-missile. Ce projet américain suscite de nombreuses critiques, en particulier de la Russie, qui estime qu'il viole le Traité anti-missile balistique (ABM) de 1972, socle de l'équilibre stratégique international, ainsi que les accords de contrôle de l'armement et qu'il risque de relancer la course à l'armement. Le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain ont accepté de discuter sur la réduction des arsenaux nucléaires. Un autre sujet de désaccords concerne le trafic d'armes. En effet, les Etats-Unis s'opposent au projet des Nations-Unies de mettre un terme au trafic illicite d'armes légères et de petit calibre (ALPC), jugeant que cela irait à l'encontre des droits des citoyens à posséder des armes légères, et refusent toute mesure qui empêcherait les gouvernements de livrer ce type d'armes à des mouvements rebelles. Au contraire, l'Union européenne et le Canada souhaitent un renforcement de la traçabilité des armes et la prise en compte de la situation des droits de l'Homme chez l'acheteur. Un accord minimaliste a tout de même été trouvé lors du sommet de Gênes qui prévoit une conférence de suivi au plus tard en 2006. Rappelons que les ALPC sont après le SIDA la plus grande cause de mortalité dans le monde. La guerre bactériologique a été aussi un thème nourrissant de nombreuses controverses lors du sommet. George W. Bush s'oppose au projet destiné à promouvoir la mise en œuvre concrète de la Convention de 1972 sur les armes bactériologiques, qui interdit la mise au point, la production et la possession de ces armes. L'administration Bush estime que ce texte ne mettra pas fin à la prolifération de ce type d'armes et pourra être dommageable pour les intérêts des entreprises américaines. Enfin, le dernier sujet de désaccord concerne les négociations commerciales multilatérales. Préoccupé par la faiblesse de la croissance américaine, George W. Bush cherchait à obtenir le soutien de ses partenaires pour le lancement d'un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales après l'échec de la réunion de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle en 1999. Même si les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 se sont prononcés dans la déclaration finale du sommet de Gênes en faveur de ce processus à Doha ( « l'ouverture des marchés mondiaux et le renforcement de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en tant que fondement du système commercial multilatéral sont indispensables pour l'économie »), aucun progrès n'a été réalisé sur l'ordre du jour de ces discussions. Les Européens refusent toujours de renoncer aux acquis de leur PAC (Politique agricole commune) et les Etats-Unis restent opposés à toute remise en cause de leur réglementation commerciale. Le désaccord entre américains et européens reste complet sur le nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales. Ces désaccords expriment le clivage entre les Etats-Unis et les autres pays du G8. Ils expliquent pourquoi ce sommet peut être qualifié de maigre bilan. Mais, il est nécessaire de nuancer ce premier constat en essayant d'étudier les différentes avancées concrètes du G8. Tout d'abord, un thème majeur de ce sommet a été la lutte contre la pauvreté dans le monde et notamment en Afrique. Les chefs d'Etat et de gouvernement se sont prononcés pour la mise en œuvre d'une stratégie « globale » pour la réduction de la pauvreté dans le monde. Ils estiment qu'« Assurer la solidité, le dynamisme, l'ouverture et la croissance de l'économie mondiale est la stratégie la plus efficace de lutte contre la pauvreté. » Ils réaffirment leur détermination « à faire en sorte que tous les citoyens du monde, en particulier les plus pauvres, bénéficient de la mondialisation. » Cette stratégie passe non seulement par la poursuite des plans d'allégement de la dette des pays les plus pauvres mais aussi par une ouverture plus grande des marchés des pays développés aux produits du tiers monde. C'est pourquoi deux décisions essentielles ont été adoptées. D'une part, une nouvelle phase des pays très endettés (PPTE) s'est ouverte. Lancée en 1996 au sommet de Lyon, l'initiative PPTE concerne aujourd'hui 23 pays contre 9 l'an dernier. Les 23 pays ont atteint "le point de décision" c'est à dire le moment où l'allégement de la dette peut commencer. Les chefs d'Etat et de gouvernement ont donc annoncé leur décision d'annuler toute la dette au titre de l'aide publique au développement et au moins 90% de la dette commerciale de ces PPTE. Enfin, à l'initiative de la France, les Huit ont symboliquement réaffirmé leur volonté de respecter l'objectif fixé par l'OCDE en matière d'aide au développement. Cet objectif de 0,7% du produit intérieur brut (PIB) n'a jamais été respecté par les pays riches. D'autre part, au-delà de l'allégement du fardeau de la dette, le G8 entend proposer une « stratégie globale » de lutte contre la pauvreté qui prend en compte l'ensemble des problèmes de développement, l'insertion des pays pauvres dans l'économie mondiale, la santé, l'éducation... avec pour objectif de diviser par deux le nombre d'habitants de la planète vivant en dessous du seuil de pauvreté. En effet, la réussite de l'initiative PPTE dépend non seulement du montant de l'allégement de la dette mais aussi d'une politique judicieuse adoptée par les pays bénéficiaires c'est à dire une utilisation efficace des ressources, le renforcement de la productivité et de la croissance ainsi que des investissements dans le domaine social, en vue de réduire la pauvreté. C'est ainsi que les pays membres du G8 réaffirment leurs engagements d'aider les pays à réaliser l'objectif fixé dans le cadre d'action de Dakar pour l'enseignement primaire universel d'ici 2015 puisque « L'éducation est un facteur central de la croissance et de l'emploi. » C'est pourquoi les chefs d'Etat et de gouvernement ont indiqué que « les banques multilatérales de développement (BMD) ont un rôle central à jouer dans la lutte contre la pauvreté en favorisant la croissance de la productivité et en soutenant un développement économique équitable et durable ». Ensuite, le principal résultat concret de ce sommet du G8 est le lancement officiel du Fonds mondial pour la santé en présence du secrétaire Général des Nations-Unies Kofi Annan. Ce fonds, auquel les Huit se sont engagés à contribuer à hauteur d'un milliard de dollars, est destiné à lutter contre le sida, le paludisme et la tuberculose, trois maladies responsables de plus de 5 millions de morts par an, principalement dans les pays pauvres. D'autres pays et des entreprises privées ont promis d'apporter une aide de 500 millions de dollars. Le sommet de Gênes a fait l'objet de virulentes protestations de la part des anti-mondialisation sur l'usage abusif des membres du G8 de leur pouvoir de décision. Les revendications des militants anti-mondialisation auront su hâter l'émergence dans le champ public de nouvelles préoccupations et exigé des réponses politiques. L'utilité du sommet a été largement remise en cause du fait du triste bilan de ce sommet. A l'issu du sommet, la substance même du G8 est remise en cause par des journaux tels que le Financial Times qui remarque qu'il « aboutit à peu de choses » et aurait dû déboucher sur « l'engagement de ne tenir le prochain G8 que lorsque se présentera une question brûlante » ou « une crise à résoudre ». Certains observateurs sont allés jusqu'à se demander si le sommet de Gênes ne sonnait pas le glas du G8 ? Mais il convient de souligner que le G8 a pris une nouvelle dimension puisque les chefs d'Etat et de gouvernement ne parlent plus de croissance ou de monnaie mais de grands problèmes mondiaux tels que la santé, le climat, la pauvreté... Même si ces grands débats restent souvent lettre morte dans leur réalisation, leur débat au sein des sommets permet néanmoins une prise de conscience sur les dangers et les besoins de notre planète. Enfin, le G8 n'a pas vocation à devenir un gouvernement mondial. Pour finir, nous pouvons retenir les propos de Jacques Chirac ayant annoncé que le sommet d'Evian en juin 2003 devrait prendre en compte le dialogue avec la « conscience citoyenne mondiale ».

{{Bibliographie }} Articles : - Le Monde, 22 juillet 2001, « M. Chirac : « comprendre les manifestants ». - Le Monde, 24 juillet 2001, « la presse internationale conteste l'utilité du sommet ». - Libération, 24 juillet 2001, « les multiples fiascos de Gênes ». - Libération, 14 août 2001, « défense anti-missile et ballade en bateau au menu russo-américain ».

 


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