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Historique du G7
DARD Delphine - BENYAMINA Renan

mercredi 14 mai 2003


Le fonctionnement institutionnel du G8
Les "institutions" du G8
Les publications du G7
Poids économique des pays du G8 dans le monde

{{{Sommaire}}} {{I - Le contexte économique et monétaire à la naissance du G7 }} - Le bouleversement monétaire - La désagrégation du SMI - La concertation remplace la règlementation {{I - L'évolution générale au cours des 22 sommets, de 1975 à 1996}} - L'élargissement du nombre de partenaires - La surmédiatisation et les réunions en grande pompe - L'élargissement des thèmes abordés et la place grandissante donnée au politique et à l'actualité {{III - La remise en cause du G7 }} - Trop de fonctions...pas assez de décisions - Les contre-sommets - De l'international au local {{IV - Evolution des Sommets depuis 1996 : du G7 Au G8}} - Les sommets du G7 de 1996 à 2002 : une modernisation constante tournér vers les grands problèmes du monde contemporain - Du G7 au G8 - Le caractère informel du G8 - La présidence française du Sommet d'Evian (1er-3 juin 2003) ------ {{I - Le contexte économique et monétaire à la naissance du G7 }} - {Le bouleversement monétaire} La construction du SMI après la seconde guerre mondiale Alors que la seconde guerre mondiale n'est pas encore terminée, 44 pays, dont l'URSS, se réunissent à Bretton Woods le 22 juillet 1944, afin de créer un ordre monétaire, destiné à assurer le développement des échanges pour l'après-guerre. Les principes du nouvel ordre monétaire sont la stabilité des taux de change (les marges de fluctuation sont définies à plus ou moins 1% autour de la parité officielle), l'interdiction des manipulations monétaires, la convertibilité, d'une seule monnaie en or, le dollar (le Gold Exchange Dollar). Le dollar s'échange selon le rapport 1 once contre 35$. Lors de la réunion de Bretton Woods, est crée le FMI (Fonds Monétaire International), garant de l'ordre monétaire. Celui-ci ressemble plus à un club qu'à une banque, dans lequel les Etats par le versement d'une souscription (quote-part), s'engagent à respecter un code de conduite et obtiennent en contrepartie des facilités diverses. - {La désagrégation du SMI } Si le système de Bretton Woods fut le fruit d'une négociation, sa mise à mort résulte de la décision propre des Etats-Unis. Le 15 aout 1971 Nixon décide de suspendre la convertibilité du $ en or et d'imposer une surtaxe de 10% sur les importations. En décembre 1971 au Smithsonian Institute à Washington, le conseil d'administration du FMI élargit les marges de fluctuation (2, 25%). Le dollar est dévalué deux fois entre 1971 et 1973. Dès mars 1973, le flottement des monnaies est adopté par la majorité des pays. Une monnaie devient donc une marchandise qui varie chaque jour au gré de l'offre et de la demande. En avril 1974, les faillites de la First National Bank de San Diego et de la Herdstadt & Frankfurter Handesbank, deux banques considérées comme solides, démontrent à l'évidence que le système monétaire est devenu très instable. Le choc pétrolier de 1973, amplificateur de la crise. Le flottement généralisé des monnaies dès 1973, sonne non seulement le glas du système monétaire de Bretton Woods mais va aussi donner l'occasion aux pays de l'OPEP d'affirmer leur contrôle sur le marché du pétrole en provoquant une crise. La dépréciation du dollar, monnaie qui entre pour deux tiers dans les réglements des échanges internationaux, perturbe le marché des matières premières, les prix et les coûts n'ayant plus de points de repère. Or, la période 72-73 est aussi celle, où la demande de matières premières et de combustibles atteint ses niveaux les plus élevés du fait de la croissance des économies développées. La dépréciation du dollar ne fait donc qu'encourager les pays exportateurs de pétrole à augmenter leurs prix pour combler le manque à gagner : entre 72 et 73, le prix du baril est revalorisé de 20%, puis entre octobre 73 et janvier 74 il quadruple (passant de 3$ à 12$) ; mais surtout, la Guerre israëlo-arabe en octobre 73, fournit à l'OPEP l'occasion d'utiliser le pétrole comme une arme et ainsi d'affirmer son pouvoir sur le marché pétrolier. Cette hausse s'ajoutant aux mesures de rigueur budgétaire prises pour contrer la poussée inflationniste, enclenche un mécanisme de crise. L'activité économique fortement dépendante du pétrole est alors freinée : la production faiblit, la consommation diminue, le tout provoquant une chute de l'investissement. Le chômage connaît alors une hausse importante tandis que les pétrodollars ajoutés aux eurodollars créent une énorme masse de capitaux génératrice d'inflation et facteur d'instabilité sur le marché. Ce "choc pétrolier" a aussi des répercussions dans les pays en voie de développement, qui cumulent une baisse de leurs exportations de matières premières avec une hausse de leur dette, amplifiée par le recyclage des excédents financiers de l'OPE.P sous forme d'emprunts bancaires sur le marché des eurodollars. - {La concertation remplace la règlementation} La concertation entre les pays à économie de marché semble donc indispensable face à une situation monétaire destabilisée, à une organisation, l'OPEP, au pouvoir grandissant et à une opinion qui a besoin d'être rassurée. Plusieurs réunions entre ministres ou chefs d'Etat des grandes puissances (France, Angleterre, Allemagne, Japon et Etats-Unis qui invitent parfois l'Italie) ont lieu, plus pour se concerter que pour prendre des décisions concrètes : septembre 74 c'est la réunion des ministres des Finances à Champs-sur-Marne, fin septembre c'est à Camp David que se tiennent les discussions. En fait, le Groupe des Cinq, ou The Library Group (car ils se retrouvaient dans la bibliothèque de la Maison Blanche) organisait des réunions spontanées, et qui restaient informelles, depuis quelques années déjà. Si le 15 juin 1975 le Président Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt appellent les autres grands chefs des pays industrialisés à se réunir au sein d'un sommet économique, c'est aussi le moyen d'officialiser leur pouvoir de décision en matière d'économie internationale, domaine jusque là résevé au FMI et à la Banque Mondiale. L'origine du G7 est donc liée à une situation économique en crise mais aussi à la volonté des grandes puissances de réaffirmer leur pouvoir et leur contrôle sur l'économie mondiale. Ils comprennent tous que les économies sont interdépendantes et qu'il est nécéssaire de se regrouper autour des Etats-Unis face au Sud et à l'Est. Ils se constituent en groupe libéral, démocratique et occidental. En 1974 les organismes supra-nationaux semblent incapables de résoudre les problèmes rencontrés, les grandes puissances doivent donc s'efforcer de résoudre ces difficultés entre elles. {{II - L'évolution générale au cours des 22 sommets, de 1975 à 1996 }} - {L'élargissement du nombre de partenaires } Le groupe des cinq qui devient rapidement le G7 évolue énormément au cours de ses 22 années. Le nombre de participants s'est élargi. Le premier sommet (Rambouillet novembre 1975) accueillait 6 pays : la France, l'Italie, la RFA, les Etats-Unis, le Japon et la Grande- Bretagne. Lors du sommet de Porto-Rico en 1976, le Canada rejoignait le groupe des grandes puissances occidentales. En 1977, au sommet de Londres, on décida que la Communauté Européenne serait présente aux réunions du G7. D'autre part, l'URSS puis la Russie, entame un dialogue avec le G7 à partir de 1991 (sommet de Londres). Puis la Russie rejoint le groupe. Au cours de certains sommets périphériques, des organisations supra-nationales sont invitées à dialoguer avec le G7. Il s'agit notamment de l'OTAN (organisation du traité nord-atlantique), du Commonwealth, ou encore de la Francophonie. Même les Nations Unis participent au réunions périphériques du G7 notamment par l'entremise de la "UN Environnement Conférence" (UNCED) à Rio en 1992 ou de la " UN Social Summit " à Copenhague mars 1995. - {La surmédiatisation et les réunions en grande pompe} L'élargissement ne se limite pas seulement aux nombres de participants. En effet, l'opinion publique est de plus en plus informée des prises de position, des décisions prises au cours des sommets du G7. Il y a une surmédiatisation et les sommets ont tendance à devenir des shows. La présence massive des médias au cours des sommets apparaît à partir du sommet de Versailles en 1982. Les réunions ne se contentent plus d'être informelles et en petit comité. Les chefs d'Etats sont reçus en grande pompe, l'esprit des réunions d'antan, " au coin du feu " a donc disparu. Certains dirigeants comme John Major ou Jean Chrétien désiraient revenir à une structure plus informelle à une formule plus conviviale, à l'abri du regard des médias. C'est pourquoi le sommet d'Halifax en 1995 fut sans spectacle et plus restreint. Les déclarations économiques et politiques furent plus courtes et on tenta de ne pas se disperser sur les thèmes abordés. Peut on parler à partir de 1995 de retour à la simplicité et à la discrétion ? - {L'élargissement des thèmes abordés et la place grandissante donnée au politique et à l'actualité } Les déclarations officielles qui sont généralement des déclarations de principes, sont de plus en plus longues et les sujets traités de plus en plus divers. Alors qu'en 1975 à Rambouillet, il n'y a qu'une déclaration économique, au sommet de Venise en 1987, il y a une " déclaration économique ", une " déclaration sur les rapports Est- Ouest ", une " déclaration sur le terrorisme ", une " déclaration sur le Golfe/ Iran-Irak ", une "déclarations du président de la conférence, concernant les problèmes politiques ", " une déclaration sur les stupéfiants " et "une déclaration sur le SIDA ". A l'origine, le Groupe des cinq puis des sept se réunissait pour se concerter, adapter les politiques sur le plan économique. Les principaux thèmes abordés étaient la stabilité des taux de change, le protectionisme, le chômage, l'aide aux pays en voie de développement, les sources d'énergie, notamment le pétrole et le contrôle de l'inflation. Une deuxième phase dans les réunions du G7 s'engage à partir du changement des chefs d'Etats, participant au G7. Helmut Schmidt, Jimmy Carter et Valery Giscard d'Estaing sont remplaçés par Helmut Kohl, Ronald Reagan et François Mitterrand. Les réunions du G7 deviennent plus politiques malgré les réticences du Président français. En 1980 au sommet de Venise, le G7 prend position et condamne l'occupation militaire de l'Afghanistan par les troupes soviétiques. Le terrorisme est également abordé lors de ce sommet. A Londres en 1982, le deuxième point de la déclaration officielle porte sur les valeurs démocratiques. On parle d' "avenir meilleur " à Tokyo en 1986. En 1984 au sommet de Londres l'écologie et l'environnement entrent en scène. en1986 à Tokyo, la catastrophe de Tchernobyl fait réagir les chefs d'Etats. Dès 1987 au sommet de Venise les stupéfiants et le SIDA sont à l'ordre du jour. En 1989 pendant le sommet de l'Arche, les massacres place Tien An Men sont condamnés, des sanctions sont même prises à l'encontre de la Chine. Le sommet de Naples en 1994 est une consécrarion du politique et la Russie est intégrée aux discussions politiques. {{III - La remise en cause du G7 }} Crée dans une situation de crise économique, et donc d'urgence, le G7 s'est au départ essentiellement attaché à s'occuper des problèmes mondiaux en matière d'économie. Ces sommets permettent aux chefs d'Etat des pays industrialisés ou à leurs représentants de sortir de leur politique nationale pour se trouver confrontés à la situation mondiale, et aux répercussions que peuvent avoir leurs politiques sur celle-ci. Ces réunions sont aussi l'occasion de guider les grandes organisations comme le FMI ou le GATT sur les problèmes à traiter en priorité. - {Trop de fonctions...pas assez de décisions } On s'aperçoit pourtant que les fonctions du G7 se sont accrues au fil des sommets : les thèmes abordés se sont multipliés et ne s'attachent plus seulement aux questions économiques. Le G7 est devenu une entité qui a pour rôles essentiels d'identifier les problèmes, d'examiner les progrès, et de fixer les directions des politiques. On peut se demander s'il n'y a pas de dangers à s'immiscer ainsi dans les affaires des autres et si la surcharge des problèmes évoqués ne diminue pas l'efficacité du G7. Les déclarations officielles montrent que les conclusions des sommets sont de plus en plus longues mais de moins en mois précises. Il est en effet rare que des décisions soient prises, on reste souvent dans le domaine de la constatation. - {Les contre-sommets } Le G7 est aussi parfois qualifié de moyen de "lutte des superpuissances pour l'hégémonie universelle". On comprend alors pourquoi il est remis en cause par des contre-sommets. Dès 1984, des experts en économie se réunirent à Londres pour réétudier les problèmes soulevés par le G7, et apporter parfois des conclusions différentes. En juillet 1989, le contre-sommet de l'Arche, ou "Le sommet des sept peuples parmi les plus pauvres", soutenu par François Mitterrand et comprenant des représentants de pays (Burkina Faso, Zaïre, Mozambique, Bangladesh, Philipines, Indiens d'Amazonie), tous membres d'ONG, fut l'objet d'une hypermédiatisation, car il profita des caméras du bicentenaire de la Révolution française, révelant ainsi au grand jour une opposition à l'hégémonie des Sept. La remise en cause du G7 s'exerce aussi par l'intermédiaire du Forum de Davos qui existe depuis 1971 : il rassemble, au niveau mondial, les grands chefs d'entreprise et des hommes politiques pour parler affaire, lancer des idées nouvelles, prendre contact et étudier des problèmes économiques (monnaie, mondialisation. . . ), rôle premier du G7, qui s'en décharge petit à petit et que d'autres assument. Depuis que l'on parle de l'éventuelle entrée de la Russie dans le G7 on peut également se demander si d'autres pays ne vont pas à leur tour réclamer le droit d'appartenir à ce "club" , jusque là très fermé. - {De l'international au local } Le G7 de Lyon en juin 96, devrait, selon les dires de certaines organisations, donner lieu à des mouvements de contestation. Des associations comme "Les autres voies de la planète" ou "Reprenons l'initiative " ont prévu manifestations et réunions durant le G7 avec le soutien de syndicats comme la CGT ou FO ou de partis comme le PC et l'Internationale Socialiste. Mais une contestation spontanée peut aussi être envisagée : le G7 coûte cher. {{IV - Evolution des Sommets depuis 1996 : du G7 Au G8}} - {Les sommets du G7 de 1996 à 2002 : une modernisation constante tournér vers les grands problèmes du monde contemporain} Le Sommet de Lyon en 1996 a permis de lancer la première initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Celui de Denver, en 1997, a apporté la confirmation la plus manifeste de la fin de la guerre froide avec l'invitation historique faite à la Russie de se joindre au groupe. En 1998, le sommet de Birmingham a été le premier du G8 ; c'est également là qu'a été adopté le principe d'une séparation entre le sommet des chefs d'État et de gouvernement et les réunions de leurs ministres des Affaires étrangères et des Finances. Le sommet de Cologne, en 1999, a renforcé l'initiative PPTE, avec un accord sur l'allégement de la dette de certains des pays les plus pauvres portant sur plus de 37 milliards de dollars. Au sommet d'Okinawa, en 2000, les chefs d'État et de gouvernement se sont mis d'accord pour fournir un financement accru à la lutte contre les maladies infectieuses et ont adopté une charte sur les nouvelles technologies de l'information et le fossé numérique. Le sommet de Gênes, en 2001, a vu la création d'un Fonds mondial de lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose. Les membres du groupe y ont également été rejoints par les chefs d'État de plusieurs grands pays d'Afrique pour le lancement de la Nouvelle initiative pour l'Afrique, appelée NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique). Afin de souligner le soutien accordé à ce texte, chacun des chefs d'État ou de gouvernement a nommé un Représentant personnel pour l'Afrique. Ces derniers, en concertation avec les dirigeants africains, ont élaboré un Plan d'action du G8 soumis en 2002 au sommet de Kananaskis, texte qui a permis à chacun des membres du G8 de s'engager fermement en faveur de l'Afrique et qui a défini les domaines prioritaires en matière d'aide au développement. A Kananaskis, en réponse aux événements du 11 septembre 2001,les chefs d'État et de gouvernement ont aussi annoncé que d'importants travaux seraient menés en matière de lutte contre le terrorisme (mise en place d'un Partenariat mondial contre la dissémination d'armes et de matières de destruction massive et l'adoption de mesures sur la sécurité des transports). Leur attention s'est également portée vers le développement durable et l'accès de tous à l'éducation. Comme à l'accoutumée un certain nombre de questions régionales (situation au Proche-Orient, Afghanistan, relations entre l'Inde et le Pakistan) ont été abordées. - {Du G7 au G8} Le groupe a continué de compter sept membres jusqu'à ce que la Russie, présente en qualité d'observateur depuis le début des années 1990, soit invitée en 1997 à officialiser sa participation. Le premier sommet à huit a donc eu lieu en 1998. A Kananaskis, les chefs d'État et de gouvernement ont pris une décision historique en invitant la Russie à exercer en 2006 la présidence du G8 et à en accueillir le sommet pour la première fois, pour tenir compte des importants changements économiques et démocratiques qu'a connus ce pays durant ces dernières années. L'Union européenne a elle aussi trouvé sa place au sein des réunions du G8, où elle est représentée par le Président de la Commission ainsi que par le chef d'État ou de gouvernement du pays qui exerce la présidence de l'Union. Le sommet de Gênes : un drame sans précédent Les manifestations anti-mondialisation, autour du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G8, ont tourné à la tragédie vendredi 20 juillet 2001 à Gênes, avec la mort d'un jeune manifestant tué, selon des témoignages, d'une balle dans la tête. Le ministère de l'Intérieur à Rome a confirmé qu'un manifestant avait été tué, tandis qu'un carabinier et une autre manifestante ont été grièvement blessés au cours de la journée qui s'est par ailleurs soldée par une centaine de blessés, légèrement atteints pour la plupart, selon les services de secours interrogés par l'AFP à Gênes. La mort de Carlo Giuliani, un autonome italien de 23 ans tué d'un coup de feu par un carabinier blessé, a donné à la cause anti-mondialisation son premier martyr depuis Seattle (fin 1999) et le début des manifestations, souvent violentes, contre les grandes réunions économiques internationales. L'union syndicale G10-SOLIDAIRES déclara alors à la suite de l'événement : « Le G8 était illégitime, il a maintenant du sang sur les mains » Face à de telles contestations, les sommets officiels du G8 deviennent parfois de véritables camps retranchés qui ne peuvent se tenir que sous haute protection policière. Il s'agit du premier mort depuis le début des grandes contestations anti-mondialisation, fin 1999 à Seattle, lors d'une réunion de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). les dirigeants des sept pays et la Russie étaient sous le choc. Le président français Jacques Chirac, notamment, a exprimé sa consternation. Ce vendredi était considéré comme la journée de tous les dangers, avec les défilés des groupes les plus durs. Samedi, au deuxième jour du sommet, une grande manifestation pacifique s'est tenue rassemblant selon les organisateurs plus de 100 000 personnes. Les chefs d'Etat et de gouvernement membres du G8 ont reconnu le lendemain qu'il leur fallait réfléchir à un nouveau mode de fonctionnement, sous peine de rester coupé des milliers de jeunes qui dénient dans la rue toute légitimité à leur sommet annuel. - {Le caractère informel du G8} En dépit d'un agenda de plus en plus chargé, le G8 est parvenu à conserver un caractère informel et à échapper largement à la bureaucratisation. Il n'a ni secrétariat ni règlement intérieur arrêté. C'est le membre du groupe dont le tour est venu de présider qui définit l'ordre du jour et décide de la manière la plus appropriée pour traiter chaque sujet. La présidence accueille et organise le sommet, agit en tant que porte-parole du groupe pendant l'année considérée, coordonne le déroulement des groupes de travail ; c'est à elle, enfin, qu'il revient d'associer aux travaux du G8 des organisations non gouvernementales (ONG), les institutions financières internationales et d'autres secteurs de la société civile. - {La présidence française du Sommet d'Evian (1er-3 juin 2003) } Le sommet des chefs d'État et de gouvernement du G8 a lieu traditionnellement au début de l'été. Cette année, il se déroulera du 1er au 3 juin à Évian-les-Bains, dans les Alpes. Une réunion de ce type exige des préparatifs approfondis. Ceux-ci sont assurés grâce à une série de réunions organisées tout au long de l'année auxquelles assistent les représentants personnels des chefs d'État et de gouvernement, connus sous l'appellation de « sherpas ». Le sherpa français est M. Gourdault-Montagne, conseiller diplomatique du Président de la République Française, M. Chirac. Avec les sherpas des autres pays du G8, il traite pendant l'année les thèmes susceptibles de figurer à l'ordre du jour de telle sorte que les chefs d'État et de gouvernement puissent tourner leur attention vers les points essentiels lors de leur réunion. Les sherpas sont également chargés de superviser la mise en oeuvre des décisions prises au sommet. Chaque sherpa est assisté de deux personnes de son pays, dites: un sous-sherpa « finances » et un sous-sherpa « affaires étrangères », chargés de traiter les dossiers nouveaux et d'analyser l'état d'avancement des engagements antérieurs. De plus, le directeur des affaires politiques du ministère des Affaires étrangères est chargé de préparer les dossiers politiques et de sécurité destinés au sommet. D'autres réunions techniques propres au G8 peuvent se tenir au long de l'année sur les sujets traités. Même si la plupart des sommets sont « perturbés » par la présence de contre sommets, cette année le sommet risque d'être placé sous haute protection. En effet, les divergences d'opinion suscitées par la guerre en Irak de 2003, entre les Etats-Unis et un certain nombre de pays européens, ont envenimé quelque peu le contexte international et l'accès au sommet ainsi qu'à Evian sera étroitement surveillé pour éviter tout incident diplomatique.

 


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