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Les "institutions" du G8
DEDAJ Céline - YANEZ Caroline

lundi 12 mai 2003


Historique du G7
Les publications du G7
Le fonctionnement institutionnel du G8
Poids économique des pays du G8 dans le monde

{{{Sommaire }}} {{I - Historique : du G5 au G8 }} {{II - Fonctionnement}} {Chronologie des sommets} {La forme actuelle des sommets du G8} {Buts et objectifs} {Protocole} {{III - Perspectives : vers une réforme des "institutions" du G8 ?}} {Les membres} {L'ordre du jour } {La formule des rencontres} {{Bibliographie }} ------ {{I - Historique : du G5 au G8}} En 1975 la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne et le Japon se réunissent pour discuter de la situation financière internationale (fortement déstabilisée après la crise pétrolière). Sous l'impulsion de Valéry Giscard d'Estaing, ils forment le "G5". Cette réunion qui devait n'être que ponctuelle a lieu depuis régulièrement, et regroupe huit et non plus cinq Etats : le Canada, l'Italie et la Russie ont rejoint le système tout comme l'Union européenne. En outre, d'autres dirigeants du monde sont invités pour l'occasion. A l'ordre du jour : l'ensemble des grands enjeux mondiaux. Le 28ème et dernier sommet du G8 a eu lieu à Kananaskis, au Canada, en juin 2002. Le prochain aura lieu en France, en 2003, à Evian. Selon le professeur Philippe Faucher, enseignant au département de science politique de l'Université de Montréal, le sommet a été mis sur pied et a évolué en tant que "concertation démocratique moderne", dont l'objectif est d'assurer une gouvernance mondiale efficace là où l'ancien multilatéralisme des Nations-Unies a échoué. Il a été créé pour préserver et promouvoir les valeurs démocratiques. Plus précisément, l'idée de la tenue régulière d'une réunion entre les grands pays de la planète est née dans un contexte de crises que les organismes multilatéraux issus de la Seconde Guerre mondiale n'ont pas réussi à désamorcer (GATT, renforcement de la Communauté européenne, OTAN). Il fallait donc inventer une nouvelle institution permettant à des Etats tels que le Japon, l'Allemagne et l'Italie de rejoindre les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale (Etats-Unis, Royaume-Uni et France), pour rechercher ensemble des solutions aux grands problèmes économiques et politiques internationaux. Les dirigeants français et allemand ont proposé une formule de type informel inspirée des réunions qui se tenaient alors à la bibliothèque de la Maison Blanche entre ministres des finances dans le cadre des discussions concernant la mise en place d'un nouveau système monétaire international. Les anciens membres de la Commission trilatérale - Etats-Unis, Europe et Japon - préféraient quant à eux un système plus structuré : institutions évoluées, réunions minutieusement préparées et décisions collectives finales clairement établies. Le modèle adopté a finalement été la formule dite "de Commission trilatérale", sur le modèle européen, qui représentait la concertation démocratique moderne. Ces rencontres ne devaient donc réunir, périodiquement, que les grandes puissances, par le biais de leurs dirigeants, en sommets soigneusement préparés et dont les décisions porteraient sur les grands enjeux de l'actualité économique et politique internationale. Leur institutionnalisation s'est réalisée par la tenue de rencontres annuelles auxquelles participent de nombreux membres, lesquels représentent un vaste réseau. En fait, le forum initial, dont la mission et l'échelle étaient plus restreintes, a engendré un programme qui « englobe la gouvernance de la collectivité mondiale ainsi que la gouvernance intérieure de l'ensemble des Etats-nations de la planète » (Faucher). En effet dès 1976 un deuxième sommet s'est réuni à Puerto Rico. Le G5 a alors accueilli le Canada et l'Italie pour former le G7. Lors du somment de Londres, en 1977, la Communauté européenne est invitée à participer aux discussions. Quant à la Russie, elle a d'abord participé à une réunion en 1991, en tant qu'Union soviétique, puis au sein d'un groupe de huit nations à Lyon en 1996. Elle a ensuite obtenu le statut de membre du sommet en 1997 (Denver), puis celui de membre à part entière à Birmingham en 1998. Le G7 est alors devenu le G8. On peut noter que l'entrée de la Communauté européenne, maintenant Union européenne, a renforcé le poids des membres européens - déjà très important - au sein du G8. {{II - Fonctionnement}} {Chronologie des sommets } document 4 {La forme actuelle des sommets du G8} Les réunions du G8 prennent une importance croissante. En témoignent leur actuelle fréquence, la somme grandissante de points à l'ordre du jour et l'augmentation du nombre de membres et de participants. Le G8 est devenu un forum annuel de gouvernance mondiale, qui a lieu vers la fin du printemps ou pendant l'été. De plus, un sommet d'intersession sur la sécurité nucléaire a eu lieu à Moscou en 1996. Chaque année, l'un des huit pays les plus industrialisés se voit attribuer la présidence du groupe; il est chargé de l'organisation de toutes les rencontres qui auront lieu durant son mandat, qu'il s'agisse du choix de la ville d'accueil ou d'autres questions plus matérielles comme de la définition des thèmes majeurs qui seront discutés. Les sommets annuels réunissaient d'abord les ministres des finances et des affaires étrangères ainsi que les chefs d'Etat. En 1998, ces derniers ont commencé à se réunir à part. De leur côté, les ministres s'étaient déjà rencontrés séparément lors de forums autonomes (ministres du commerce en 1982, des affaires étrangères en 1984, des finances en 1986). Ces forums ministériels réunis pour discuter de questions intérieures, d'environnement, de travail, d'éducation, d'énergie ou de justice se sont multipliés dans la dernière décennie. A côté de ces institutions, le G8 a encore généré d'autres forums, et chaque membre est doté de groupes de travail et d'étude composés de hauts-fonctionnaires. En définitive, le G8 a assuré son succès en s'appliquant deux principes : tout d'abord choisir quelques questions importantes à aborder et s'y tenir exclusivement (à Kananaskis, en juin 2002, on s'est concentré sur la réduction de la pauvreté en Afrique, le maintien de la croissance mondiale et la lutte contre le terrorisme), d'autre part choisir un angle d'attaque économique et politique pour traiter ces sujets. {Buts et objectifs} Le communiqué de clôture du sommet de Rambouillet en 1975 affirmait la volonté du G5 de renforcer la démocratie, le progrès social et les droits de l'Homme dans le monde. Ce sommet a également mis l'accent sur les finances internationales, la politique économique, le commerce international et le "développement". Depuis, on a également traité d'énergie, d'environnement, des relations "Est-Ouest", de sécurité politique, etc. En fait, toutes les questions relatives à la gouvernance mondiale et intérieure ont maintenant été abordées et tous les thèmes qui en découlent peuvent faire l'objet de discussions. Le G8 possède donc l'ordre du jour le plus large et le plus souple que connaisse une institution ayant trait à la gouvernance mondiale. {Protocole} Les rencontres officielles entre des chefs d'Etat et/ou des représentants de gouvernement doivent observer un protocole qui dicte des règles de courtoisie spécifiques ainsi qu'un ordre hiérarchique déterminé. Le protocole a pour but d'assurer que les droits et les privilèges des représentants soient respectés. Il a aussi comme objectif d'éviter les conflits potentiels liés à l'ordre de préséance. Ce protocole, universellement reconnu, aide à établir l'ordre approprié et la bienveillance réciproque lors de rencontres internationales. - L'ordre de préséance : -# chefs d'Etat -# chefs de gouvernement -# le président du Conseil de l'Union européenne -# le président de la Commission européenne - Le plan de table : le président du Sommet est le point de référence. Les autres invités prennent place alternativement à sa droite et à sa gauche selon l'ordre de préséance. - La photographie officielle : les chefs des délégations suivent le même ordre que celui du plan de table. - Les drapeaux : ils sont hissés selon l'ordre alphabétique anglais des pays, de gauche à droite (le drapeau du pays hôte étant le premier sur la gauche). {{III - Perspectives : vers une réforme des "institutions" du G8 ?}} Dès le premier sommet, de nombreuses propositions de réforme du sommet ont été émises. Les dirigeants du sommet ont eux-mêmes été les artisans du façonnage de l'institution. En effet, certains observateurs et participants ont proposé la tenue de rencontres minimalistes, avec peu de préparation, un nombre restreint de membres, un ordre du jour rigide, un déroulement informel, en présence de peu de médias, pays non-membres, organisations internationales et une faible participation de la société civile. D'autres, dans la continuité du modèle dit "de Commission trilatérale", ont émis au contraire une volonté de maximisation du sommet, avec une préparation importante, une participation et un ordre du jour élargis, la participation de ministres et hauts-fonctionnaires, une importante couverture médiatique, ainsi que la création d'un secrétariat chargé du suivi et de la préparation des rencontres. En outre, ceux qui considèrent le sommet comme un modèle de concertation démocratique ont une position intermédiaire. Ils souhaitent la participation des chefs des grandes puissances démocratiques, une certaine flexibilité de l'ordre du jour, qui mettrait l'accent sur les priorités économiques et politiques communes aux membres, le tout avec une préparation des sommets dirigés par les chefs eux-mêmes, qui incluraient toutefois de nouveaux intervenants. {Les membres} Aujourd'hui, le cœur du débat sur la réforme des "institutions du G8" se situe autour de la participation des membres. Les partisans du modèle de concertation défendent le statu quo. Les partisans du modèle de "leadership américain" souhaitent une diminution du nombre d'Etats membres. En effet, l'Union européenne devrait représenter à elle seule les quatre principaux pays européens. Le Canada, la Russie et le Japon pourraient en être exclus. Les partisans d'une logique "institutionnelle" souhaitent de leur côté un sommet plus représentatif, plus légitime, plus puissant et plus efficace. C'est ainsi qu'ils souhaitent une participation plus étendue avec l'entrée à terme de la Chine, ou encore de l'Inde, du Brésil, de la Belgique, des Pays-Bas, de l'Australie. Enfin, les partisans du modèle de "faux consensus", selon les termes de Philippe Faucher, souhaitent la participation des dirigeants des grandes firmes multinationales, en argumentant que certaines de ces sociétés sont plus puissantes que de nombreux Etats. Les membres actuels du G8 semblent favoriser le statu quo, sans négliger toutefois quelques modifications. En effet, le G8 est actuellement à même d'accueillir toute nouvelle puissance durablement démocratique, comme l'a montré l'admission de la Russie. Ainsi le G8 resserre ses liens avec la Chine, malgré un régime difficilement qualifiable de véritablement démocratique. Le deuxième pays en lice pour l'admission (à terme) est l'Inde. {L'ordre du jour} De nombreux débats portent sur l'ordre du jour. On discute en effet de l'étendue du programme du sommet. Le G8 doit-il débattre de nombreuses questions, comme à Okinawa en 2000, ou au contraire restreindre son ordre du jour à quelques thèmes centraux comme à Kananaskis en 2002 ? De plus, les objectifs attendus doivent être clarifiés. Les discussions doivent-elles amener les membres à un consensus ou peuvent-elles porter sur des questions délicates qui resteraient éventuellement en suspens à la clôture des rencontres ? D'autre part, il reste à déterminer si les membres ne doivent examiner que les questions qui les touchent directement, ou s'ils doivent aborder tous les grands problèmes internationaux. Ensuite, les membres du sommet doivent s'interroger sur la question de la souveraineté. Régler les relations entre pays souverains membres ne pose pas de problème particulier, mais il en va tout autrement lorsqu'il s'agit d'influer sur les affaires intérieures des pays membres et a fortiori sur les affaires intérieures des pays tiers. Enfin, l'équilibre entre les questions économiques et politiques reste à débattre. En considérant que le G8 est une forme de concertation démocratique (ce qui légitime alors ses sommets), on peut soutenir que l'ordre du jour doit veiller à sauvegarder et à promouvoir les valeurs démocratiques et à encourager la stabilité des marchés et la croissance, par la coopération. {La formule des rencontres} En 1992, John Major (alors Premier ministre du Royaume-Uni) a proposé de réduire la fréquence des sommets et de les rendre beaucoup moins formels. Il suggérait alors de ne réunir que les chefs d'Etat. Suivant cette conception, Tony Blair (Premier ministre britannique) a exclu les ministères des finances et des affaires étrangères du sommet à Birmingham en 1998. De même, le Premier ministre canadien, Jean Chrétien, a tenté de limiter la participation aux chefs d'Etat à Halifax, en 1995. Kananaskis a été organisé comme le sommet le plus bref, le plus isolé et le plus informel de toute l'histoire des rencontres, avec une participation minimale des représentants et des journalistes. En outre, Jean Chrétien a également tenté de supprimer la tradition du communiqué final qui regroupe l'ensemble des sujets abordés durant les réunions, les décisions prises, les résolutions, les recommandations envers les pays tiers, etc. Nous voyons donc bien comment même les membres les moins influents (comme ici le Royaume-Uni et le Canada) peuvent modeler les institutions du sommet, conformément au modèle de concertation. De meilleurs résultats en matière de coopération et de respect des engagements ont été effectivement observés depuis 1998. Cependant, on ne peut en conclure que la simplicité soit un gage d'efficacité.

{{Bibliographie}} - Philippe FAUCHER, « Création et évolution du système du G8 », www.g8online, mai 2002 Bibliographie de l'auteur : -* Andrew BAKER, « The G7 as a Global "Ginger Group": Plurilateralism and Four-Dimensional Diplomacy », Global Governance : A Review of Multilateralism and International Organisations, vol.6, n°2, 2000, p.165-189 -* Nicholas BAYNE, Hanging in Here : The G7/G8 Summit in Maturity and Renewal, Ashgate, Aldershot, 2000 -* Stephen GILL, « Structural Changes in Multilateralism : The G7 Nexus and the Global Crisis », in Michael SCHECHTER (dir.), Innovation in Multilateralism, St. Martin's Press, New York, 1999 -* Gerald HELLEINER, Markets : Politics and Globalization :Can the Global Economy Be Civilized ?, CNUCED, Genève, 2000 -* John KIRTON, « Contemporary Concert Diplomacy : The Seven-Power Summit and the Management of International Order », conférence préparée pour le congrès annuel de l'International Studies Association et la British International Studies Association, Londres, 29 mars au 1er avril 1989 (mai 2002) -* John KIRTON, « Explaining G8 Effectiveness », p.45-68, in John KIRTON et Joseph DANIELS, The G8's Role in the New Millenium, Ashgate, Aldershot, 1999 -* Henry KISSINGER, A World Restored : Metternich, Casterleagh, and the problems of Peace : 1812-1822, Houghton Mifflin, Boston, 1957 -* Pascal LAMY, The Economic Summit and the European Community, Papier de Bissell n°5, Université de Toronto, Centre for International Studies, 1988 (mai 2002) -* Bernard WOOD, « Critical Choices », p.134-137, in John HOLMES et John KIRTON (dir.), Canada and the New Internationalism, Intitut canadien des affaires internationals, Toronto, 1988 - Philippe FAUCHER, « Préparation, déroulement et réforme du sommet », www.g8online, mai 2002 - Michel FOUCHER, Les enjeux du G7, Broché Economica , 1997 - Sonia ZILLHARDT, Bibliotheca Universalis: a G-7 Global Information Society Pilot Project - http://www.bl.uk/gabriel/bibliotheca-universalis/en/bibliotheca_universalis_accueil.htm - http://www.g8.gc.ca/about_g8/summitprotocol-fr.asp

 


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