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Le G8 et les maladies infectieuses
DEDAJ Céline

lundi 12 mai 2003


Le G8 et le sida
Le positionnement du G8 par rapport aux politiques de santé publique

Remarque préliminaire : Les maladies infectieuses dont les membres du G8 ont choisi de discuter plus particulièrement lors de leurs rencontres sont : le sida (Syndrome Immunodéficitaire Acquis, apparu en 1981 avec le Virus d'Immunodéficience Humaine, VIH), la tuberculose et la malaria. NB : les personnes infectées par le VIH sont dites "séropositives".

{{{Sommaire}}} I - Une préoccupation "récente" II - Depuis le sommet de Kyushu-Okinawa Bibliographie ----- {{I - Une préoccupation "récente"}} A Venise (Italie), en 1987, les chefs d'Etats et de gouvernements du G7 ont présenté le sida comme l'un des plus grands problèmes de santé mondiaux potentiels. Pour le résoudre, ils ont indiqué que leurs efforts nationaux devaient être intensifiés, de même que la coopération internationale, tout en veillant à ce que les mesures prises soient en conformité avec les droits de l'Homme. L'absence de vaccin et de traitement contre cette maladie a incité les membres du groupe à plutôt promouvoir la sensibilisation et la prévention, dans un premier temps. Cependant, les membres du G7 se sont engagés à poursuivre leurs efforts et leur collaboration dans le domaine de la recherche contre le sida. Ils souhaitaient que l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reste le cadre privilégié de cette lutte. Ils ont en outre proposé la création d'un Comité international d'Ethique sur le Sida, effectivement en place en mai 1989, juste avant le sommet de Paris. Au sommet de Lyon, en 1996, les maladies infectieuses évoquées ont été le sida, la malaria, le choléra, l'ébola, la tuberculose et la pneumonie. Les membres du G8 les ont considérées comme des menaces « inacceptables » pour toutes les nations, plus particulièrement les plus pauvres (en Afrique, Asie du Sud-Est, Amérique latine et dans les Caraïbes). Ils ont ainsi appuyé le projet de création et de mise en application de mécanismes d'aide à la prévention, à la détection, à la surveillance et à la lutte contre l'émergence ou la résurgence de maladies contagieuses. Ils se sont également prononcés pour un renforcement de la coopération internationale dans les domaines de la recherche, de la prévention, des services de santé, du diagnostic de traitement et du contrôle de ces maladies. Ils ont en outre rappelé leur engagement concret dans cette lutte, dans leurs pays respectifs et au niveau international. Enfin, ils ont soutenu l'action de l'OMS et du programme des Nations-Unies pour le Lutte contre le Sida, l'UNAIDS. Les membres du G7 se sont engagés à Denver (Etats-Unis), en 1997, à collaborer pour lutter contre les maladies infectieuses, en particulier la malaria, la tuberculose et le sida, qui étaient à elles seules responsables du tiers des décès dans le monde. Ils ont également affirmé qu'ils s'assureraient que le Programme des Nations-Unies contre le Sida (UNAIDS) ait les fonds nécessaires à ses activités. Cependant, aucune annonce n'a été faite quant à la création d'un groupe de travail du G7/G8 sur le sida comma cela était prévu, et aucun engagement n'a été pris quant à la contribution des membres à la recherche d'un vaccin contre le VIH. Dans le communiqué préliminaire, les membres du G7 évoquaient également la pneumonie infantile, la diarrhée, mais ils se sont finalement recentrés sur les trois maladies infectieuses "traditionnellement" évoquées au sommet. Au sommet de Birmingham (Royaume-Uni), en 1998, on dénombrait cinq cent millions de cas de malaria qui se déclaraient chaque année. Deux à trois millions de personnes par an en mouraient, dont un million d'enfants de moins de cinq ans. Les membres du G8 se sont engagés à soutenir l'initiative « Roll Back Malaria » prise par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui avait l'ambition de réduire le nombre de décès dus à la malaria de moitié d'ici 2010. Cependant, les membres du G7 ne se sont pas fixés d'objectifs précis dans ce cadre. En outre, les membres du G8 se sont réengagés à poursuivre leur lutte contre le sida. On dénombrait alors quarante pour cent des femmes enceintes africaines séropositives. Parmi les défis mondiaux à relever énoncés dans le communiqué de Cologne (Allemagne), en 1999, les membres du G8 ont évoqué les maladies infectieuses, en particulier la malaria (rappelant leur engagement dans l'initiative « Roll Back Malaria » de l'OMS), la poliomyélite et la tuberculose (rappelant en outre leur engagement dans l'initiative « Stopper la Tuberculose »). {{II - Depuis le sommet de Kyushu-Okinawa}} Au sommet d'Okinawa (Japon), en 2000, les membres du G8 ont reconnu que la santé est une « clé » de la prospérité et que « c'est seulement grâce à une action continue et une coopération internationale cohérente pour mobiliser l'ensemble des ressources médicales, techniques et financières, nouvelles et préexistantes qu['ils pourront] renforcer les systèmes de santé et (..) briser le cercle vicieux de la maladie et de la pauvreté ». Il a été insisté sur l'importance de la prévention et de l'accès de tous aux soins de base. C'est pourquoi ce sommet a constitué un tournant dans la prise en compte des problèmes liés aux maladies infectieuses par le G8, avec l'engagement de ses membres à décider d'un plan « ambitieux » de lutte contre ces maladies. Les maladies infectieuses concernées étaient surtout le sida, la malaria et la tuberculose. Les objectifs que les membres du G8 se sont engagés à atteindre ont été : de réduire le nombre de jeunes gens infectés par le VIH de vingt-cinq pour cent d'ici 2010 (conformément au Rapport du Secrétaire général des Nations-Unies à l'Assemblée générale le 27 mars 2000), de réduire le nombre de décès dus à la tuberculose et sa fréquence de moitié d'ici 2010 (conformément à l'initiative de l'OMS « Stopper la Tuberculose ») et à poursuivre l'objectif de l'Initiative de l'OMS « Roll Back Malaria ». Ils se sont également engagés à organiser un conférence à ce sujet au Japon, en automne. Ce sommet a également été l'occasion d'une initiative japonaise pour la lutte contre les maladies infectieuses et parasitaires. Ceci montre encore qu'un tournant a été pris par les membres du G8 au sujet des maladies infectieuses à Okinawa. Sa philosophie de base est de : - considérer que les maladies infectieuses et parasitaires constituent un handicap au développement, - collaborer dans ce domaine dans le cadre d'un partenariat mondial et centrer son action au niveau des communautés, - garder à l'esprit l'expérience et le rôle du Japon dans ce domaine. Ses principes d'action étaient les suivants : - contribuer à la mise en place de systèmes de santé dans les pays en développement, - développer le "capital humain" pour améliorer l'efficacité de la recherche, - collaborer avec la société civile, les pays donateurs et les organisations internationales, - promouvoir la coopération « Sud-Sud » (les pays dits du « Sud » étant les pays en développement), - promouvoir la recherche, - sensibiliser les communautés aux problèmes de santé. Le sommet de Gênes (Italie), en 2001, devait donner lieu à de fermes engagements financiers pour la lutte contre les maladies infectieuses. Les membres du G8 devaient également mesurer le chemin parcouru dans cet objectif depuis le sommet d'Okinawa. Ils ont reconnu que les maladies infectieuses sont elles-mêmes à l'origine de la pauvreté de certaines populations. Cet enjeu a été considéré comme une menace économique et physique non pas seulement au regard d'individus et de communautés, mais aussi de nations et de continents. Le sida avait déjà tué vingt-deux millions de personnes. Le G8 a donc qualifié cette épidémie d'« urgence internationale » et a proposé la création d'un fonds spécifique des Nations-Unies pour la combattre. La malaria, elle, tuait environ trois cent mille personnes par jour et cette épidémie s'aggravait à nouveau. Ils se sont donc réengagés à poursuivre leurs efforts pour atteindre l'objectif de réduire de moitié le nombre de décès dus à cette maladie d'ici 2010. La tuberculose a elle été reconnue comme l'infection la plus répandue dans le monde, avec deux millions de victimes par an. Après un recul de quarante ans, cette maladie était en recrudescence. Les cas de tuberculose devaient encore doublér en Afrique, notamment à cause du sida. Les membres du G8 se sont donc engagés à réduire de moitié les malades et victimes de cette maladie d'ici 2010, objectif qualifié de « très ambitieux ». Mais les avancées du combat contre le sida devaient faire avancer celui contre la tuberculose. Ils ont en outre insisté sur le fait que les systèmes de santé nationaux étaient la clé de voûte de la lutte contre les maladies infectieuses. Le Fonds mondial pour la Santé et la lutte contre le Sida a effectivement été créé le 20 juillet 2001 et les membres du G8 ont engagé des fonds substantiels pour combattre ces fléaux. Il semblait ainsi que les objectifs d'Okinawa étaient en bonne voie pour être atteints d'ici 2015. Kofi Annan, le secrétaire général des Nations-Unies, a d'ailleurs félicité les membres du G8 pour leur action en faveur de la lutte contre le sida à la suite de ce sommet. Le premier objectif du sommet de Kananaskis (Canada), en 2002, en matière de maladies infectieuses était d'accroître la contribution des membres au Fonds mondial pour la Santé. Le second objectif du sommet était d'augmenter plus généralement la participation des membres du forum à l'assistance médicale pour lutter contre les maladies infectieuses. Comme le sommet était orienté vers la situation en Afrique, toute initiative pour le développement de ce continent devait être accompagnée d'engagements à de sérieux efforts pour la lutte contre les maladies infectieuses, notamment en terme de coopération avec les autorités africaines. Même si ces engagements étaient positifs, ils se focalisaient de manière exclusive sur l'Afrique, écartant de facto les problèmes de santé existants dans les autres régions du globe. En revanche, ils dénotent une véritable volonté de la part des membres du G8 de s'attaquer aux causes du problème, et non pas seulement d'allouer des fonds pour cette cause. Ainsi, le problème des maladies infectieuses en Afrique a été abordé dans une optique plus globale de développement du continent. L'épidémie de pneumopathie atypique (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) devrait sans doute être évoquée lors des discussions sur les maladies infectieuses au prochain sommet du G8 à Evian (1-3/06/2003).

{{Bibliographie}} Université de Toronto (Canada), [Centre d'Information sur le G8->http://www.g8.utoronto.ca/] : - [Nicholas BAYNE, "Impressions of the Denver"->www.g7.utoronto.ca/evaluations/1997denver/impression/globiss.htm] - [Rose BULAONG, « The G8 Moves on Malaria and AIDS », 17/05/1998->www.g7.utoronto.ca/g7bulletin/1998/bull10.htm] - [Salimah EBRAHIM, « Issue Objectives for the Genoa Summit Meeting 2001: Infectious Diseases », juin 2001->www.g7.utoronto.ca/evaluations/2001genoa/objectives/diseases.html] -* [Salimah EBRAHIM, « G8 Gives Boost To International Efforts To Combat Hiv/Aids », 20/06/2001->www.g7.utoronto.ca/g8bulletin/2001/bulletin3.htm] -* [Allison SMITH and ARON, « Infectious Disease Objective for Denver»->www.g7.utoronto.ca/evaluations/1997denver/issue/infecass.htm] -* [Serena YOON, Dan BEN-ARON and Oksana WERBOWY, « From Genoa 2001 to Kananaskis 2002 Issue Performance Assessment Health and Infectious Diseases », juillet 2002->www.g7.utoronto.ca/evaluations/2002kananaskis/assessment_health.html] - [Sommet de Venise en 1987->www.g7.utoronto.ca/summit/1987venice/aids.html] - [Sommet de Paris en 1989->www.g7.utoronto.ca/summit/1989paris/communique/aids.html] - [Sommet de Lyon en 1996->www.g7.utoronto.ca/summit/1996lyon/chairman/poli1.htm] - [Communiqué final du Sommet de Denver->www.g7.utoronto.ca/summit/1997denver/g8final.htm] - [Communiqué final du Sommet de Birmingham->www.g7.utoronto.ca/summit/1998birmingham/finalcom.htm] - [Communiqué final du Sommet de Cologne->www.g7.utoronto.ca/summit/1999koln/finalcom.htm] - [Communiqué final du Sommet d'Okinawa->www.g7.utoronto.ca/summit/2000okinawa/finalcom.htm] - [Communiqué final du Sommet de Gènes->www.library.utoronto.ca/g7/summit/2001genoa/finalcommunique.html] Et : - [Site officiel du G8 d'Evian->http://www.g8.fr/evian/]

 


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