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Le G8 et les mines antipersonnel
GOUJON Nicolas - YANEZ Caroline

lundi 12 mai 2003


La déclaration sur les armes conventionnelles et nucléaires, biologiques et chimiques
G8 et Sécurité nucléaire

Les mines antipersonnel constituent un fléau qui tue ou mutile chaque année plus de 20 000 personnes dans le monde, touchant essentiellement des populations civiles. La prolifération de cette arme, qui continue à frapper ses victimes bien longtemps après la fin des conflits, entraîne une déstabilisation durable des pays dans lesquels elle a été massivement utilisée. Selon les estimations actuellement retenues, 110 millions de mines antipersonnel se trouveraient enterrées ou posées au sol dans une soixantaine de pays, ce nombre augmentant d'environ 2 millions chaque année. Sur la seule période 1980-1995, 65 millions de ces engins auraient été disséminés. Parmi les pays les plus gravement touchés, l'Afghanistan (où des mines ont été massivement larguées depuis des hélicoptères par les forces soviétiques), le Cambodge (où elles ont été utilisées par l'armée vietnamienne comme par les Khmers rouges) et l'Angola, figurent en tête de liste. Les mines antipersonnel ont également été utilisées dans des conflits plus récents en ex-Yougoslavie (2 à 3 millions de mines seraient disséminées sur les territoires de la Croatie et de la Bosnie) et dans le Caucase (Abkhazie et Tchétchénie). Le minage réduit les surfaces cultivables et frappe une main d'œuvre agricole très exposée au danger. Il désorganise profondément l'économie en restreignant les possibilités de communication et d'échanges. Leur prolifération constitue ainsi un facteur aggravant de sous-développement. {{Les prises de position du G8}} Lors du sommet de Lyon de 1996, le G8 a insisté sur la nécessité de ne « négliger aucun effort pour éliminer le fléau que constituent la prolifération et l'usage indiscriminé des mines antipersonnel ». Les pays membres sont se donc engagés à soutenir les efforts internationaux visant à détecter et à enlever les mines qui ont été posées et à aider les victimes de mines terrestres. Ils ont ainsi aidé d'autres pays à mettre en oeuvre des « programmes indigènes et autonomes de déminage et de sensibilisation aux mines terrestres ». Cette même année 1996, le Japon, l'Allemagne et le Canada ont organisé des conférences sur le déminage, et plus particulièrement sur le partage de l'information concernant les techniques de détection et de déminage, le développement de capacités indigènes de déminage, et la prestation de soins médicaux adéquats aux victimes de mines. C'est ainsi que depuis 1996, le G8 s'applique à promouvoir la négociation d'un traité interdisant les mines terrestres antipersonnel. D'ailleurs, le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les Etats-Unis se sont faits les coauteurs de la résolution A 51/45 de l'ONU, le 10 décembre 1996, qui exhorte les Etats à négocier un accord visant l'interdiction de ces dispositifs. Cette résolution a été approuvée par 156 voix contre aucune. Le G8, lors du sommet de Denver en 1997, a pris l'engagement de chercher à obtenir l'adhésion universelle à la Convention sur certaines armes classiques et au Protocole de 1996 sur les mines, les pièges et autres dispositifs. Ce protocole renforce les restrictions sur l'usage et le transfert des mines terrestres antipersonnel. Le G8 s'est donc engagé à poursuivre ses efforts pour amener les pays qui ne l'ont pas encore fait à ratifier le Protocole. Finalement c'est le Canada en décembre 1997 qui prend l'initiative d'une convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction. Plus connu sous le nom de Traité d'Ottawa d'interdiction totale des mines antipersonnel, il est entré en vigueur le 1er mars 1999. Les Etats-Unis et la Fédération de Russie ont jusqu'à présent refusé d'en être signataire alors que les 6 autres et notamment l'Allemagne, le Canada, la France et le Royaume-Uni ont d'ores et déjà achevé la destruction totale de leurs stocks. Lors du sommet de Rome, les 18 et 19 juillet 2001, les pays membres ont réaffirmé leur préoccupation concernant « le fléau que représente l'utilisation inconsidérée des mines antipersonnel, qui ont tué ou estropié tant d'innocents civils un peu partout dans le monde, et par le maintien d'importants stocks de mines terrestres ». Ils ont donc réaffirmé leur engagement, notamment dans le cadre de la Convention d'Ottawa ainsi que du protocole sur les mines de la Convention sur certaines armes classiques, dans les domaines suivants : - élimination des mines - déminage humanitaire - aide aux victimes - développement de technologies pour l'action contre les mines. Ils ont conclu sur l'importance des dons : cette « affectation continue de ressources par les donateurs aura des effets décisifs sur cette crise humanitaire ». Mais l'ultime étape pour rendre crédible le G8 par rapport au sujet des mines antipersonnel sera évidemment de voir tous les membres aligner leur politique ; seul moyen de rallier les 48 pays non signataires du Traité d'Ottawa et de poursuivre sur la voie du désarmement.

 


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