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Priorités de la présidence française du G8

mercredi 30 avril 2003


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Déclarations officielles
Calendrier des réunions préparatoires au Sommet
Programme officiel du Sommet d’Evian
Communiqué de clôture de la réunion ministérielle Justice-Affaires intérieures - 5 mai 2003

Extraits du discours de M. Jacques Chirac, Président de la République, lors de la présentation des voeux du corps diplomatique, 7 janvier 2003

La mondialisation est une étape exaltante de l'aventure humaine. Liberté, créativité, circulation immédiate de l'information et des connaissances ouvrent la voie de la paix et de la prospérité, du partage des cultures et du progrès des droits de l'Homme, pourvu que nous agissions, pourvu que nous y mettions plus de solidarité, plus de responsabilité, plus de sécurité, plus de démocratie. Ces principes guideront la présidence française du sommet du G8. La solidarité d'abord. A Evian, nous sommes déterminés à prouver que le contrat conclu dans le cadre du NEPAD entre le G8 et l'Afrique est la source d'un nouvel élan et permet la réalisation de projets concrets qui transformeront ce continent. La France recevra l'Afrique en février à Paris. A l'occasion de ce sommet biennal, je confirmerai aux Chefs d'Etat africains l'engagement du G8 et je les appellerai à rester mobilisés pour donner corps à ce partenariat. Les décisions du Sommet du millénaire et du Sommet de Johannesburg obligent la communauté internationale. Il faut maintenant les concrétiser. Je m'appuierai sur les résultats de la prochaine Conférence de Kyoto, à laquelle je me rendrai, pour proposer que le G8 se consacre à l'un des besoins les plus fondamentaux de l'humanité : celui de l'eau. Diviser par deux, d'ici 2015, le nombre de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable ou à l'assainissement, comme nous y sommes engagés, suppose de doubler les investissements annuels dans ce secteur. A Kyoto et à Évian, nous élaborerons un plan mondial à cette fin. Dans le meme esprit de solidarité, travaillons à enrayer la progression des grandes pandémies et en particulier du SIDA. L'épidémie avance plus vite que nos efforts pour la maîtriser. Elle constitue un obstacle majeur au développement et à l'équilibre de certaines régions. Nous avons accompli des progrès importants : des traitements existent ; nous avons créé le Fonds mondial, qu'il faut pérenniser ; nous avons aussi reconnu à Doha que les pays pauvres doivent pouvoir accéder aux médicaments à des prix abordables. Je déplore que l'égoïsme et l'intéret à court terme aient empeché la conclusion d'un accord à l'O.M.C. à la fin de l'année. Il est urgent que les négociations reprennent et aboutissent. Notre tâche à Evian sera d'avancer dans la mise en ouvre de ces décisions. Deuxième principe qui commandera notre action : la responsabilité. Responsabilité de tous les Etats pour établir les conditions d'une croissance économique stable et d'une libéralisation financière ordonnée. Sous l'impulsion des pays du G8, il est particulièrement urgent de conclure les discussions sur le soutien aux pays qui rencontrent des difficultés de paiements. En reconnaissant le rôle central que doit jouer le FMI, nous devons faire travailler ensemble les créanciers publics, les créanciers privés et les pays en difficulté. Nous pourrons ainsi mieux prévenir et maîtriser des crises comme celle que subit l'Argentine. De meme, nous pourrons conforter le processus engagé avec le Liban en novembre dernier. Le surendettement inhibe le développement. Après l'initiative sur les pays pauvres très endettés, une réflexion doit s'engager sur les pays à revenu intermédiaire, comme je l'ai évoqué à Johannesburg. Les pays industrialisés portent une responsabilité première à l'égard de la planète et envers les générations futures. Le développement durable est une urgence. Urgence de plus grandes disciplines. Urgence aussi de nouvelles conquetes scientifiques et technologiques qui sont autant de défis à notre inventivité, à notre compétitivité. Ainsi, dans la lutte contre le changement climatique, il est indispensable que tous les Etats mettent immédiatement en ouvre le Protocole de Kyoto. Mais nous aurons ensuite besoin de progrès technologiques considérables pour réduire sur le long terme les émissions de gaz à effet de serre. A Evian, nous chercherons à orienter davantage la recherche scientifique et l'innovation technologique vers la protection de l'environnement. Nous traiterons enfin de la responsabilité des entreprises et des acteurs économiques. Le rôle de l'entreprise est de produire, mais pas dans n'importe quelles conditions. Nous ne pouvons accepter que prospèrent des pirates de la mondialisation. Je propose que le G8 d'Evian énonce, sur la base d'une concertation avec les acteurs concernés, les principes d'une économie de marché responsable, dans les domaines financier, social, environnemental et éthique. Troisième principe : la sécurité. A Evian, nous nous consacrerons au renforcement du combat contre le terrorisme et contre la prolifération, ces fléaux qui profitent des failles de la mondialisation. Notre lutte sans merci a porté des coups très durs aux réseaux terroristes. Grâce à la coalition établie dans le cadre de l'ONU, les États ont resserré les rangs. Mais les récents attentats en Asie, en Europe et en Afrique montrent la persistance de la menace. C'est pourquoi la France examinera, à l'occasion de sa présidence au Conseil de Sécurité ce mois-ci, la possibilité d'une concertation approfondie sur l'action internationale contre ce fléau. Les réseaux terroristes, diffus, mobiles, savent tirer parti des technologies modernes. Nous devons tout faire pour les empecher d'accéder aux sources radiologiques, aux armes chimiques ou bactériologiques. C'est l'objet du partenariat mondial lancé à Kananaskis. La France est déterminée à le mettre en oeuvre. Le danger de prolifération vient aussi d'Etats au comportement irresponsable, tentés par la fuite en avant, le chantage, le défi à la communauté internationale. La Corée du Nord en particulier doit comprendre qu'elle n'a pas d'autre voie que de renoncer à son programme nucléaire militaire, développé en contradiction avec ses engagements et le droit international. Le Conseil des Gouverneurs de l'AIEA vient d'exiger que ce pays mette en ouvre sans délai ses accords de garanties. En étroite liaison avec nos partenaires et les Etats de la région, nous sommes déterminés à obtenir le respect par la Corée du Nord de ses obligations internationales. Nous voulons avoir avec eux une large concertation et permettre le moment venu, au Conseil de Sécurité, de jouer tout son rôle. Cet exemple doit nous encourager à renforcer les instruments multilatéraux de lutte contre la prolifération. Je salue le lancement récent, à La Haye, du code de conduite contre la prolifération des missiles balistiques, premier pas vers un instrument juridique de portée universelle. Je rappelle aussi ma proposition de voir les Chefs d'État et de Gouvernement des pays membres du Conseil de sécurité se réunir cette année en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies pour donner, à la lumière des crises récentes, une nouvelle impulsion à la politique de non-prolifération. Solidarité, responsabilité, sécurité, mais aussi démocratie. J'observe attentivement l'importance croissante que prend la mondialisation dans le débat public, les questions pressantes que nos concitoyens se posent pour l'avenir. Je trouve légitime cette exigence d'un débat démocratique qui doit faire toute sa place au dialogue avec les syndicats, les ONG, les collectivités locales et les entreprises. Tous seront étroitement associés à la préparation du Sommet d'Evian. Je les rencontrerai dans les prochains mois. Le G8 n'est pas un directoire du monde. C'est un lieu d'impulsion qui doit inscrire son action dans le cadre des institutions internationales et d'un dialogue élargi. Depuis plusieurs années déjà, les huit se sont ouverts à des consultations avec le reste du monde. A Genes et à Kananaskis, nous avons invité les promoteurs du NEPAD. Franchissons un pas de plus. Comme j'en ai informé nos partenaires du G8, j'inviterai à Evian plusieurs Chefs d'Etat et de gouvernement de pays émergents et de pays pauvres représentatifs du monde dans sa diversité, afin de voir avec eux comment mettre la mondialisation au bénéfice de tous, comment progresser vers la démocratie planétaire. (···)

 


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