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Développement durable
par Michel FAUCON - représentant des Associations françaises de solidarité internationale auprès des Nations Unies.

jeudi 10 avril 2003


INTRODUCTION :7 clefs pour entrer dans le G7
La CNUCED
S.M.I, F.M.I et Banque Mondiale
Ajustement structurel
GATT et l’OMC
Le G7
Mondialisation

- {{Assurer l'avenir}} Fournir à tous les êtres humains et à leurs sociétés les moyens de vivre et de se développer sans épuiser les ressources de la Planète ni compromettre la capacité des générations futures à répondre, à leur tour, à leurs besoins, voilà le défi qu'il est urgent de relever. Telle est la signification de l'expression "Développement Durable", ou "Viable" ou "Soutenable", qui traduit le concept exprimé en anglais par les termes "Sustainable Development". Le rapport Bruntland (1) précise que : "Deux concepts sont inhérents à cette notion": -* le concept de besoins, et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, auxquels il convient d'accorder la plus grande priorité, -* l'idée que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose des limitations, vu la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir". Le développement durable dépasse une approche strictement environnementale : l'homme est au coeur du projet. Il s'agit donc d'un projet global qui vise à renforcer la démocratie - en favorisant la participation des citoyens aux prises de décisions - et l'équité sociale dans le monde et entre les générations. - {{Penser globalement}} Plusieurs exigences doivent être conciliées pour parvenir à la "durabilité". Ignacy Sachs (2) lui reconnaît cinq dimensions : -# sociale : il s'agit de construire une civilisation de l'être, basée sur un partage plus équitable et la satisfaction des besoins (matériels ou non), fondement du développement humain ; -# économique : il faut sortir d'une logique économique fondée sur les seuls critères de l'entreprise et instaurer un système mondial plus juste éliminant les graves déséquilibres actuels : la dette, la détérioration des termes de l'échange, etc... ; -# écologique : ceci suppose la limitation de la consommation des ressources non renouvelables, la réduction de la pression que les plus riches exercent sur celles-ci, une utilisation plus rationnelle des ressources renouvelables ou non ; -# spatiale : une meilleure répartition géographique des activités et des hommes doit être trouvée, ceci passe par une limitation de la concentration, une décentralisation des industries, la promotion d'une agriculture non destructrice des sols et de la biodiversité ; -# culturelle et plurielle : la gestion intégrée des écosystèmes doit s'appuyer sur des traditions, les savoirs propres à chaque milieu et chaque contexte culturel. - {{Maîtriser la croissance}} Quel rôle assigner à la croissance économique dans le développement durable ? A première vue, la lutte contre la pauvreté ainsi que l'accroissement démographique encore important pour les décennies prochaines exigent que davantage de richesses soient produites, principalement dans les pays du Sud. Pourtant, force est de constater que l'abondance des biens produits dans les pays riches n'a pas réduit chez eux les inégalités ni résorbé la pauvreté. D'autre part, ce sont les modes de production et de consommation de ces mêmes pays qui sont responsables des principales pollutions, ce qui rend leur généralisation à l'ensemble de la Planète complètement suicidaire. C'est ce qui faisait dire aux participants du forum des ONG à Rio : "Pour parvenir à des sociétés soutenables, nous affirmons que les pays riches ont le devoir de freiner et de stabiliser leur croissance, et même de la rendre négative, afin que d'autres pays puissent exercer leur droit d'accès à des conditions de vie dignes pour leurs peuples, qui garantissent pleinement leur citoyenneté". - {{Tenir compte des situations}} Les priorités en matière de développement durable sont en fait perçues différemment selon le niveau de technologie atteint par chaque société. Pour les pauvres, l'environnement est vital et il faut le protéger contre l'extrême pression de la demande pour la survie quotidienne. Autrement dit, la question principale est de lutter contre la pauvreté et en faveur d'un développement qui rende moins dépendant des ressources naturelles. Pour les pays riches, la préoccupation principale est de réduire les pollutions et les déchets chez eux, là où ils sont produits actuellement, et d'en prévenir la prolifération. - {{Agir en solidarité}} Ces deux approches ne sont pas conciliables et le danger est grand de voir le Nord imposer au Sud un "nouvel ordre écologique" qui serait vécu par le Sud comme un ensemble de contraintes supplémentaires. Certains pays du Sud réagissent d'ailleurs en opposant au concept du développement durable leur besoin de développement tout court, entendu d'abord comme le besoin de croissance économique. Ce dilemme ne peut se satisfaire de solutions purement techniques. Il faut rechercher des solutions politiques, issues d'un dialogue approfondi, reposant sur de nouvelles formes de solidarité internationale intégrant, par exemple, la reconnaissance d'une "dette environnementale" du Nord à l'égard du Sud. - {{Agir en citoyens}} La solidarité est bien le maître mot qui doit gouverner toute recherche de solution. Elle suppose que les citoyens ne se considèrent pas comme de simples consommateurs passifs livrés aux forces aveugles du marché, mais comme des acteurs capables d'intervenir sur ce même marché, sur les échanges mondiaux et sur les relations internationales, au même titre que certains s'engagent localement pour un saine gestion de leurs écosystèmes. A nous donc de peser, d'agir en citoyens pour que nos choix de société permettent d'assurer les équilibres planétaires, sociaux et environnementaux.

1) Du nom de Mme Gro Harlem Bruntland, premier ministre norvégien, chargée de la présidence d'une commission indépendante sur les problèmes d'environnement et de développement. Source : [L'Antenne Sociale->http://www.ssf-fr.org/regions/lyon/] {La lettre de l'Antenne Sociale - Numéro spécial G7 - mai 1996 } (2) L'écodéveloppement éditions Syros, 1993.

 


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