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Ajustement structurel
par Hugues PUEL - secrétaire général d’Economie et Humanisme

jeudi 10 avril 2003


Le G7
S.M.I, F.M.I et Banque Mondiale
INTRODUCTION :7 clefs pour entrer dans le G7
Mondialisation
GATT et l’OMC
La CNUCED
Développement durable

Ces deux termes barbares désignent dans le langage technocratique les déséquilibres qui existent dans les relations économiques internationales entre pays et qui contraignent certains d'entre eux à mener des réformes internes rigoureuses.

- {{Pourquoi ajustement ?}} Les pays échangent entre eux des produits et des services. Quand la balance des paiements de l'un d'entre eux est déficitaire, le pays doit prendre des mesures pour financer ce déficit, puis tâcher de ramener la balance à l'équilibre, voire réaliser des excédents pour rembourser les dettes antérieures. Quand un pays a des réserves monétaires, il finance aisément son déficit. Quand il n'en a pas, il doit s'endetter auprès d'autres pays, de banques internationales ou d'organismes internationaux. Si sa situation économique est telle qu'elle n'inspire confiance à aucun prêteur, le pays devra gagner cette confiance en lui promettant de réaliser de profondes réformes de son économie interne. - {{Pourquoi structurel ?}} Le mot structure est un mot-valise qui ne signifie rien de précis. Il est employé quand la pensée est vide, confuse ou manipulatoire. Généralement il cherche à désigner une situation qui n'est pas seulement accidentelle mais durable ou un problème qui n'est pas superficiel mais profond, ce qui est très vague. Par exemple quand on parle d'un chômage structurel on ne sait pas s'il s'agit du chômage prolongé de certaines couches de la population, de la différence entre les demandes et les offres d'emploi, d'un chômage causé par le changement technique ou d'un échec des politiques d'emploi, soit quatre phénomènes complètement différents. Il en va de même pour l'ajustement structurel. On ne sait pas quelles sont les causes du déficit de la balance des paiements, quelles sont les réformes que doit mener le pays ni quelles sont les catégories sociales qui vont en faire les frais et celles qui vont en bénéficier. Protester globalement contre les plans d'ajustement structurel n'a donc aucun sens. Il faut y voir de plus près. - {{Des situations diversifiées}} Les situations des pays face à l'ajustement structurel sont très diverses. Pour comprendre le mécanisme, on peut cependant se référer à une situation-type. Un pays africain ou latino-américain (mais ce peut être aussi un pays d'Asie ou de l'Est européen) a de lourds déficits de sa balance des paiements. Il n'a pas de réserves de change (c'est-à-dire de monnaies étrangères) suffisantes pour y faire face. Sa situation est telle qu'aucune banque internationale ne lui fait suffisamment confiance pour lui prêter. Les gouvernants de ce pays se tournent alors vers le Fonds Monétaire International (créé en 1944 lors des accords de Bretton Woods (voir chapitre correspondant), pour être aidés à financer ce déficit. Le Fonds donne son accord à condition que le pays procède à un certain nombre de réformes. - {{Les réformes voulues pour le F M I }} Ces réformes tournent généralement autour des trois mesures suivantes (en totalité ou en partie et selon des modalités chaque fois différentes) : -* Dépréciation de la monnaie nationale par rapport aux autres monnaies : cela favorise les exportations qui deviennent moins chères, mais cela enchérit les importations, ce qui les décourage. Cela est donc favorable à un rééquilibrage, voire à un futur excédent de la balance commerciale. -* Etablissement d'un budget de l'Etat en équilibre par réduction des subventions aux produits alimentaires et aux entreprises publiques, diminution des salaires des fonctionnaires, voire licenciement de fonctionnaires pléthoriques. -* Réforme, liquidation ou privatisation des entreprises publiques. Ces plans d'ajustement structurel sont généralement des remèdes de cheval. Ils soulèvent des cris et des gémissements, voire des révoltes populaires. Les populations des banlieues souffrent particulièrement car ils se traduisent par l'augmentation du prix des denrées alimentaires. Il est commode pour ceux qui profitent des rentes d'un commerce étatisé de crier avec les masses prolétaires contre de tels plans. Par contre les paysans qui voient les prix des produits alimentaires augmenter sont encouragés dans leur production, ce qui permet au pays de s'orienter vers l'autosuffisance alimentaire. Les entreprises publiques, sources de gabegie et corruption, sont vouées soit à la disparition soit à l'assainissement et aux rigueurs de la gestion. Face à l'exigence de réforme du FMI, les dirigeants du pays peuvent refuser le plan proposé. Le pays s'enfonce alors dans le chaos économique et politique ou s'enferme dans l'autarcie (il se déconnecte de l'économie mondiale). Si les gouvernants acceptent la réforme, ils le font en déclarant qu'ils ne peuvent faire autrement. Autant, en effet, ils sont contraints par la nécessité de définir et d'appliquer un plan de réforme, autant ils ont des marges de liberté pour déterminer les modalités de ce plan. Les plans d'ajustement structurel ont des effets sociaux très différents selon les pays. Dans certains cas ils aggravent la situation sociale, dans d'autres ils l'améliorent. La dévaluation du Franc CFA, qui était une espèce de plan d'ajustement structurel a eu des effets économiques et sociaux très différents selon les pays. - {{Dans "ajustement", il y a "juste". Où est la justice là-dedans ?}} Il y a donc une justice commutative dans l'équilibre entre les prestations échangées. Il est donc juste que les balances de paiement tendent à l'équilibre. Bien sûr cela n'épuise pas la justice, car les pays sont inégaux entre eux et l'ordre économique international est favorable aux plus puissants, même s'il y a une recherche de règles du jeu plus équitables (voir chapitre : GATT et OMC). De ce fait il y a une justice distributive à mettre en oeuvre, celle qui tient compte de l'inégalité des situations entre pays : accès des pays les moins développés à des crédits à taux bonifiés, aides financières sous forme de dons, accords de commerce favorables ou acceptation de protections temporaires pour favoriser des transitions difficiles. Mais il y a surtout en cause un ordre économique international procédant d'une justice générale, celle qui promeut le bien commun. Ses règles du jeu sont encore largement à construire : contrôle des mouvements à court terme de capitaux qui perturbent les politiques économiques et entraînent les entreprises dans des logiques financières qui les détournent des finalités productives, création d'une stabilisation monétaire internationale grâce à un accord entre les trois monnaies dominantes, dollar, yen et euro (à créer), codes de bonne conduite en matière d'investissements internationaux, amélioration des règles du commerce international (bon fonctionnement de l'OMC), respect des droits de l'homme et accords sur les migrations internationales.

Source : [L'Antenne Sociale->http://www.ssf-fr.org/regions/lyon/] {La lettre de l'Antenne Sociale - Numéro spécial G7 - mai 1996 }

 


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