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Le G7
Par Denis CLERC - directeur du mensuel Alternatives Economiques

jeudi 10 avril 2003


Développement durable
La CNUCED
Mondialisation
GATT et l’OMC
INTRODUCTION :7 clefs pour entrer dans le G7
S.M.I, F.M.I et Banque Mondiale
Ajustement structurel

{{Du G5 au G7}} C'était en 1975. L'Occident découvrait la crise, mais était persuadé qu'il s'agissait de quelque chose de temporaire, lié à la très forte hausse des prix du pétrole. Les Etats-Unis avaient bien proposé de constituer une sorte de cartel des pays importateurs de pétrole - l'Agence Internationale de l'Energie, au sein de l'OCDE - mais la France, soucieuse de ne pas indisposer les pays arabes, avait refusé d'y participer. Pour ne pas donner le sentiment qu'elle faisait bande à part, le Président Giscard d'Estaing proposa d'instituer une rencontre annuelle - au sommet - des cinq pays capitalistes les plus riches de la planète. L'idée fut bien reçue à Washington, à Londres, à Tokyo et à Bonn : à l'automne 1975, se réunit le premier "G 5" : G comme groupe, 5 comme le nombre des pays participants. L'Italie trouva l'initiative intéressante mais fit savoir haut et fort que cette réunion restreinte, dont elle était exclue, était inconvenante : après tout, le sixième pays industrialisé du monde aurait pu être le cinquième s'il n'était affligé d'un Sud décidément incapable de mettre à profit les versements du Nord pour amorcer son développement. Va donc pour l'Italie, firent savoir les chefs d'Etat des trois pays européens concernés. Mais, outre-Atlantique, on trouva que cette inclusion italienne risquait fort de déplacer le centre de gravité de ce " G 6 " du côté de la vieille Europe. On souhaita donc rééquilibrer cette rencontre en y conviant le Canada. Ainsi naquit le "G 7". {{Un G7 à géométrie variable}} L'histoire de cette géométrie difficile - où s'arrêtent les "grands", donc où commencent les "petits" ? - ne se termina pas là. En 1985, le Président de la Commission Européenne fit savoir qu'il serait bon qu'il participât, lui aussi, à ces rencontres : après tout, le Traité de Rome ne lui donnait-il pas compétence pour ce qui concerne les échanges extérieurs ? N'était-ce pas, déjà, la Commission qui représentait les Douze - c'était alors le nombre des pays membres de la CEE - dans les négociations du GATT ? Et la création du "Système Monétaire Européen" (en 1978) n'étendait-elle pas ces compétences au domaine monétaire, qui était l'un des principaux sujets de discussion au sein de ce "G 7" ? La France fit savoir qu'elle n'était pas très favorable à ce que la CEE soit représentée en tant que telle, car cela risquait d'avoir pour conséquence de donner à ce Président de Commission un rôle qui excéderait celui de simple gestionnaire d'une CEE alors essentiellement commerciale et agricole. On trouva un compromis : le Président de la CEE fut "invité" et put figurer sur la photo de famille annuelle, sans pour autant qu'il ait la possibilité de signer les éventuels communiqués communs. Et puis, en 1994, on eut droit au "cirque Eltsine". La Russie n'était-elle pas un "Grand" elle aussi ? Et n'avait-elle pas donné des gages suffisants de sa conversion à l'économie de marché ? Puisque le précédent européen avait permis de dégager une jurisprudence, on l'appliqua aussi à la Russie, mais avec une nuance : alors que le Président de la CEE - devenue Union Européenne avec le Traité de Maastricht - était invité de droit, donc automatiquement, le Président de la Russie serait invité "ès qualité" lorsque les autres chefs d'Etat le jugeraient utile. Le "G 7" demeurait à 7, même lorsqu'un huitième larron était convié à les rejoindre. Ne confondons pas les fondateurs et les invités ... Initialement, ces rencontres devaient être annuelles, et ne comporter qu'un ordre du jour informel. Chacun des Présidents (ou chef de Gouvernement, dans le cas de l'Italie et du Royaume-Uni) invitait les autres dans son pays, pour briser la glace. Club de rencontre, donc, où l'on discuterait de la pluie et du beau temps. Rien à voir, en tout cas, avec un directoire du monde. Mais très vite, on se rendit compte des limites de ces rencontres pseudo-amicales. Il fallut leur donner une chair que la spontanéité ne fournissait pas : les "sherpas" (ceux qui assurent l'intendance des "sommets") rentrèrent en lice, pour décider des sujets à débattre et préparer les décisions éventuelles. D'où un début d'infrastructure, des textes préparatoires, un secrétariat. Le "G 7", à partir de 1982, est devenu de moins en moins informel. {{Les accords du Plazza et du Louvre}} De quoi discute-t-on principalement dans ces "G 7" ? Surtout de taux de change, car la politique reste le domaine de la diplomatie et des rencontres bilatérales : lorsqu'une monnaie se déprécie trop fortement - en raison des taux de change flottants - cela n'a pas seulement pour effet de favoriser de façon excessive les exportations de ce pays, cela peut provoquer aussi, par contre-coup, des mouvements financiers déstabilisateurs. La réussite la plus éclatante du "G 7" fut donc les "accords du Plazza" (nom de l'hôtel de New York où eut lieu la rencontre), le 22 septembre 1985, destinés à organiser la baisse "en douceur" d'un dollar monté trop haut. Les accords "du Louvre" (22 février 1987) suivirent, toujours dans le domaine des taux de change. Ce qui incita les "sherpas" à provoquer des réunions (trimestrielles environ) des ministres des Finances, pour discuter de domaines très techniques. Cette gestion concertée (et approximative, car les marchés continuent à jouer un rôle important) des taux de change est sans doute la seule réussite probante des "G 7" . Car, pour le reste, force est de reconnaître que l'on est bien loin des "politiques économiques coopératives" auxquelles certains "sherpas" rêvaient, qui auraient été, en fait, une sorte de prémice de Gouvernement mondial. Les intérêts nationaux ont été, jusqu'ici, les plus forts, et ont empêché l'émergence de ce fameux "Directoire" que les nations plus petites, ou les groupes contestataires de l'ordre mondial des multinationales, craignent comme la peste. On l'a bien vu en 1994, lorsque le "G 7" s'ouvrit aux questions d'emploi, à Detroit, ou en 1996 à Lille : dans les deux cas, les ministres des Finances, et a fortiori les chefs d'Etat, boudèrent la réunion, signifiant ainsi qu'ils ne croyaient guère à la possibilité d'une politique commune dans ces domaines. On voit donc qu'en réalité la même appellation -"G7"- recouvre deux types de structures bien différentes. Celles qui s'occupent des questions financières et de changes : le risque de laisser la spéculation mener le jeu est trop grand, et les ministres concernées (ainsi que les responsables des banques centrales) prennent des décisions suivies d'effet. Sur les autres sujets, en revanche, il s'agit plus d'échanger que de décider. On peut donc y faire de beaux discours remplis de bonnes intentions : celui du président Clinton à Détroit, ou du président Chirac à Lille (récemment) ont fait date. Mais ne confondons pas rhétorique et politique. Il n'est pas exclu qu'un jour, l'urgence ou le sentiment d'appartenir à une même communauté amène le "G7" à devenir une structure de décision sur des domaines de politique économique. Mais on en est loin.

Source : [L'Antenne Sociale->http://www.ssf-fr.org/regions/lyon/] {La lettre de l'Antenne Sociale - Numéro spécial G7 - mai 1996 }

 


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